Transformers Prime (Brian Tyler)

Formatage musical 2.0

Disques • Publié le 07/09/2012 par

Transformers PrimeTRANSFORMERS PRIME (SEASON 1) (2010)
TRANSFORMERS PRIME
Compositeur :
Brian Tyler
Durée : 72:25 | 25 pistes
Éditeur : Lakeshore Records

 

2.5 Stars

Le succès de Transformers au cinéma a incité Hasbro à produire une nouvelle série animée mettant en scène les célèbres robots. Transformers Prime voit le jour en 2010 avec Brian Tyler à la baguette. Le Californien n’a jamais caché son appréciation du style musical initié par Hans Zimmer et appliqué sur les films de Michael Bay par Steve Jablonsky. C’est probablement l’une des raisons qui ont motivé son recrutement par le producteur Alex Kurtzman (scénariste des deux premiers films) pour reproduire le paysage musical des Transformers version Bay.

 

Inutile d’espérer trouver un quelconque clin d’œil au thème d’Anne Bryant ou aux musiques de Johnny Douglas et Robert J. Walsh pour la première série animée, ni même à l’impétueux score de Vince DiCola pour le film d’animation de 1986. Le ton est donné dès les deux premières pistes, Transformers Prime et Optimus Prime Returns, un clone réussi d’Autobots de Jablonsky. Les mélodies accompagnant Optimus Prime et ses Autobots sont donc coulées dans le même moule que celles entendues au cinéma, avec un ton solennel massif, un héroïsme sérieux et une certaine majesté. Les ingrédients sont les mêmes : ostinati de cordes, thème aux cors, chœurs, percussions et rythmiques électroniques. Le thème principal n’est pas le seul à décalquer le travail de Jablonsky : dans les passages d’action aussi, Tyler s’échine à réarranger le score de son confrère pour y apposer ses propres thèmes (Relentless Pursuit, Battle In The Energon Mine, RC On The Move). Les passages consacrés aux jeunes amis humains des Autobots reprennent des idées établies au cinéma pour le personnage de Sam Witwicky, avec des motifs sautillants et insouciants, moult pizzicati et percussions légères. Tyler remplit donc sa mission avec beaucoup d’application.

 

Transformers Prime

 

Ce n’est que dans les menus détails d’orchestration que l’on s’éloigne un tout petit peu du modèle. Au service du compositeur, on retrouve les vétérans Robert Elhai et Brad Warnaar, qui savent tirer profit des timbres naturels de l’orchestre et ornent Transformers Prime de certains accents à la James Newton Howard, en particulier avec la section des cuivres du Slovak National Symphony Orchestra. Des interventions aux flûtes et à la harpe apportent un relief bienvenu, et les triangles et les chimes donnent un léger goût fantastique à l’aventure rappelant Dragonball Evolution. Tyler s’autorise même une référence inattendue à The Lord Of The Rings d’Howard Shore dans One Shall Rise et The Construct.

 

Le traitement des méchants constitue la seule infidélité majeure de la part de Tyler. La piste Dreadwing n’aurait pas eu sa place dans un film de Bay : harpe mystérieuse, cordes menaçantes qui définissent le thème de Megatron, jusqu’à une brève intervention aux bois (impensable chez Bay !). Le thème éclate ensuite, empli de colère vengeresse, de coups de cuivres, de timbales et de flûtes. Doter les Decepticons d’un thème identifiable apporte un soupçon de nouveauté : c’est un terrain qui a été peu exploré au-delà du premier film. Les autres arrangements du thème de Megatron respectent cependant l’esthétique musicale établie par Jablonsky.

 

Difficile de s’enthousiasmer pour ce Transformers Prime qui se résume à une réplique un peu plus orchestrale des musiques composées pour les films. Les amateurs d’un Brian Tyler s’efforçant de marier l’écriture façon Remote Control et le symphonique rentre-dedans y trouveront leur compte, les autres n’y verront qu’un exercice de style assez vain.

 

Transformers Prime

Milio Latimier

Milio Latimier

Rédacteur
Enfant dans les années 1980, l'infection se manifeste par le fredonnement incessant de musiques de films en jouant avec ses G.I.Joe. Plus tard, les symptômes s'aggravent avec le magnétophone collé à la télévision pour enregistrer des béos et les écouter le soir en cachette. Le diagnostic est définitif en 1991 avec prescription à Noël de disques Spielberg/Williams et Star Wars. Se shoote toujours principalement au cocktail « Poledouris, Silvestri, Kamen, Elfman » entre deux cures de Williams ou Goldsmith. Dernières rechutes dues à des excès de Beltrami et de Giacchino.
Milio Latimier