Speed 2: Cruise Control (Mark Mancina)

La croisière s'amuse

La décade prodigieuse • Publié le 11/01/2019 par

Speed 2: Cruise ControlSPEED 2: CRUISE CONTROL (1997)
SPEED 2: CAP SUR LE DANGER
Compositeur :
Mark Mancina
Durée : 69:55 | 14 pistes
Éditeur : La-La Land Records (2010)

 

3.5 Stars

 

Terminator 2, le film aux 100 millions de dollars ! Sa campagne promotionnelle, on s’en souvient, fit ses choux gras de l’extravagante enveloppe, comme les crieurs de foire vantant naguère les muscles d’acier de l’Homme le plus Fort du Monde. Il n’en fallut pas plus pour que l’inflation soufflât tel un aquilon dévastateur sur Hollywood. Ainsi Speed 2, apparemment convaincu de faire sauter la banque grâce à ses 120 rutilants millions. Inutile de s’appesantir sur la suite, qui s’avéra pour le moins mortifiante… Mark Mancina peut en témoigner. Subodora-t-il, à un moment ou à un autre de la production, l’imminent coup de Trafalgar ? Pas si l’on en juge par la chemise hawaïenne dont il se nippa pour l’occasion. Baignant dans la même insouciance estivale que nos tourtereaux de héros, il s’amuse avec une pleine batterie de tam-tams africains, laisse filtrer un brin d’exotisme émollient entre deux cavalcades peu friandes d’électro (une fois n’est pas coutume) et n’oublie pas de saluer, sourire aux lèvres et citation alerte à l’appui, le précédent Speed. Celui-ci marqua d’un repère crucial la refonte tape-à-l’oreille par Hans Zimmer et ses vauriens de l’action scoring moderne. Son petit frère, dont on ne voit pourtant pas bien ce qu’il pourrait lui jalouser, projeta Mancina sans ménagement hors de la A-list des compositeurs qu’il n’occupait que depuis quelques années. Hollywood, ton univers impitoyable…

  Et... hop-là !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse