L’Umanoide (Ennio Morricone)

Space apéro

La décade prodigieuse • Publié le 01/01/2019 par

L'UmanoideL’UMANOIDE (1979)
L’HUMANOÏDE
Compositeur :
Ennio Morricone
Durée : 56:03 | 13 pistes
Éditeur : GDM (2010)

 

3 Stars

 

C’est entendu, grâce à son double mètre engoncé dans un pantalon à bretelles et à son rictus serti de crocs d’acier, Richard Kiel n’eut aucune peine à chiper la vedette des mains de Roger Moore dans The Spy Who Loved Me (L’Espion qui m’aimait). Etait-il bien raisonnable pour autant de s’escrimer à offrir à cette montagne d’homme une starisation parfumée aux entêtants remugles du bis ? Reconnaissons à L’Umanoide, candidat taille patron au titre de plus embarrassant film de science-fiction jamais produit à Cinecittà, le mérite de fournir une réponse sans appel. A coup sûr, devant les images de l’acteur recyclant tel un automate rouillé son rôle de colosse mutique et indestructible, Morricone lui-même n’envisagea pas un instant de recourir à un premier degré ampoulé. La goguenardise qu’il met à la tâche fait oublier bien vite les sons rudimentaires qu’il ne réussit qu’à grand-peine à extorquer du synthétiseur, probablement l’unique instrument au monde qui, face à l’inspiration éruptive du Maestro, resta toujours de marbre. Grotesque et dérision paradent bras dessus, bras dessous, non pas tant pour couvrir de ridicule un Z pique-assiette se débrouillant très bien par ses propres moyens que pour moquer, avec une pointe de tendresse chagrine, l’opportunisme dévorant qui vida peu à peu de tout son suc le cinéma populaire italien.

 

Darth (In)Vader

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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