Justice League: War (Kevin Kliesch)

Darkseid Of The Moon

Disques • Publié le 21/10/2016 par

Justice League: WarJUSTICE LEAGUE: WAR (2014)
JUSTICE LEAGUE : WAR
Compositeur :
Kevin Kliesch
Durée : 50:30 | 19 pistes
Éditeur : WaterTower Music

 

2.5 Stars

La fin de Justice League: The Flashpoint Paradox nous laissait avec une courte séquence post-générique (une sorte de teaser) présentant un démon en armure high-tech sorti tout droit d’un wormhole. Dans Justice League: War, ces paradémons sont légion et l’équipe de la ligue des justiciers au complet (dont certains membres sont craints par une population réfractaire aux frasques et aux démolitions en tout genre, malheureux dommages collatéraux) n’est pas de trop pour les affronter. D’autant que ces paradémons préparent (en plus d’une invasion) l’arrivée de leur chef, Darkseid, un géant quasi tout puissant.

 

Par ce lien de filiation quelque peu ténu entre les deux long-métrages animés, nous aurions pu nous attendre à voir Frederik Wiedmann aux commandes de la musique. Mais il n’en est rien. C’est à Kevin Kliesch (Thundercats) qu’en revient l’insigne honneur. Le budget musique des productions DC Comics étant ce qu’il est (c’est-à-dire souvent réduit à la portion congrue), le score est entièrement confié à diverses banques de sons. Celle des cuivres lourds (tuba, trombone, cor anglais) s’en sort avec les honneurs tandis que les sonorités des cuivres plus légers (comme la trompette) ont plus de mal à convaincre. La banque de sons des cordes reste dans la bonne moyenne du genre, c’est à dire efficace dans les ostinati mais limitée dans la tenue de longues notes. Les percussions émulées ne sont pas nombreuses (on notera toutefois l’emploi des timbales, samplées avec justesse) et les vents ne le sont guère davantage.

 

Justice League: War

 

A vrai dire, pour pleinement apprécier cette musique, il faudra ne pas être allergique aux divers loops et autres boucles électro. Ce qui fait la force de ce score fait également sa faiblesse : beaucoup de changements de rythmes, peu de thématique construite (le super-méchant de l’histoire, l’imposant Darkseid, est doté d’une texture sonore étrange : des percussions samplées à l’envers, idée originale mais un peu vaine). Certes, il existe bel et bien un thème de cinq notes (présenté dans Opening Titles) mais il ne sera utilisé qu’en de rares occasions, comme dans le très remuant Rooftop Battle ou à la toute fin de Final Battle par exemple. Même dans un morceau de plus de sept minutes, The Battle Continues, son emploi sera inexistant, le compositeur préférant laisser le champ libre aux loops et aux cuivres samplés pour dynamiser l’ensemble.

 

Chase Through The City présente cependant de revigorants accords arpégés de piano (montant et descendant rapidement, l’une des plus belles trouvailles sonores de la partition) tandis que Final Battle fait exploser les cuivres samplés. L’ensemble de la partition est assez tonitruant, voire un peu trop. Heureusement, Saving The Day / Award Ceremony vient apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes avec des caisses claires patriotiques et une trompette ad-hoc. Les plages de suspens sont dans l’ensemble assez soporifiques (l’indigence thématique n’y est d’ailleurs pas étrangère) et sont loin d’avoir la valeur de celles de Justice League: The New Frontier de l’autre Kevin (Manthei). Si la musique de Kevin Kliesch ne manque pas d’efficacité (surtout face aux images de baston ininterrompue), elle peine tout de même à tenir l’auditeur éveillé en dehors de son support filmique, un comble pour une musique de film orientée action. Les 55 minutes de ce score sont donc à réserver aux inconditionnels de musiques samplées…

 

Justice League: War

Christophe Maniez

Christophe Maniez

Rédacteur
Alors à l'orée de l'adolescence, au début des années 80, le jeune Christophe découvre à la télévision, coup sur coup, deux chefs d'œuvre qui marqueront son esprit à jamais. Le premier, Rocky, fait naitre en lui la jubilation par les mélodies riches en émotion de Bill Conti, devenu maintenant un de ses compositeurs fétiches. Le second, Vertigo d'Alfred Hitchcock, le plonge dans la musique du géant Bernard Herrmann, par le biais d'une partition pleine de mystère et de romance. Puis c'est l'escalade : il est tellement absorbé par la puissance des plus belles pages de la musique de film qu'il en vient à étudier de plus près le solfège et la composition (en quasi autodidacte, d'où son niveau plutôt moyen). Durant les mois suivants, il découvre John Williams et son Return Of The Jedi au cinéma. Transporté par la musique, il devient rapidement fan de ce compositeur. Son cercle de connaissances s'élargit et il en vient, plus tard, à admirer James Horner (un autre de ses compositeurs préférés) et Franz Waxman, notamment. Et puis, en 1989, c'est la claque : alors que tout le monde s'éclate sur la Bat Dance de Prince, il n'a d'oreille que pour les notes du Batman de Danny Elfman (par ailleurs, un des premiers CDs qu'il achète). Depuis lors, son amour pour la musique du compositeur attitré de Tim Burton ne s'est jamais démenti. Aujourd'hui, Christophe erre dans les couloirs obscurs d'UnderScores où il peut disputer le bout de gras avec d'autres êtres atteints du même syndrome que lui. Et l'aventure continue...
Christophe Maniez

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