Portrait de John Williams

Le triomphe de l'émotion

Portraits • Publié le 06/06/2011 par

La biographie que vous allez découvrir a été initialement conçue pour faire partie de John Williams : un alchimiste musical, ouvrage paru en mai 2011 aux éditions L’Harmattan. Pour des contraintes de place, seul le premier tiers a finalement été retenu pour figurer dans le livre. Pourtant, il eut été dommage de laisser de côté une telle somme de travail et de recherches minutieuses sur la carrière de ce grand compositeur. C’est pourquoi nous sommes heureux de vous la présenter ici pour la première fois en version intégrale.

C’est près de Long Island, dans l’état de New York, que nait John Towner Williams, le 8 février 1932. Une enfance placée d’emblée sous le signe de la double croche par son père, percussionniste pour CBS Radio et le Raymond Scott Quintet. Alors qu’il vient d’avoir six ans, le jeune garçon entre pour la première fois dans les studios de la Twentieth Century Fox, accompagnant son père venu enregistrer la partition de Rebecca Of Sunnybrook Farm, une comédie d’Allan Dwan avec Shirley Temple.

 

Williams nourrit très tôt une passion pour le piano, ce qui l’amène à envisager, dès l’âge de quinze ans, une carrière de pianiste de concert (sa première composition, quatre ans plus tard, est d’ailleurs une sonate pour piano). A seize ans, il se trouve déjà à la tête de son propre groupe de jazz, avec lequel il commence à expérimenter en arrangeant différents morceaux. Cette même année, la famille Williams décide de quitter New York pour s’installer à Los Angeles. Le jeune homme terminera donc ses années lycée à la North Hollywood High School avant de s’inscrire au Los Angeles City College et à l’UCLA (University of California, Los Angeles). Il y étudie la composition et l’orchestration sous la baguette de Robert Van Eps, alors associé musical de la MGM.

 

Après une interruption de trois ans passés dans l’US Air Force pendant lesquels il se lance dans la direction d’orchestre, il retourne à New York et intègre la prestigieuse Juilliard School où enseigne Rosina Lhévinne. Cette pianiste renommée incite Williams à développer ses talents, notamment dans le domaine de la composition. Ce qu’il fait, tout en continuant à jouer dans des clubs de jazz pour gagner sa vie. De retour à Los Angeles un an plus tard, il approfondit encore son art en prenant des leçons particulières auprès de Mario Castelnuovo-Tedesco, dont les élèves furent entre autres Jerry Goldsmith, Jerry Fielding et Henry Mancini. La conquête d’Hollywood peut alors commencer…