True Grit (Elmer Bernstein)

Borgne To Be Wild

Disques • Publié le 30/12/2019 par

True GritTRUE GRIT (1969)
CENT DOLLARS POUR UN SHÉRIF
Compositeur :
Elmer Bernstein
Durée : 69:07 | 22 pistes
Éditeur : Tadlow Music

 

4.5 Stars

 

La jeune Mattie Ross cherche à venger la mort de son père, lâchement abattu par son contremaitre à la sortie d’un saloon. Elle ne dispose que d’un poney, un vieux revolver et une centaine de dollars. Impressionnée par la carrure, la démarche et la gouaille d’un Marshall fédéral borgne à la réputation aussi désastreuse qu’il est sans pitié, elle finit par convaincre l’irascible Rooster Cogburn de l’accompagner dans sa quête de vengeance. Il n’en faut pas plus pour qu’Elmer Bernstein, roi de la musique de western, accouche d’une petite merveille.

 

Cette partition, James Fitzpatrick caresse depuis longtemps le rêve de la réenregistrer sous la bannière de son label Tadlow Music. Il s’y attèle en 2006 et dirige lui même la formation du City of Prague Philharmonic Orchestra. Bernstein, dans les années 80, avait déjà réenregistré une vingtaine de minutes du score pour Varèse Sarabande en prenant à la tête de l’Utah Symphony Orchestra, avant que l’intégralité de la partition originale ne soit, en 2013, éditée par La-La Land Records avec un joli travail de restauration à la clé. Néanmoins, la version de Fitzpatrick, assez fidèle à l’originale, possède des atouts solides : clarté de la prise de son, précision des instrumentistes, et un enthousiasme qui transpire sur chaque note jouée. On sent ici clairement que Fitzpatrick s’est fait plaisir.

 

Le film débute par une balade écrite par Elmer Bernstein (qui est plus ou moins le thème de Mattie) chantée dans le film par Glen Campbell. Sur le réenregistrement Tadlow, Fitzpatrick a fait le choix de commencer le disque par la version instrumentale (ce qui avait été aussi le choix de Bernstein pour le réenregistrement chez Varèse Sarabande) dont la mélodie principale est d’abord confiée à une trompette pleine de nostalgie puis à de chaleureuses cordes.

  Kim Darby et John Wayne dans True Grit

 

Outre un motif pour les séquences de danger (superbe exposition dans Shots Galore!), Bernstein écrit un thème western très héroïque et en même temps empreint de malice pour le personnage de Cogburn, thème qui fait sa première apparition remarquées dans Rooster And LeBoeuf et Where There’s Smoke (qui se fond dans la mélodie du thème d’ouverture avec une grande habileté). Il y a aussi des mélodies sublimes, variations de quelques motifs exposés en amont de manière brève, comme en témoigne le renversant de beauté Over Bald Moutain ou le très émouvant Papa’s Things. Des rythmes typiques du western hollywoodien viennent se plaquer sur des mélodies imparables comme dans le joyeux The Big Trail.

 

Des moments plus intimistes et même carrément introspectifs (The Dying Moon) émaillent la partition, en gardant toujours à l’esprit une volonté mélodique propre à Bernstein, qu’il conserve y compris dans les moments d’action. Mais c’est au thème de Mattie que Bernstein s’attache finalement le plus en le laissant cheminer tout au long du score (superbe variation dans Pony Mine et développement lyrique en diable dans Runaway Races Away).

 

La partition réinterprétée par l’orchestre de Prague pour True Grit (environ 45 minutes) est suivie de plusieurs extraits d’autres compositions d’Elmer Bernstein pour le western. La version de The Sons Of Katie Elder (Les Quatre Fils de Katie Elder) n’est pas la meilleure entendue à ce jour et reste loin derrière la version d’origine mais les interprétations des thèmes principaux de The Shootist (Le Dernier des Géants), The Comancheros (Les Comancheros) et Big Jake, par exemple, n’ont pas à rougir. En bref, voilà un CD fort recommandable, surtout pour ceux qui veulent goûter à une nouvelle interprétation d’un des classiques du géant Bernstein.

 

True Grit

Christophe Maniez

Christophe Maniez

Rédacteur
Alors à l'orée de l'adolescence, au début des années 80, le jeune Christophe découvre à la télévision, coup sur coup, deux chefs d'œuvre qui marqueront son esprit à jamais. Le premier, Rocky, fait naitre en lui la jubilation par les mélodies riches en émotion de Bill Conti, devenu maintenant un de ses compositeurs fétiches. Le second, Vertigo d'Alfred Hitchcock, le plonge dans la musique du géant Bernard Herrmann, par le biais d'une partition pleine de mystère et de romance. Puis c'est l'escalade : il est tellement absorbé par la puissance des plus belles pages de la musique de film qu'il en vient à étudier de plus près le solfège et la composition (en quasi autodidacte, d'où son niveau plutôt moyen). Durant les mois suivants, il découvre John Williams et son Return Of The Jedi au cinéma. Transporté par la musique, il devient rapidement fan de ce compositeur. Son cercle de connaissances s'élargit et il en vient, plus tard, à admirer James Horner (un autre de ses compositeurs préférés) et Franz Waxman, notamment. Et puis, en 1989, c'est la claque : alors que tout le monde s'éclate sur la Bat Dance de Prince, il n'a d'oreille que pour les notes du Batman de Danny Elfman (par ailleurs, un des premiers CDs qu'il achète). Depuis lors, son amour pour la musique du compositeur attitré de Tim Burton ne s'est jamais démenti. Aujourd'hui, Christophe erre dans les couloirs obscurs d'UnderScores où il peut disputer le bout de gras avec d'autres êtres atteints du même syndrome que lui. Et l'aventure continue...
Christophe Maniez

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