Halloween 5: The Revenge Of Michael Myers (Alan Howarth)

Liens d'amour et de sang

Disques • Publié le 12/05/2010 par

Halloween 5HALLOWEEN 5: THE REVENGE OF MICHAEL MYERS (1989)
HALLOWEEN 5
Compositeur :
Alan Howarth
Durée : 78:16 | 22 pistes
Éditeur : AHI Records

 

2.5 Stars

Deuxième score d’Alan Howarth en solo, Halloween 5 continue malheureusement d’entériner le déclin tant musical que cinématographique de la saga. Après un générique (Halloween 5 / The Revenge) relativement intriguant illustrant par des sonorités étranges et fugitives les images d’un couteau en train de découper une citrouille, c’est de nouveau la bonne vieille rengaine composée par John Carpenter qui occupe le devant de la scène et qui rend l’écoute isolée de plus en plus fastidieuse. Selon un refrain désormais bien connu, ajoutons également que le reste du score emploie le thème de suspense du premier film (A Stranger In The House) et le motif associé aux attaques du tueur (Trapped). Peut-on constater un quelconque renouvellement du matériau thématique et instrumental ? Que nenni ! On trouve ici et là des gratouillis de guitare électrique histoire de faire un peu plus branché (Stop The Rage), mais dans l’ensemble l’album enchaîne les longues pistes brouillonnes dont presque rien ne se dégage sinon des dissonances synthétiques fort peu agréables à écouter et qu’on dirait sorties d’un clavier bontempi martelé par l’index d’un enfant de six ans…

 

Seule bonne idée d’Howarth, mais tellement fugitive : l’emploi de voix de gorge rappelant celles des moines tibétains, psalmodiant sur un mode menaçant et satanique afin de souligner la nature profondément maléfique du tueur (The Shape Also Rises, First Victim). De même, le début de The Attic instaure une atmosphère funèbre et tragique du meilleur effet rappelant Prince Of Darkness (Prince des Ténèbres) pour retomber dans la médiocrité une minute après. Pourquoi donc ne pas avoir davantage exploité ce canevas ? Pourquoi ne pas être parti dans une direction nouvelle, plus ambitieuse, plus propice au renouvellement ? On ne demandait pas au compositeur de réécrire The Omen (La Malédiction), mais il y a quand même un juste milieu entre la grandiose et terrifiante partition symphonique de Goldsmith et le pauvre score électronique d’Alan Howarth ! Heureusement que sur l’album figurent quelques chansons tirées – ou non – du film, très agréables à écouter pour les nostalgiques des années 80 : ce sont de loin ces quelques morceaux qui retiendront l’attention, mais est-il bien nécessaire de faire l’acquisition d’Halloween 5 pour pouvoir les écouter ?

 

Halloween 5: The Revenge Of Michael Myers

Gregory Bouak

Gregory Bouak

Contributeur (2010-2012)
Toujours un peu décalé, Grégory écoute de la musique classique à l’âge où les autres écoutent du rock, de la variété, ou rien, ce qui fait qu’à quinze ans, il pense avoir fait le tour de la question et se retrouve tout démuni. Il aime aussi depuis longtemps le cinéma et surtout les Star Wars, les Batman, les James Bond, dont il goûte les musiques avant tout parce qu’elles lui rappellent les films. Un jour, en voyant Stargate, il découvre que les musiques de films peuvent être d’une grande richesse et s’apprécier pour elles-mêmes en écoute isolée, se présentant comme les dignes héritières de son genre de prédilection, la grande musique symphonique telle qu’elle a atteint son apogée à la fin du XIXe siècle. C’est le début d’une longue et belle amitié qui n’a jamais connu de rupture. A partir de 2000, il se met à écrire des articles et des critiques de musique de film pour le site internet TraxZone, puis pour LeFantastique.net et Khimaira Magazine, tous deux spécialisés dans le fantastique, la fantasy et la science-fiction. En parallèle, il publie des articles dans la version papier de Khimaira. En 2006, il crée Horreurs et Merveilles, un blog puis un site consacré aux musiques des films de l’imaginaire. En 2010, suite à un bug irrémédiable d’Horreurs et Merveilles, dont il soupçonne secrètement les membres d’UnderScores d’être les instigateurs afin de l’inciter à rejoindre leur équipe, il accepte avec joie de contribuer au nouveau magazine de référence de la musique de film en langue française, afin de continuer à promouvoir sa passion.
Gregory Bouak