The Collector (Maurice Jarre)

L'Homme qui aimait les Femmes

Disques • Publié le 10/04/2019 par

The CollectorTHE COLLECTOR (1965)
L’OBSÉDÉ
Compositeur :
Maurice Jarre
Durée : 34:04 | 10 pistes
Éditeur : Mainstream Records

 

4.5 Stars

 

Un drame psychologique de William Wyler, d’après John Fowles, avec Terence Stamp (idéal) et Samantha Eggar (remarquable) qui présente le portrait inattendu d’un psychopathe sexuel. Un homme enlève une jeune fille et la séquestre dans l’espoir de se faire aimer d’elle. Le film, brillamment interprété et photographié, est certainement le plus étonnant de la carrière de son réalisateur, doublement oscarisé pour The Best Years Of Our Lives (Les Plus Belles Années de notre Vie) en 1946 et Ben-Hur en 1959. Le thème principal est une valse lente évoluant de manière obsessionnelle sur des orchestrations pastorales qui créent un effet de décalage. L’originalité du concept musical consiste à refuser les conventions de la musique du thriller psychologique et de lui préférer le point de vue perverti du personnage central. Le score, poétique et sensuel, repose sur cette mélodie inoubliable, irradiante, habilement utilisée en contrepoint du suspense pour soutenir l’émotion qu’il recèle : chaque geste, chaque acte de la victime pour se libérer la condamne un peu plus. Avec sa ligne mélodique ondoyante et ses orchestrations d’une splendeur hallucinée, Jarre ouvre un paysage sombre, à la matière dense, qui est une manifestation spirituelle de l’essence même de la mélancolie. L’effet est obtenu sans le moindre artifice, avec simplement la ressource d’un timbre bouleversant et d’un chant à fleur d’âme, à la charge émotionnelle inouïe. Chaque note, chaque inflexion, comme organiquement liée au questionnement murmuré par le personnage de Miranda, atteint une dimension d’éternité. Plus qu’un disque, une fantasmagorie chatoyante aux orchestrations baroques qui mettent en valeur une ouverture à un indicible au-delà.

 

Terence Stamp dans The Collector