Festival des Musiques à l’Image 2013

Coulais et Gregson-Williams à Paris, John Williams à l'honneur

Évènements • Publié le 28/10/2013 par

Audi France n’est-il pas en passe de devenir notre mécène préféré ? D’accord, peut-être pas au point de tous nous équiper d’une A3 dernier modèle mais tout de même ! Non content d’avoir inscrit en lettres lumineuses l’année passée les noms de Ludovic Bource, Marco Beltrami et Hans Zimmer sur le mythique fronton de l’Olympia, le Festival des Musiques à l’Image, parrainé par les Audi Talents Awards donc, a pour sa seconde édition décidé de faire fièrement défiler ceux de Bruno Coulais, Harry Gregson-Williams et John Williams sur les écrans déroulants du Grand Rex, ce dimanche 6 octobre 2013.

 

La veille déjà, rendez-vous était donné aux passionnés et curieux à la Gaité Lyrique pour trois conférences d’une heure trente chacune. Par l’intermédiaire, une fois de plus, de Stéphane Lerouge, Bruno Coulais revenait ainsi sur les différents aspects de sa carrière, rejoint sur scène par James Huth avec lequel il a collaboré à plusieurs reprises : l’occasion était trop belle pour affirmer bien fort, ce qui n’est jamais un rappel inutile, l’importance bien réelle et tangible de la relation entre réalisateur et compositeur. Plus tard d’ailleurs, c’est à un metteur en scène seul que la parole sera donnée pour lui permettre de développer son propre point de vue sur la fonction de la musique au cinéma : Jean-Pierre Jeunet évoquera donc les apports d’Angelo Badalamenti (ce dernier étant présent par le biais d’une intervention pré-enregistrée), de Yann Tiersen et consort sur les différents films de sa filmographie, enchaînant de nombreux extraits, et fustigeant au passage le recours à la musique purement illustrative, inutile selon lui.

 

 

Mais de l’avis de tous, c’est le segment consacré à Harry Gregson-Williams qui aura mérité haut la main son statut de master-class, le compositeur s’adonnant à un véritable one-man show devant ses ordinateurs pour détailler, séquences à l’appui là aussi, son processus de travail. «C’est lui-même qui a insisté pour que sa conférence prenne cette forme» nous confiera ensuite Stéphane Lerouge, «car il l’avait déjà fait en Angleterre auparavant avec des étudiants. Le problème est que son exposé initial durait près de trois heures ! Il a donc fallu travailler avec lui pour ramener le tout au format prévu de 1h30 en aménageant en plus une place pour d’éventuelles questions du public.» Humour, énergie, enthousiasme et émotion (son hommage à Tony Scott fit mouche) : rien à dire, comme Hans Zimmer l’année dernière, et quoi qu’on pense de son style et de ses contributions, Harry Gregson-Williams sait lui aussi se mettre un public dans la poche, et de la manière la plus instructive et intéressante qui soit !

 

Mais en ce dimanche soir, place à la musique et à elle seule ! Sur la scène du Grand Rex, l’animateur et journaliste Michel Denisot introduit d’abord la soirée en rappelant notamment la mission des Audi Talents Awards. Pas de blabla inutile cependant et le Paris Symphonic Orchestra, déjà en place, est très vite convié à rendre hommage aux deux compositeurs présents. La sélection concoctée par Bruno Coulais et dirigée par Frank Strobel laisse d’abord entendre les musiques subtiles de Microcosmos, Coraline, Don Juan et la courte pièce pour violon et orchestre Les Villes Invisibles (faussement attribuée à Au fond des bois) avant que Harry Gregson-Williams ne prenne lui-même la bâton pour de très agréables suites issues de la franchise Shrek, de Bridget Jones: The Edge Of Reason (Bridget Jones : l’Age de Raison) et de Prince Of Persia. Au bout de cette première demi-heure, l’adjointe au maire de Paris Lyne Cohen-Solal remettra aux deux compositeurs la médaille de la ville.

 

Court entracte et la soirée reprend, placée sous le signe de la – disons le carrément puis le qualificatif n’est pas usurpé – légendaire collaboration entre Steven Spielberg et John Williams. Sur le podium, Frank Strobel déroule un programme parfaitement rôdé où les grands jalons de la carrière commune aux deux hommes répondent présents : Jurassic Park, Jaws (Les Dents de la Mer), Schindler’s List (La Liste de Schindler), Indiana Jones And The Kingdom Of The Crystal Skull (Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal) assorti de la fameuse marche version Raiders Of The Losk Ark (Les Aventuriers de l’Arche Perdue), Hook, War Of The Worlds (La Guerre des Mondes), Close Encounters Of The Third Kind (Rencontres du Troisième Type), E.T., jusqu’aux délicieux encores que forment le beau thème de Munich et la marche de 1941. Il ne reste plus qu’à conclure le tout par l’inoxydable thème de Star Wars (La Guerre des Etoiles), la seule et unique entorse à la thématique, sans doute jugée naturelle et indispensable, en témoigne le mouvement spontanément approbateur du public du Grand Rex.

 

 

On rappellera par ailleurs que le chef d’orchestre allemand est le seul officiellement intronisé par John Williams himself pour mener à bien en son nom ce genre d’entreprise en Europe, encore qu’en temps normal cela ne puisse se faire qu’à la tête du seul London Symphony Orchestra, ce qui fut d’ailleurs d’actualité au mois de mars dernier salle Pleyel : il a donc fallu une autorisation expresse de la part du compositeur pour permettre au Paris Symphonic Orchestra de se substituer à la formation londonienne et, soyons francs et honnêtes, il n’est pas excessif d’affirmer que même si l’orchestre français ne bénéficie pas de la prestigieuse aura de cette dernière, il a parfaitement soutenu la comparaison. Et ça, ma petite dame, ce n’est pas du chauvinisme triste, c’est de la fierté pleine et entière ! Les applaudissements nourris couronnant cette réussite ne sauraient en tout cas mentir : le succès fut, cette année encore, au rendez-vous.

 

Terminons en rappelant que le lauréat des Audi Talents Awards dans la catégorie Musique à l’Image a cette année été désigné dès le mois de juin dernier par un jury constitué de personnalités telles que Elodie Bouchez, Nicolas Altmayer, Guillaume Roussel et Romain Duris. C’est le compositeur, guitariste, ingénieur du son et technicien du spectacle Laurent Graziani qui a remporté le prix et qui est donc depuis ce temps en charge de l’identité sonore et musicale de la marque Audi.

 

Quant à savoir ce que le prochain Festival des Musiques à l’Image nous réserve, les paris sont ouverts et les suggestions plus que bienvenues !

 


Chaleureux remerciements à Jérôme Lateur, Clémentine Duguay, Stéphane Lerouge ainsi qu’à toute l’organisation des Audi Talents Awards.

 

Florent Groult