The Twilight Saga: Twilight (Carter Burwell)

Automne Mélodramatique

Disques • Publié le 16/08/2010 par

The Twilight Saga: Twilight THE TWILIGHT SAGA: TWILIGHT (2008)
TWILIGHT — CHAPITRE 1 : FASCINATION
Compositeur :
Carter Burwell
Durée : 45:05 | 21 pistes
Éditeur : Atlantic Records

 

4 Stars

Lorsqu’il n’est pas occupé par sa collaboration avec les frères Coen, Carter Burwell peut se montrer très versatile et œuvrer avec succès dans de multiples genres cinématographiques. Dans tous les cas, il choisit de travailler pour des réalisateurs et des films qui lui permettent d’enrichir son univers, garantissant des musiques intelligentes, de qualité et dont l’écoute isolée présente toujours un intérêt. Pour Twilight, il évite avec bonheur bon nombre de clichés associés au genre fantastique, ce qui constitue une véritable originalité depuis le symphonisme gothique brillamment cultivé par Wojciech Kilar ou Elliot Goldenthal.

 

Certes, le compositeur opte d’emblée pour un son résolument contemporain – orchestrations rock à base de guitare, de batterie et de clavier – et attribue aux méchants quelques morceaux assez agressifs, mais il ne verse pas totalement dans ce gothique sombre et mortifère habituellement lié aux vampires. Et si sa musique peut parfois faire penser à celles de The Crow (pas un film de vampires, mais presque) et de Queen Of The Damned (La Reine des Damnés), c’est plutôt par ses sonorités ethniques que pour ses élégies funèbres. Le compositeur choisit de s’adapter, non pas tant aux désirs du public (qui amène à saturer les albums de chansons metal à la mode) qu’à l’univers dans lequel évoluent les personnages, qui est pourtant celui d’adolescents ou de jeunes adultes. On peut penser que la réalisatrice Catherine Hardwicke a également émis quelques suggestions, elle qui jusque-là a plutôt préféré les compilations de chansons aux compositions originales.

 

The Twilight Saga: Twilight

 

Le score progresse agréablement entre atmosphères envoûtantes dues au mélange de sonorités électroniques, de cordes et de percussions (Who Are They?) et thèmes poignants interprétés tantôt par la guitare électrique, tantôt par le piano (le très beau Bella’s Lullaby). L’ensemble, séduisant et hypnotique jusqu’au vertige, baigne dans une douce mélancolie mêlée de mystère et d’un zeste de sensualité : tous les morceaux correspondant aux scènes de séduction puis de conquête, de The Most Dangerous Predator à The Lion Fell In Love With The Lamb, sont particulièrement réussis. Les accents quasi médiévaux des cordes semblent parfois rappeler les origines pluriséculaires des vampires et créent un contraste fascinant avec la modernité dominante.

 

En accord avec les images qu’elle illustre, la musique prend des accents plus dramatiques à partir de Complications mais évite la surenchère et surtout les figures imposées du score horrifique, principalement grâce à son dépouillement qui caractérise Burwell et l’éloigne d’un mode de composition alimentaire. Sombre mais jamais déprimante, expérimentale mais toujours audible, souvent atmosphérique mais également mélodique lorsqu’il le faut, truffée de ballades entêtantes à écouter au clair de lune et d’emballements de percussions tribaux donnant des envies d’ensauvagement, la partition de Twilight ravira les fans du compositeur et propose ce qu’il faut pour convertir tous les autres. Un bijou insolite à découvrir absolument !

 

The Twilight Saga: Twilight

Gregory Bouak

Gregory Bouak

Contributeur (2010-2012)
Toujours un peu décalé, Grégory écoute de la musique classique à l’âge où les autres écoutent du rock, de la variété, ou rien, ce qui fait qu’à quinze ans, il pense avoir fait le tour de la question et se retrouve tout démuni. Il aime aussi depuis longtemps le cinéma et surtout les Star Wars, les Batman, les James Bond, dont il goûte les musiques avant tout parce qu’elles lui rappellent les films. Un jour, en voyant Stargate, il découvre que les musiques de films peuvent être d’une grande richesse et s’apprécier pour elles-mêmes en écoute isolée, se présentant comme les dignes héritières de son genre de prédilection, la grande musique symphonique telle qu’elle a atteint son apogée à la fin du XIXe siècle. C’est le début d’une longue et belle amitié qui n’a jamais connu de rupture. A partir de 2000, il se met à écrire des articles et des critiques de musique de film pour le site internet TraxZone, puis pour LeFantastique.net et Khimaira Magazine, tous deux spécialisés dans le fantastique, la fantasy et la science-fiction. En parallèle, il publie des articles dans la version papier de Khimaira. En 2006, il crée Horreurs et Merveilles, un blog puis un site consacré aux musiques des films de l’imaginaire. En 2010, suite à un bug irrémédiable d’Horreurs et Merveilles, dont il soupçonne secrètement les membres d’UnderScores d’être les instigateurs afin de l’inciter à rejoindre leur équipe, il accepte avec joie de contribuer au nouveau magazine de référence de la musique de film en langue française, afin de continuer à promouvoir sa passion.
Gregory Bouak