James Horner (1953-2015)

Brutale disparition du compositeur, à 61 ans, dans un crash aérien

Portraits • Publié le 23/06/2015 par

« Enormément talentueux. Timide et courtois. Aviateur comme de nombreux musiciens. Parti trop tôt. » C’est avec ces quelques mots simples, choisis, que Joel McNeely a commenté avec tristesse la nouvelle qui vient d’ébranler à la fois le monde de la musique et celui du cinéma. Compositeurs, musiciens, chanteurs, acteurs, réalisateurs, passionnés, les hommages venus des quatre coins de la planète dans les différents médias et réseaux sociaux n’ont de fait pas tardé à saluer et fleurir la mémoire de James Horner. Sa brutale disparition à seulement 61 ans, dans le crash de l’un des avions d’entraînement qu’il possédait, un Short Tucano, ce lundi 22 juin près de Santa Barbara, a été vivement ressentie, telle un choc, par beaucoup.

 

Est-il besoin de se lancer dans une interminable hagiographie ? Il y aurait (et il y aura) évidemment beaucoup à dire pour scruter dans ses détails une carrière d’une telle richesse, un parcours aussi formidable, mais James Horner fait tout simplement partie de ces compositeurs pour lesquels il suffit d’égrener quelques titres pour faire instantanément naître chez une grande majorité d’entre nous tous, y compris parmi les plus jeunes, de sincères et directes émotions musicales : Star Trek II, Krull, Gorky Park, BrainstormCocoon, Commando, Aliens, Le Nom de la Rose, The Land Before Time (Le Petit Dinosaure de la Vallée des Merveilles), Willow, Field Of Dreams (Jusqu’au Bout du Rêve), Glory, The Rocketeer, Legends Of the Fall (Légendes d’Automne), Braveheart, Apollo 13Titanic, The Perfect Storm (En Pleine Tempête), Apocalypto, Avatar… Combien de ces partitions, en vérité, ont fait naître de vocations musicales chez toute une génération ? Parmi les innombrables hommages visibles un peu partout, il en est peut-être un, celui de l’orchestrateur Leigh Phillips, qui résonne avec une justesse toute particulière : « Un compositeur merveilleux qui fut, indéniablement, l’une des raisons pour lesquelles tant d’entre nous ont été fascinés par l’art de la musique de film. »

 

Certes, on ne saurait oublier que sa musique a également, longtemps, souvent déchaîné des vents de passions, tantôt violemment fustigée pour des influences classiques, voire des emprunts jugés trop flagrants et un certain goût pour l’auto-citation, tantôt adulée à l’excès, sans mesure et finalement à son grand désavantage. Mais même alors, les différentes parties se retrouvaient pourtant lorsqu’il s’agissait d’évaluer l’impact profond, remarquable, que la musique de James Horner avait à l’image. Discutable sur la forme ? A chacun de voir. Mais le compositeur n’a jamais, ou si rarement, été pris en défaut sur le fond.

 

« Je ne peux m’empêcher de penser que sa disparition marque la fin d’une époque » a déclaré Marco Beltrami au Hollywood Reporter. Une chose est sûre : chacun ne pourra désormais que regretter, et pour longtemps, son sens mélodique, son esprit méthodique et l’expressivité si personnelle de sa musique. Vous avez su toucher bien des cœurs, Mr. Horner, et vous y avez à jamais une place réservée.