StarCrash (John Barry)

L'attaque des clones

La décade prodigieuse • Publié le 22/01/2019 par

StarCrashSTARCRASH (1978)
STARCRASH : LE CHOC DES ÉTOILES
Compositeur :
John Barry
Durée : 33:39 | 13 pistes
Éditeur : BSX Records (2008)

 

3.5 Stars

 

De tous les compositeurs (et c’est peu dire qu’il y en eut à robinet percé) qui validèrent en vitesse leur ticket pour l’espace suite au phénomène nommé Star Wars, John Barry fut sans contredit l’un des plus inattendus. L’élégant gentleman ne semblait guère du genre à rêvasser parmi les étoiles — comme quoi… Dans un minuscule laps de temps, il écrivit le somptueux ballet d’outre-Terre de Moonraker et gratifia The Black Hole d’une valse ô ! combien obsédante. Le cas StarCrash est plus épineux. Nanar de compétition et premier clou enfoncé dans le cercueil d’un cinéma populaire italien bientôt exsangue, cette odyssée interstellaire couturée de dérisoires rustines semble avoir plongé ses participants dans un état second, tantôt hystérie gourmande, tantôt catalepsie empoisonnée. Jusqu’au grand Christopher Plummer en personne, échoué là on ignore comment, et dont l’œil vitreux ne s’illumine pas même quand pénètre dans le champ la combinaison SM épousant au plus près l’atomique Caroline Munro. Du pain béni pour le label BSX, raillé urbi et orbi à cause de sa ligne éditoriale régulièrement queer. Mais John Barry ne méritait pas ces avanies. Si elle ne tutoie pas une seconde la voûte étoilée, sa musique, refusant mordicus d’abdiquer dans ce combat perdu d’avance, ne s’affaire pas moins à injecter un minimum de substance et d’intensité dramatique à un fragile édifice s’émiettant de toutes parts.

 Tout le monde se lève pour Caroline(tte) Munro

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
  • The Vikings