Friday The 13th – Parts VII-VIII (Fred Mollin)

New-York Ne Répond Plus

Disques • Publié le 20/07/2010 par

Friday The 13th:- Parts VII / VIIIFRIDAY THE 13TH – PARTS VII-VIII (1988 / 1989)
VENDREDI 13 – CHAP. 7 : UN NOUVEAU DÉFI / CHAP. 8 : L’ULTIME RETOUR
Compositeur :
Fred Mollin
Durée : 58:03 | 16 pistes
Éditeur : BSX Records

 

1 Stars

Après sept années de bons et loyaux services qui ont contribué à faire de la musique de Friday The 13th un grand classique du genre au même titre que celle d’Halloween, Harry Manfredini, selon ses propres dires, ne peut pas signer le score de The New Blood (Un Nouveau Défi) pour cause d’incompatibilité d’agendas. N’est-ce pas également pour des raisons moins avouables officiellement, à savoir un grand ras-le-bol et un désir de partir vers de nouveaux horizons afin de se débarrasser un peu d’une image qui lui colle à la peau ? On ne le saura jamais vraiment… Qu’à cela ne tienne, la production décide de réemployer dans une bonne moitié du film les partitions des opus précédents, et de faire appel pour la seconde moitié à un nouveau venu : Fred Mollin.

 

Qui aujourd’hui, hormis les fans de Jason Vorhees et de séries B horrifiques, connaît le nom de Fred Mollin ? Et pourtant, le bonhomme a une solide carrière derrière lui en tant que producteur dans des maisons de disques qui lui ont permis de se constituer un CV ainsi qu’un carnet d’adresses impressionnants. Dans les années 80, il se consacre à l’horreur au cinéma et à la télévision et c’est sa participation à la série télévisée Friday The 13th, produite par la Paramount en parallèle des films à partir de 1987, qui lui vaut de composer les scores de The New Blood et de Jason Takes Manhattan (L’Ultime Retour). Bien que dans le premier des deux sa musique soit encore apparentée à celle de Manfredini, on discerne tout de suite la différence.

 

Si ce dernier avait su mêler habilement orchestre traditionnel – ces attaques de cordes diaboliques, quel régal ! – et musique électronique pour un résultat mémorable et surtout digne d’être écouté en dehors des images, ce n’est pas le cas de Fred Mollin qui livre avec les opus VII et VIII des scores synthétiques dans la plus pure tradition des années 80, à savoir très cheap, épouvantablement kitsch et pesants, pleins de sonorités glaciales vrillant les oreilles… En un mot : insupportables. Le choix d’éditer ces deux BO paraît donc un peu étrange : n’aurait-il pas mieux valu exhumer des travaux plus intéressants ? L’album signé BSX Records – label très estimable par ailleurs – n’attirera sans doute pas grand monde… La preuve : paru en 2005 à hauteur de 1000 exemplaires, il n’est toujours pas épuisé !

 

Le compositeur propose pourtant dans The New Blood un thème principal marquant associé à Tina, l’héroïne du film : voix féminine samplée, piano et violons synthétiques (aaarrgh…), sonorités cristallines ressemblant à du triangle ou à des clochettes, le tout censé évoquer la pureté et la fragilité de la jeune femme, dont les pouvoirs viendront à bout – temporairement – du monstre de Crystal Lake. En dehors des quelques réapparitions de ce thème, parfois ponctuées de coups de cloches et de chœurs masculins sépulcraux, ce ne sont que longues plages atmosphériques et menaçantes saturées de grondements et de grésillements désagréables, de percussions tonitruantes et de fréquentes dissonances synthétiques. Certes, l’ensemble est approprié aux images mais tend également à en renforcer la lourdeur sans toutefois parvenir à effrayer le spectateur. Le constat est identique dans Jason Takes Manhattan : à l’instar de Jason massacrant des jeunes gens à tour de bras, Mollin agresse et irrite nos oreilles avec un certain brio mais ne retrouve jamais l’art de Manfredini qui consistait à créer une ambiance vraiment malsaine et à susciter une réelle angoisse. Dommage… d’autant plus que la musique la plus sympathique du film, à savoir la chanson inaugurale de Peter Fredette (Darkest Side Of Night), n’est pas présente sur l’album !

 

Jason, fatigué, fait une pause bien méritée

Gregory Bouak

Gregory Bouak

Contributeur (2010-2012)
Toujours un peu décalé, Grégory écoute de la musique classique à l’âge où les autres écoutent du rock, de la variété, ou rien, ce qui fait qu’à quinze ans, il pense avoir fait le tour de la question et se retrouve tout démuni. Il aime aussi depuis longtemps le cinéma et surtout les Star Wars, les Batman, les James Bond, dont il goûte les musiques avant tout parce qu’elles lui rappellent les films. Un jour, en voyant Stargate, il découvre que les musiques de films peuvent être d’une grande richesse et s’apprécier pour elles-mêmes en écoute isolée, se présentant comme les dignes héritières de son genre de prédilection, la grande musique symphonique telle qu’elle a atteint son apogée à la fin du XIXe siècle. C’est le début d’une longue et belle amitié qui n’a jamais connu de rupture. A partir de 2000, il se met à écrire des articles et des critiques de musique de film pour le site internet TraxZone, puis pour LeFantastique.net et Khimaira Magazine, tous deux spécialisés dans le fantastique, la fantasy et la science-fiction. En parallèle, il publie des articles dans la version papier de Khimaira. En 2006, il crée Horreurs et Merveilles, un blog puis un site consacré aux musiques des films de l’imaginaire. En 2010, suite à un bug irrémédiable d’Horreurs et Merveilles, dont il soupçonne secrètement les membres d’UnderScores d’être les instigateurs afin de l’inciter à rejoindre leur équipe, il accepte avec joie de contribuer au nouveau magazine de référence de la musique de film en langue française, afin de continuer à promouvoir sa passion.
Gregory Bouak