The Santa Clause 2 (George S. Clinton)

Hyper Noël

Disques • Publié le 15/12/2010 par

Santa Clause 2THE SANTA CLAUSE 2 (2002)
HYPER NOËL
Compositeur :
George S. Clinton
Durée : 33:33 | 12 pistes
Éditeur : Walt Disney Records

 

3 Stars

Et une nouvelle musique de Noël, une ! Après les classiques de John Williams, de Bruce Broughton, de James Horner, de Danny Elfman et de bien d’autres, c’est au tour du trop méconnu George S. Clinton de s’attaquer à ce genre ultra stéréotypé et dans lequel il est finalement difficile de se distinguer. La musique du premier film de la franchise s’inscrivait déjà avec habileté dans la grande tradition en respectant de façon satisfaisante toutes les figures imposées, et Clinton se charge logiquement d’assurer la continuité. Hormis deux scores «sérieux», Wild Things (Sexcrimes) et The Astronaut’s Wife (Intrusion), le compositeur est rapidement devenu un habitué de la comédie lourdingue (la saga Austin Powers), ce qui ne permet pas de considérer d’un très bon œil l’ensemble de ses travaux. Cela est bien dommage car contre toute attente, son score pour The Santa Clause 2, hélas mal servi par un album qui ne lui attribue qu’une seule piste alors que celui de Convertino avait bénéficié d’un meilleur traitement, s’avère l’un des plus réussis et des plus impressionnants du genre.

 

L’ouverture (correspondant à North Pole sur l’album) donne immédiatement le ton : fanfares triomphales et tonalité épique tellement prononcée qu’on se croirait dans un gigantesque film de pirates ou un space opera ! Chœurs dithyrambiques, cuivres fracassants, élans orchestraux ravageurs : jamais le Père Noël n’avait eu droit auparavant à une aussi invincible armada ! À intervalles réguliers les appels de cuivres solennels dans le lointain viendront remémorer au personnage sa mission sacrée (on n’est pas en Amérique pour rien…), tandis que les cordes se lancent dans des arabesques exaltées. Pour le reste, ce n’est évidemment que du déjà entendu : morceaux élégiaques confiés au piano, au hautbois, à la flûte et aux violons pour évoquer la relation du héros avec ses enfants et sa romance naissante avec celle qui deviendra la nouvelle «Mère Noël», et séquences de mickeymousing effréné allant jusqu’à prendre des proportions dantesques et effrayantes lors des méfaits du «Père Noël remplaçant», clone déjanté et redoutable. Bien entendu, tout cela est nappé d’une rafale de clochettes et de tambourins afin de nous rappeler qu’il s’agit bien d’un film de Noël, mais l’ensemble est exécuté avec une telle conviction et un tel brio qu’on ne peut qu’être conquis.

 

Construit, à l’instar du film, en forme de crescendo enchaînant les gags et les scènes d’action à un rythme de plus en plus soutenu, le score de George S. Clinton nous régale lors du climax de scènes d’anthologie stupéfiantes, de nouveau marquées par une emphase orchestrale inattendue de la part d’un musicien qui nous avait plutôt habitués jusque là aux petites formations. Aussi inspiré qu’un John Debney en grande forme (Cutthroat Island [L’Île aux Pirates]), pastichant également un David Newman dans ses meilleurs moments (Jingle All The Way [La Course au Jouet]), empruntant parfois à Dvorak, à Tchaikovsky et à Debussy pour une scène d’émerveillement aux orchestrations très «marines», le compositeur nous signale avec The Santa Clause 2 qu’il fait partie des compositeurs de «liste B» à suivre avec attention. Quel dommage qu’une fois encore les producteurs nous aient privés d’un CD du score…

 

Santa Clause 2

Gregory Bouak

Gregory Bouak

Contributeur (2010-2012)
Toujours un peu décalé, Grégory écoute de la musique classique à l’âge où les autres écoutent du rock, de la variété, ou rien, ce qui fait qu’à quinze ans, il pense avoir fait le tour de la question et se retrouve tout démuni. Il aime aussi depuis longtemps le cinéma et surtout les Star Wars, les Batman, les James Bond, dont il goûte les musiques avant tout parce qu’elles lui rappellent les films. Un jour, en voyant Stargate, il découvre que les musiques de films peuvent être d’une grande richesse et s’apprécier pour elles-mêmes en écoute isolée, se présentant comme les dignes héritières de son genre de prédilection, la grande musique symphonique telle qu’elle a atteint son apogée à la fin du XIXe siècle. C’est le début d’une longue et belle amitié qui n’a jamais connu de rupture. A partir de 2000, il se met à écrire des articles et des critiques de musique de film pour le site internet TraxZone, puis pour LeFantastique.net et Khimaira Magazine, tous deux spécialisés dans le fantastique, la fantasy et la science-fiction. En parallèle, il publie des articles dans la version papier de Khimaira. En 2006, il crée Horreurs et Merveilles, un blog puis un site consacré aux musiques des films de l’imaginaire. En 2010, suite à un bug irrémédiable d’Horreurs et Merveilles, dont il soupçonne secrètement les membres d’UnderScores d’être les instigateurs afin de l’inciter à rejoindre leur équipe, il accepte avec joie de contribuer au nouveau magazine de référence de la musique de film en langue française, afin de continuer à promouvoir sa passion.
Gregory Bouak