The Core (Christopher Young)

Stupeur et Tremblements (de Terre)

La décade prodigieuse • Publié le 22/02/2019 par

Core CoverTHE CORE (2003)
FUSION
Compositeur :
Christopher Young
Durée : 100:14 | 21 pistes
Éditeur : Intrada

 

3.5 Stars

 

Infortunés CGI ! Qu’importe le degré de « perfection » dont ils font montre, leur nature immatérielle les condamne à un vieillissement bien plus fulgurant que celui menaçant les matte paintings décolorés et les monceaux de latex caoutchouteux. C’est dire combien The Core, tanguant et titubant sur les cendres froides du revival du film catastrophe des années 90, porte malaisément ses quinze ans d’âge. Mais aussi fort et haut que résonnèrent des tombereaux de lazzis s’acharnant contre ces trucages numériques bavocheux, jamais ils ne purent étouffer la voix de tempête d’un Christopher Young soufflant de toute vigueur dans les trompettes de Jéricho. En familier de longue date d’excès grandiloquents où la demi-mesure ne récolte que soupçonneuses lorgnades, il offre aux destructions folkloriques de monuments et aux plongées toutes vrilles dehors dans les tréfonds de la planète le parfait miroir symphonique. Son eau moirée polit les aspérités ingrates de la mise en scène et oint de spectaculaires jeux de lumière les effets spéciaux qu’on eût volontiers déclarés irrécupérables. A lui seul, Young ne peut évidemment sauver le film des basses-fosses du disaster movie. Mais dans cette mission suicide, son ardeur plus que bouillante, presque trop (ça n’arrête pour ainsi dire jamais), le sacre héros à l’égal des Sauveurs de l’Humanité partis donner un coup de fouet salvateur au noyau bien mal en point de notre bonne vieille Terre.

  Vous le voyez bien tous, qu'il y a un pixel mort sur l'écran, non ?

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse