L’Âge d’Or de la comédie musicale égyptienne

#6 : La farce musicale

Dossiers • Publié le 06/08/2018 par

#1 : Introduction
#2 : Les chanteuses à la voix d’or
#3 : Mohamed Abdelwahab, le chanteur des rois et des princesses
#4 : Farid Al Atrache, le chanteur au coeur triste
#5 : La fabuleuse Samia Gamal
#6 : La farce musicale
#7 : Le film de bédouins
#8 : Les chanteurs de charme

La farce est très populaire en Égypte, où l’humour et les blagues potaches sont un passe-temps national. Encore dans les années 80, des films comme la série italienne des Trinita pouvaient facilement faire salle comble dans les cinémas du Caire, avec un public enthousiaste, applaudissant au moindre gag. Sur le générique de plusieurs films comiques égyptiens, on trouve d’ailleurs régulièrement la mention de « dialoguiste amusant ».

 

Le comique ISMAIL YASSIN (1912-1972)


L’un des acteurs comiques égyptiens les plus réputés est Ismail Yassine, une sorte de Fernandel oriental qui, après avoir travaillé comme valet de parking, trouve sa vocation au cinéma dans le rôle du bouffon de service. Il a interprété un très grand nombre de comédies burlesques, dont les plus célèbres ont été tournées au cours des années cinquante. On en trouve toute une palanquée : Ismail Yassine à l’Armée (1955), Au Musée de Cire (1956), Dans la Marine (1957), À l’Asile Psychiatrique (1958), À Damas (1959), En Taule (1960)…

 

Ismail Yassine dans ses pitreries, et avec Souad Mekaoui dans Le Millionnaire

 

Le farceur n’hésite pas non plus à pousser la chansonnette, d’une voix nasillarde, exagérément ridicule, même auprès des plus grandes vedettes de l’époque, comme Tahia Carioca dans Ma Belle-Mère est une Bombe Atomique (Hamati Kombela Zorreia – 1951) ou Leila Mourad dans Ambre (1950). Ses pitreries atteignent leur point culminant dans Mademoiselle Hanafi (Anissa Hanafi – 1954), lors d’une séquence de mariage grotesque où, travesti en femme, il s’apprête à prendre pour époux un garçon-boucher.

 

Le film qui l’a révélé au public est Le Millionnaire (El Millioner – 1950), réalisé par Helmi Rafla. Il joue un artiste de music-hall raté qui prend la place d’un riche millionnaire dont il est le parfait sosie. Découvrant alors la vie difficile des nantis, il finit par tomber amoureux de la femme de chambre, interprété par Souad Mekaoui.

 

Gros succès lors de sa sortie, le film comprend un casting haut en couleur et des chansons aux rythmes enlevés, écrites par Izzat el Gaheli et l’acteur-compositeur Mohamed el Bakkar. Parmi les points forts du film, on notera le duo entre Ismail à l’accordéon et la délicieuse Souad Mekaoui, interprétant la chanson Duetou Ayez Arouh. Le délire du film culmine lors d’une séquence de chant et de danse extravagante tournée dans un asile d’aliénés où Ismail est interné.

 

 

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