Halloween 4: The Return Of Michael Myers (Alan Howarth)

Une famille formidable

Disques • Publié le 11/05/2010 par

Halloween 4: The Return Of Michael MyersHALLOWEEN 4: THE RETURN OF MICHAEL MYERS (1988)
HALLOWEEN 4
Compositeur :
Alan Howarth
Durée : 52:46 | 15 pistes
Éditeur : AHI Records

 

2.5 Stars

En tant que compositeur, John Carpenter a définitivement jeté l’éponge pour Halloween 4, tout en continuant d’empocher les royalties générées par la réutilisation de son thème, et c’est donc Alan Howarth qui s’y colle. Le générique de début est assez prometteur, plein de menace, funèbre et dramatique à souhait, faisant entendre un souffle maléfique et des sonorités sépulcrales ressemblant à des chœurs samplés. Tout aussi atmosphérique mais non moins inquiétante, la scène de cauchemar inaugurale est baignée dans des nappes synthétiques glaçantes brutalement rompues par des déchirements agressifs d’une efficacité indéniable. Hélas, dès la fin du premier morceau, Howarth réemploie le thème principal composé par Carpenter sous une forme légèrement modifiée, à la fois plus sèche, plus rapide et plus martelée, qui s’explique évidemment par le retour du boogeyman sur le devant de la scène mais n’en entraîne pas moins une lassitude et un agacement croissants, car le compositeur va l’utiliser dans presque tous les morceaux suivants.

 

Pour sa première partition en solo, il est donc regrettable qu’Howarth n’ait pas pu – ou voulu ? – exploiter davantage un canevas personnel. On reconnaît bien sa patte 100% synthétique et atmosphérique, mais il semble que l’âme qui imprégnait les scores des deux précédents volets, co-écrits avec Carpenter, ait désormais disparu au profit d’une musique qui certes fonctionne bien dans le film mais s’avère au final beaucoup moins riche et sophistiquée que celle d’Halloween III. Une fois passé quelques séquences intimistes (Be Back By 9:30) ou horrifiques (Schoolhouse, Power Company) situées dans la lignée de celles d’Halloween II, on n’a droit qu’à une reprise épuisante des motifs du premier opus : celui accompagnant les scènes d’attente et d’angoisse (Downstairs Alone) et celui illustrant les attaques de Michael Myers (Return Of The Shape). Heureusement que le film est bon, parce que du point de vue musical, on tourne en rond et l’on finit par s’ennuyer ferme !

 

NB : Après Halloween III (2007) et Halloween II (2009), en 2011 c’est au tour de Halloween 4 d’être réédité chez AHI Records, avec un petit quart d’heure supplémentaire. Tiré à hauteur de 1000 exemplaires à l’instar de ses deux prédécesseurs, ce score est un cadeau exclusivement réservé aux fans !

 

Halloween 4: The Return Of Michael Myers

Gregory Bouak

Gregory Bouak

Contributeur (2010-2012)
Toujours un peu décalé, Grégory écoute de la musique classique à l’âge où les autres écoutent du rock, de la variété, ou rien, ce qui fait qu’à quinze ans, il pense avoir fait le tour de la question et se retrouve tout démuni. Il aime aussi depuis longtemps le cinéma et surtout les Star Wars, les Batman, les James Bond, dont il goûte les musiques avant tout parce qu’elles lui rappellent les films. Un jour, en voyant Stargate, il découvre que les musiques de films peuvent être d’une grande richesse et s’apprécier pour elles-mêmes en écoute isolée, se présentant comme les dignes héritières de son genre de prédilection, la grande musique symphonique telle qu’elle a atteint son apogée à la fin du XIXe siècle. C’est le début d’une longue et belle amitié qui n’a jamais connu de rupture. A partir de 2000, il se met à écrire des articles et des critiques de musique de film pour le site internet TraxZone, puis pour LeFantastique.net et Khimaira Magazine, tous deux spécialisés dans le fantastique, la fantasy et la science-fiction. En parallèle, il publie des articles dans la version papier de Khimaira. En 2006, il crée Horreurs et Merveilles, un blog puis un site consacré aux musiques des films de l’imaginaire. En 2010, suite à un bug irrémédiable d’Horreurs et Merveilles, dont il soupçonne secrètement les membres d’UnderScores d’être les instigateurs afin de l’inciter à rejoindre leur équipe, il accepte avec joie de contribuer au nouveau magazine de référence de la musique de film en langue française, afin de continuer à promouvoir sa passion.
Gregory Bouak