Mac And Me (Alan Silvestri)

Moi, Moche et Gentil

La décade prodigieuse • Publié le 05/03/2019 par

Mac And MeMAC AND ME (1988)
MAC ET MOI
Compositeur :
Alan Silvestri
Durée : 59:15 | 23 pistes
Éditeur : Quartet Records

 

3 Stars

 

Le placement de produit sera-t-il, un jour, reconnu comme un art noble ? Convaincu depuis ses origines, le cinéma œuvre sans repos en ce sens, affublant ses films-sandwiches de réclames publicitaires de toute sorte. Mac And Me en incarne le fort peu discret archétype, qui consacre la moitié de son temps à festonner de clinquantes banderoles l’un des temples de la malbouffe — et passe l’autre à jurer ses grands dieux que toute ressemblance avec un gentil extraterrestre égaré sur notre planète ne peut être que fortuite. Admirez donc l’ingéniosité de cette bouche s’arrondissant en cul-de-poule sur la bouille de l’alien, parfait orifice où ficher l’une de ces pailles dont on agrémente les boissons gazeuses… De toute l’entreprise, Alan Silvestri est peut-être le seul à se contrefoutre de vendre quelques Big Mac de plus. Hésitant sur la marche à suivre (on le serait à moins), mais résolu à tous les sacrifices pour sauver ce qui peut l’être, il ratisse son propre catalogue de fond en comble dans l’espoir d’y dénicher l’inspiration salutaire. A l’arrivée, l’indécision tenace n’aidant pas, tout y passe, depuis les marches aux Rangers crottées de Predator jusqu’aux scintillements pompiers de Back To The Future. Forcément, il stagne sur chaque péripétie comme un lourd effluve de déjà-entendu. Mais le film, à défaut d’un caractère bien trempé, gagne in fine dans cette musique capharnaüm le petit supplément d’âme que s’acharne à désintégrer le macabre sourire peint de Ronald McDonald.

  OOOOOOHHHHHH !!!!!!

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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