Heavy Metal (Elmer Bernstein)

Full Metal Jacket

La décade prodigieuse • Publié le 09/01/2019 par

Heavy MetalHEAVY METAL (1981)
MÉTAL HURLANT
Compositeur :
Elmer Bernstein
Durée : 71:25 | 27 pistes
Éditeur : Film Score Monthly (2008)

 

5 Stars

 

De Blue Öyster Cult à Nazareth, en passant par Sammy Hagar ou Cheap Trick, (presque) tout le gotha du rock échevelé des seventies, les narines forcément palpitantes au fumet méphitique dégagé par le seul titre de Heavy Metal, s’était donné rendez-vous autour de l’amas foutraque de celluloïds tirés du petit frère américain de Métal Hurlant. Personne d’autre qu’eux, avec leurs voix de rogomme hululant des blasphèmes en rafales et leurs guitares crachant la foudre, ne semblait à même de cuirasser des vociférations ad hoc les joyeux délires engendrés par les pinceaux en fusion des trublions Richard Corben, Bernie Wrightson et consort. A l’apogée des song albums gavés de signatures prestigieuses qui assurèrent ses plus lucratifs succès à la musique de film, ce casting chevelu fit tout naturellement un tabac. En comparaison, l’ouvrage d’Elmer Bernstein n’eut pas grand retentissement, même si de doctes oreilles s’émurent à juste titre de sa formidable énergie. Den, le colosse bodybuildé qui a l’honneur d’ouvrir le bal, et Taarna, amazone intrépide dont le sacrifice est une manière de point final, donnent chair tous deux à une spectaculaire symphonie fantasy. Entre ces merveilles chamarrées, Bernstein, toutes ondes Martenot dehors, papillonne des amours d’une secrétaire gironde et d’un petit robot à l’horreur d’un bombardier devenu sépulcre volant. Et toujours, la même verve épanouie, la même poésie qui s’épanche à tonitruant fracas !

  B-17

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse