The Three Musketeers (Paul Haslinger)

Un pour tous, personne pour lui

Disques • Publié le 05/10/2011 par

The Three MusketeersTHE THREE MUSKETEERS (2011)
LES TROIS MOUSQUETAIRES
Compositeur :
Paul Haslinger
Durée : 45:28 | 23 pistes
Éditeur : Milan Music

 

1 out of 5 stars

Une adaptation du roman d’Alexandre Dumas débarquant au moins une fois par décennie, un roublard comme Paul WS Anderson ne pouvait qu’y venir, avec la finesse qu’on lui connaît. Et de tous les compositeurs avec qui il a travaillé (parmi lesquels on trouve Joel McNeely, Jocelyn Pook ou Michael Kamen, tout de même), c’est Paul Haslinger qui a sa préférence et à qui il fait appel après le fameux remake de Death Race. Voilà donc le duo de choc qui nous offre une version – non, une vision ! – moderne de The Three Musketeers (Les Trois Mousquetaires)… en 3D. Oui, parfaitement ma p’tite dame.

 

Et voyez-vous, le score est également en 3D, avec des gros sons made in Remote Control qui vous sautent à la figure. Pour répondre à la demande de ses employeurs, le membre de feu Tangerine Dream s’est essayé au son à la mode : imaginez… Imaginez Hans Zimmer qui aurait mangé Steve Jablonsky. Haslinger cède d’abord au cliché des ostinati de cordes dans Only Four Men, dont le ton vaguement tragique est immédiatement phagocyté par des coups de boutoir synthétique. L’on discerne parfois quelques notes de clavecin – voyez-y un cachet d’authenticité – avant un thème romantique fadasse interprété par des guitares sèches ou une cavalcade de cordes pas désagréable si elle ne se transformait pas tout à coup en un thème assommant de lourdeur et dont les sonorités, pourtant déjà maintes fois entendues, sont d’une laideur qui dépasse l’imagination. Malgré quelques passages légers aux saveurs latines dans Do You Know Who I Am? (qui brille par son accordéon synthétique moche à faire peur) ou Concealed Weapons Tango (qui ne brille pas par son originalité), le Berlin Session Orchestra a bien du mal à se faire une place dans la « partition » d’Haslinger, ce dernier se ridiculisant dans la course effrénée derrière les canons assourdissants de RCP et les tentatives d’apporter un son plus personnel (la guitare électrique bidouillée dans The Venice Heist relève du grand n’importe quoi) ou une touche « authentique » qui, pour le coup, paraît artificielle et sans âme, sauf dans The World Calls To The Young où le hautbois, soutenu par les cordes, propose un assez joli thème.

 

La « vision » moderne du réalisateur accouche finalement d’un score vide qui sonne complètement faux et risque même de paraître ringard aux oreilles saturées du grand public. Car ce dernier n’est pas dupe : après vingt ans, la recette périmée à base de boursouflures sans intérêt ne produit plus l’effet escompté. L’effort, si effort il y a, est vain. Allez, on donne un point pour l’électricité.

 

The Three Musketeers