Beastmaster 2: Through The Portal Of Time (Robert Folk)

Fantastic Beasts

La décade prodigieuse • Publié le 23/01/2019 par

Beastmaster 2: Through The Portal Of TimeBEASTMASTER 2: THROUGH THE PORTAL OF TIME (1991)
DAR L’INVINCIBLE 2
Compositeur :
Robert Folk
Durée : 55:48 | 16 pistes
Éditeur : BSX Records (2013)

 

4 Stars

 

Beastmaster 2 ou l’invasion des profanateurs de sépultures. Longtemps après que les imbitables Con(a)neries transalpines eurent balafré le genre d’une piteuse épitaphe, cette suite plus que tardive surgit de nulle part pour violenter l’heroic fantasy jusque dans son tombeau. A une peu ragoûtante nécrophagie, le film ajoutait par surcroît une roublardise d’usurier en téléportant Dar le valeureux, son pagne et sa ménagerie en plein cœur de L.A. Jadis, l’adaptation sans le sou de Masters Of The Universe avait soufflé au visage des spectateurs une poudre de perlimpinpin identique, et seul Bill Conti, malgré un aréopage de références visibles comme le nez au milieu de la figure, était parvenu à balayer les ruelles hérissées de néons du vent de l’aventure. Avec la même exultation symphonique tirée du fourreau, Robert Folk réitère le miracle. Les cuivres auxquels sa baguette trémulante ordonne de s’agglutiner en montagnes de fer sont parfois dangereusement proches de l’étouffe-chrétien, manquant d’annihiler, entre deux échauffourées chargées de retentissante bravoure, les temps de respiration vitaux à l’auditeur matraqué. Mais ce goût de l’excès n’est pas sans charme. Il a aujourd’hui la saveur proustienne des divertissements plutôt châteaux branlants, mais échevelés, baignés de l’inconscience bénie des limitations technologiques et du plus que relatif talent de leurs géniteurs. Une seule de ces petites mains, parfois, éclipsait par son brio toutes les autres à l’ouvrage. Comme ici Folk lui-même.

  Sans Waze, on va jamais y arriver !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse