Total Recall (Harry Gregson-Williams)

On oublie tout et on recommence

Disques • Publié le 28/08/2012 par

Total RecallTOTAL RECALL (2012)
TOTAL RECALL : MÈMOIRES PROGRAMMÉES
Compositeur :
Harry Gregson-Williams
Durée : 56:22 | 20 pistes
Éditeur : Madison Gate Records

 

2 out of 5 stars

Alors que Harry Gregson-Williams a rarement marqué les esprits durant sa carrière (bien qu’ayant participé à un certain renouveau musical dans le cinéma d’action-espionnage avec Spy Game), ces trois dernières années furent particulièrement difficiles pour le compositeur. Accepter le remake d’un film de SF mythique serait-il le moyen pour lui de se rappeler à nos bons souvenirs ? En tous cas, les nettes préférences du musicien pour les instrumentations à dominante électronique semblent s’exprimer sans retenue dans cette version 2012 de Total Recall.

 

L’auteur de Cowboys & Aliens (Cowboys et Envahisseurs) met cette fois les bouchées doubles dans l’utilisation d’un arsenal artificiel, l’apport orchestral se limitant au minimum syndical. Des nappes de cordes monocordes et quelques cuivres cuivrant : la fonction des instruments acoustiques se résume aux sons qu’ils produisent et à vrai dire, ce n’est pas ce qui nous intéresse ici, Gregson-Williams étant bien décidé à s’amuser avec ces jouets pour le plaisir assumé d’un défouloir ciné-technoïde sans complexe. Car s’il nous a parfois proposé des choses plutôt ennuyeuses, il faut admettre que ce Total Recall-là, même s’il est très loin d’atteindre la richesse du modèle Goldsmith, dégage une certaine énergie. Tandis que son aîné a profité du film de Verhoeven pour livrer une de ses partitions les plus tournées vers le synthétique, HGW s’engouffre la tête la première dans cette voie, quitte à reproduire certains gimmicks des sous-genres à la mode dérivés de la house music comme le dubstep.

 

Après The Dream qui aligne déjà les changements de rythmes et d’ambiances, l’ensemble s’avère froid bien qu’immersif, car malgré l’intervention des cordes et des cuivres qui donnent plus de poids dramatique à l’action de The Fall, l’électronique impose un ton résolument futuriste. The Tripping Den nous fait entrer dans une ambiance de boîte de nuit à la Skrillex, les percussions synthétiques et les distorsions des contrôleurs ne laissent que peu de marge aux motifs en spirale joués par les cordes dans Rekall et Rooftop Chase. Mais l’accélération de ces motifs d’action ne serait qu’un truc entendu mille fois s’il n’était pas justement perverti par les manipulations électroniques : les faits et gestes des personnages semblent inscrits dans le contexte futuriste, les envolées trépidantes des cordes et des cuivres n’allant pas sans leur lot de sound design dynamitant les habitudes du beophilus symphonicum. Plaisirs rythmiques et des gros sons : Harry Gregson-Williams nous invite davantage à une dance party à l’ambiance ciné qu’à une bande originale charpentée. On peut y trouver un certain dynamisme, du culot même, mais un petit essoufflement dans la deuxième moitié de l’album et le manque global d’épaisseur, notamment au niveau thématique, l’empêchent d’être vraiment remarquable.

 

Total Recall