X-Men: Apocalypse (John Ottman)

Les Guerriers de l'Apocalypse

Disques • Publié le 03/04/2026 par

X-MEN: APOCALYPSE (2016)
X-MEN : APOCALYPSE
Compositeur :
John Ottman
Durée : 76:09 | 25 pistes
Éditeur : Sony Classical

 

4 out of 5 stars

 

Jamais deux sans trois. A la sortie de X-Men: Apocalypse, la méfiance était de mise. En effet, comme Bryan Singer revenait pour la quatrième fois à la réalisation, John Ottman était aussi de la partie pour sa troisième partition dans l’univers mutant. Après la déception que fut son travail sur X-Men: Days Of Future Past, le pire pouvait être envisagé. Mais surprise à nouveau. Peut être conscient des reproches faits à son précédent opus et malgré un film un peu creux, Ottman revient dans un cadre orchestral et thématique solide beaucoup plus proche de son style habituel. Reprenant à nouveau le thème des X-Men composé pour X2, dans un style orchestral ample et guerrier (Pyramid Collapse / Main Title), il ne rejette toutefois pas entièrement Days Of Future Past puisqu’il garde quelques sonorités synthétiques (souvent en soutien de l’orchestre ou pour poser le rythme) et deux thèmes : celui de Charles Xavier/Professeur X, cité autant sous forme de motif (Contacting Eric / The Answer) que de mélodie (Rebuilding / Cuffed / Goodbye Old Friend), et celui de Erik Lensherr/Magneto. Ce thème, qui était déjà une simplification de celui de X2: X-Men United (X-Men 2), est développé sur un ton plus dramatique et émouvant pour la trajectoire traumatique du personnage (Eric’s New Life et Shattered Life, avec ses cuivres intermittents représentant les interstices par lesquels s’infiltre la tendance meurtrière de Magnéto) et dans les scènes d’action, où il est bien plus impressionnant que dans le précédent film (Jet Memories, Great Hero / You Betray Me). De manière plus ou moins accidentelle, ce thème est assez proche du thème principal. Construits sur la même structure, les deux ont tendance à se mêler, montrant comment Magneto trouve un sens à sa vengeance en rejoignant les rangs de l’antagoniste.

 

Ce nouveau thème, absolument central, est celui d’Apocalypse. Comme le personnage est essentiel au film, son excellent thème est omniprésent. Construit sur deux notes imposantes puis trois notes en montée, il se caractérise par ses chœurs laudateurs, ses sonorités synthétiques puissantes, ses percussions tonitruantes (enclume par exemple), ses cuivres rauques et ses cordes déchaînées. Comme à son habitude, Ottman profite de l’apparente simplicité de son thème pour le citer dans quasiment toutes les pistes de l’album. De plus, même quand Apocalypse n’est pas réellement au centre de la scène, son ombre plane sur l’intrigue de par ses éléments orchestraux (Recruiting Psylocke, Going Grey / Who The F Are You?). Impressionnant en diable, il sait aussi se faire plus lyrique (Apocalypse), liturgique (le formidable et exaltant The Transference), dramatique (Great Hero / You Betray Me), divin et despotique (Moira’s Discovery / Apocalypse Awakes et son orgue) et tout simplement terrifiant (New Pyramid), Ottman y utilisant à nouveau son expérience de compositeur d’horreur, invoquant cordes qui crissent, « chutes » de percussions, sonorités étranges et chœurs effrayants. A cette terrible vague apocalyptique, Ottman ne nous propose qu’un seul moyen de respirer en écrivant un nouveau thème pour Phoenix. A l’orchestration épurée (cordes, synthés et piano), ce dernier présente un lyrisme naïf et touchant, illustrant bien l’incompréhension de Jean Grey vis-à-vis de son pouvoir démesuré et sa sensibilité accrue aux autres (Just A Dream, A Piece Of His Past). Il est parfois développé sur un ton plus épique pour montrer la puissance de l’oiseau de feu (Like A Fire, You’re X-Men / End Titles).

 

Se servant donc de tout ce bagage, John Ottman fait à nouveau profit de sa double étiquette (compositeur et monteur) pour coller le plus possible à l’image. Malgré un léger trop plein (en partie dû au film), Ottman reste toujours pertinent, très proche de l’image sans jamais oublier le fond. Certains morceaux sont des petites merveilles de dramaturgie, comme The Transference avec ses chœurs épiques à souhait tout simplement vivifiants, New Pyramid à la noirceur profonde et désespérée, Beethoven Havok, qui commence en reprenant Beethoven puis en le détournant, à l’expressivité parfaite, et You’re X-Men / End Credits d’un épique orchestral absolu. Ce morceau de clôture définit au final bien ce score. Mélangeant anciens et nouveaux thèmes, Ottman propose un canevas orchestral épique à souhait, grandiloquent et expansif, à l’image du film et de son antagoniste principal. Il rattrape avec les honneurs son échec sur l’opus précédent en nous offrant quelques vrais moments de bonheur par l’expressivité, la puissance d’évocation et la générosité de sa partition. Chapeau, l’artiste.

 

 

 

 

 

 

 

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