The Mummy (Jerry Goldsmith)

La Malédiction en Egypte

Disques • Publié le 12/11/2008 par

THE MUMMY (1999)

LA MOMIE

Compositeur : Jerry Goldsmith

Durée : 57:46 | 15 pistes

CD : Decca

Rating: ★★★★½

 

 

En mai 1999, tous les regards étaient tournés vers une certaine galaxie lointaine, très lointaine… Pourtant, le jour de la sortie du CD de Star Wars Episode I: The Pantom Menace (Star Wars : la Menace Fantôme), un autre album déboulait également dans les bacs. Il s’agissait tout simplement du «dernier Goldsmith».

 

L’acquéreur était alors agréablement surpris par la durée du CD. Il fallait en effet remonter à 1990 avec The Russia House (La Maison Russie) pour disposer d’une première édition originale aussi longue d’un score de Goldsmith. En effet, le compositeur était réputé pour s’opposer, à de rares exceptions, aux éditions plus ou moins exhaustives de ses partitions.

 

Remake du classique d’Universal (avec Boris Karloff dans le rôle titre en 1932), The Mummy permettait à Goldsmith de renouer avec le réalisateur Stephen Sommers après une première collaboration sur Deep Rising (Un Cri dans l’Océan). Egypte antique, malédiction, aventures : voilà un cocktail nécessitant une partition somptueuse ! The Mummy confirmait l’état de grâce dans lequel se trouvait alors Goldsmith depuis Mulan, dont les rythmes endiablés font ici leur retour. Juste après le très beau Star Trek: Insurrection, le compositeur californien revenait en effet en très grande forme pour décrire le combat de Rick O’Connel et de la belle Evelyn contre le terrible Imhotep, exécuté pour avoir assassiné le Pharaon Seti 1er et dont l’âme est condamnée à l’errance.

 

Dès les premières secondes, l’auditeur est scotché par les cors d’harmonies qui soulignent le thème principal du film. Avec beaucoup de talent, et cette thématique qui fait si souvent défaut aux scores actuels, Jerry Goldsmith bâtit son score sur des structures mélodiques évoquant le Moyen-Orient, un domaine où il était passé maître, comme en témoignait déjà The Wind & the Lion (Le Lion et le Vent). Pour interpréter son score, Goldsmith fait appel à un large orchestre symphonique, ajoutant des instruments arabes, une vaste section de percussions et un chœur mixte – on pense parfois à Legend – ainsi que de discrets synthétiseurs. Lorsqu’il s’agit d’illustrer la momie, le score est assez sombre étant donné le caractère mystérieux et finalement tragique du récit, comme en témoignent les morceaux Imhotep et The Mummy. Il faut aussi souligner la vigueur extrême de certains passages comme les huit minutes de Rebirth ou l’entraînant Camel Race. Des morceaux comme Tauger Attack, l’incroyable Night Borders ou The Sand Volcano sont des pièces d’action symphoniques décoiffantes, de celles dont Goldsmith avait le secret. D’autres pistes comme The Sarcophagus, Discoveries ou The Crypt dégagent une réelle impression d’épouvante.

 

 

Mais la plus belle réussite du score est sa capacité à évoquer la splendeur et le mysticisme de l’Egypte antique. La beauté des paysages de ce pays de légendes est admirablement rendue, notamment dans Giza Port et The Caravan. Fermez les yeux et en quelques mesures, vous serez transportés au pied des pyramides.

 

En dépit de la durée conséquente de l’album, de nombreux morceaux manquent à l’appel. Il faut dire que le film est quasiment couvert de musique ! Quelques mois après la sortie américaine du film, le DVD zone 1 Collector’s Edition proposait, caché dans un menu audio, rien de moins que le score complet ! Hélas, aucune des (ré)éditions ultérieures, où que ce soit, ne devait reprendre ce précieux bonus caché. Car évidemment, le score complet commença à circuler sous le manteau…

 

Adoré par certains, snobé par d’autres, le score de The Mummy, presque dix ans après, ne fait toujours pas l’unanimité. Il faut dire que le compositeur lui-même, au cours d’un concert à Londres – et alors que le réalisateur Stephen Sommers était dans la salle – désavoua son travail pour ce film. Sacré Jerry ! C’est d’ailleurs pour cette raison que Goldsmith ne sera pas sollicité pour illustrer la suite de la franchise, qui sera reprise avec beaucoup de panache par le talentueux Alan Silvestri pour The Mummy Returns (Le Retour de la Momie), puis par John Debney qui introduisit la guitare électrique pour The Scorpion King (Le Roi Scorpion) et enfin par Randy Edelman, qui fut d’ailleurs en partie désavoué puisque la production rappela Debney pour quelques scènes de The Mummy: Tomb Of The Dragon Emperor (La Tombe de l’Empereur Dragon).

 
 
 
 
 
 

01. Imhotep (04:20)
02. The Sarcophagus (02:17)
03. Tuareg Attack (02:24)
04. Giza Port (02:02)
05. Night Boarders (04:08)
06. The Caravan (02:53)
07. Camel Race (03:26)
08. The Crypt (02:27)
09. Mumia Attack (02:20)
10. Discoveries (03:41)
11. My favorite Plague (03:59)
12. Crowd Control (03:13)
13. Rebirth (08:34)
14. The Mummy (06:19)
15. The Sand Volcano (05:39)


 
 
 
 
 
 

FICHE TECHNIQUE


Direction d’orchestre : Jerry Goldsmith

Orchestrations : Alexander Courage

Prise de son : Mike Ross-Trevor, Bruce Botnick

Montage musique : Ken Hall

Studio d’enregistrement : Air Studios & Whitfield Street Recording Studios, London, England

       
       
       
       
       
       
   

 

Olivier Soude

Olivier Soude

Contributeur
Jamais la conscience du rôle de la musique pour l’écran n’aurait jailli si tôt sans les repiquages (avec les bruits ambiants de la pièce !) de génériques de dessins animés et de génériques de fin de (télé)films dès le début des années 80. A force d’écouter en boucle, forcément, l’intérêt grandit. En 1984, quand sort Indiana Jones And The Temple Of Doom, c’est le choc musical! La K7 de la bande originale du film constitue la toute première pièce de sa collection. Ceci explique sans doute pourquoi pour lui, aujourd’hui encore, l’œuvre de John Williams reste inégalée. Au début des années 90, à la faculté d’Amiens, sa rencontre avec d’autres mordus de béos enracine définitivement sa passion et sa curiosité pour cet art particulier. En 1996, au Barbican Center de Londres, après un concert, il échange quelques mots avec John Williams. Peu de temps avant de débuter la carrière d’enseignant à laquelle il se destine, en 1998, il commence à participer au fanzine Dreams To Dreams. Il s’entretient alors avec certains des compositeurs anglo-saxons qui le fascinent. Sa rencontre à Lunéville en 1999 avec Michael Kamen restera le point culminant des années passées en tant que rédacteur de Dreams Magazine.
Olivier Soude