Hook (John Williams)

Hook ou la quintessence musicale

Disques • Publié le 27/02/2014 par

HookHOOK (1991)
HOOK OU LA REVANCHE DU CAPITAINE CROCHET
Compositeur :
John Williams
Durée : 139:21 | 37 pistes
Éditeur : La-La Land Records

 

5 Stars

Si il est plus que probable que E.T. The Extra-Terrestrial (E.T. l’Extra-Terrestre) restera comme l’œuvre la plus emblématique de la collaboration Spielberg / Williams, c’est une autre partition évoquant également l’enfance et le merveilleux, celle de Hook, qui demandera au compositeur près de dix ans de travail. Dès 1982, Spielberg annonce ce qui s’apprête alors à être son prochain film à travers l’une des scènes familiales d’E.T.

 

Dialogue entre Mary et Gertie, lisant toutes deux Peter Pan :

Mary : Clochette croit qu’elle ira mieux à nouveau si tous les enfants croient aux contes de fées. Tu crois aux contes de fées ? Tu dois dire que tu y crois.

Gertie : J’y crois, j’y crois, j’y crois.

Mary : Si tu y crois, tape dans tes mains (…)

Envisagée dès la fin du tournage d’E.T., l’adaptation de Peter Pan passe par un temps par les studios Disney, puis figurera même au planning des sorties de la Paramount pour l’année 1985, Spielberg ayant enfin acquis les droits de l’œuvre. Le réalisateur pense adapter sous forme de comédie musicale le célèbre conte de J.M. Barrie qu’enfant sa mère lui lisait. Dès ses onze ans, Spielberg monte d’ailleurs la pièce pour la fête de son lycée. La scène d’ouverture de Hook, un spectacle scolaire avec chant, y fait d’ailleurs écho (1).

 

Mais la naissance de Max, son premier enfant, bouleverse Spielberg qui perd l’envie de mettre l’histoire en images, comme si lui, le « Wonder Boy » d’Hollywood, n’était plus capable d’être Peter Pan, comme si devenir père le faisait renoncer à sa part d’enfance. L’idée ne le quitte pourtant pas complètement. Sur le tournage de Empire Of The Sun (L’Empire du Soleil) en 1987, il parle du rôle au jeune prodige Christian Bale, pressenti pour incarner Pan (la rumeur du choix de Michael Jackson pour le rôle n’était fondée que sur les fantasmes incongrus du chanteur). Mais le projet n’aboutit toujours pas. Paradoxalement, c’est au contact de ses enfants que l’envie de revisiter Peter Pan reprend Spielberg quelques années plus tard, en découvrant le scénario de Hook, écrit par James V. Hart (qui signera ensuite le Dracula de Coppola ou encore Contact de Robert Zemeckis). Bien que le script soit révisé peu avant le tournage, notamment au niveau des dialogues, par Carrie Fisher (en effet, la Princesse Leia est entretemps devenue une script-doctor réputée) et le célèbre psychologue John Bradshaw, le film conserve l’originalité d’approche du script de Hart, qui le peaufine depuis 1982.

 

Peter Banning (Robin Williams)

 

Présenté comme une suite du classique de Barrie, Hook se déroule des années après le récit initial. Peter Banning (Robin Williams), businessman affairé, néglige sa femme Moira et ses enfants au profit d’une brillante carrière d’avocat d’affaires. Refoulant sa propre enfance, Banning est Peter Pan : il a simplement grandi et oublié. Dès son retour à Londres chez grand-mère Wendy, qui l’a élevé, Banning va être contraint par le capitaine Crochet (Dustin Hoffman) de se souvenir de qui il est pour sauver ses deux enfants enlevés par le cruel pirate et retourner au Pays Imaginaire, Neverland…

 

Tout naturellement, la mise en musique de Hook revient au fidèle John Williams. Le compositeur voit ainsi aboutir ce projet qui lui tient à cœur depuis une décennie. Il faut dire que dès 1982, lorsque Spielberg évoque la possibilité d’adapter Peter Pan et d’en faire une comédie musicale, Williams s’attèle immédiatement à la tâche, et engage pour l’occasion le parolier Leslie Bricusse. (2) Ces deux amis de longue date ont collaboré notamment sur la comédie musicale Goodbye Mr Chips en 1969 puis sur Superman: The Movie (Superman : le Film) en 1978 et Home Alone (Maman, j’ai Raté l’Avion) en 1990. De leur collaboration naissent neuf chansons écrites par Bricusse sur des musiques de Williams (3). Mais au milieu des années 80, lorsque Spielberg fait un pas en arrière, le projet comme les chansons sont mises au rancart. Atteint à son tour par la fièvre Peter Pan, Williams se plonge dans l’œuvre de Barrie, qu’il relit au moins une fois par an. Il s’empare littéralement de cet univers et, malgré les vicissitudes du projet, continue d’écrire son propre score, en peaufine les différentes strates, les détails d’orchestration, les contrepoints, et ce bien qu’aucun support, scénaristique ou filmique, n‘existe. C’est à partir de la thématique des chansons que Williams articule toute une partition autour du récit de Barrie. Il compose même de nouveaux thèmes pour les personnages qui n’en avaient pas dans le projet initial de comédie musicale.

 

Lorsque l’éventualité d’une adaptation ressurgit soudainement en 1991, Spielberg pense d’abord pouvoir ressusciter les chansons composées par Williams et Bricusse. Le réalisateur avouera des années plus tard avoir tourné deux scènes chantées. Lorsqu’il voit les rushes, c’est nul autre que Williams qui convainc le réalisateur que ces scènes ne fonctionnent pas. Très confiant dans l’avis du musicien, Spielberg enterre définitivement l’idée d’un film musical (4), même si deux des neuf chansons initiales finiront tout de même dans le film : When You’re Alone et We Don’t Wanna Grow Up. Williams exhume alors tout le matériel qu’il a accumulé pour le projet Peter Pan : c’est le reflet d’une décennie de sa vie de compositeur. Avec Spielberg, il choisit les éléments qu’il peut reprendre et s’attèle à la création de la musique selon la nouvelle histoire. Parce qu’il s’appuie les mélodies de certaines des chansons, la majorité de la thématique du score conserve un caractère très chantant. La partition de Hook offre un rarissime éventail thématique puisqu’on peut dénombrer une quinzaine de thèmes et motifs, un record même pour John Williams. Certains, totalement inédits, figurent pour la première fois dans le double CD édité en 2012 par La-La Land Records (5).

 

Clochette / Tinkerbell (Julia Roberts)

 

Le thème de la fée Clochette ouvre le film avec une interprétation dépouillée, interprétée par le seul piano. Un choix assez logique d’exposer en premier ce thème, car c’est par l’intermédiaire de Clochette, sorte de passeur entre le monde réel et le Pays Imaginaire, que Peter va pouvoir se souvenir de celui qu’il a été, réaliser qui il est et devenir celui qu’il veut vraiment être. La thématique initiale liée au personnage de Clochette est entièrement revue. Williams désire contrecarrer la stature de Julia Roberts, qu’il trouve physiquement très imposante, avec une thématique portée par des mouvements très légers, donnant la priorité aux bois et aux cordes. Il occulte les cuivres pour donner quelque chose d’élégant et de svelte. We Don’t Wanna Grow Up est l’une des trois chansons rescapées du projet Peter Pan à figurer dans Hook. La mélodie ne reviendra pas dans le score, passée son exposition dans la scène d’ouverture du film. Un autre thème ne fait qu’une apparition, celui de Banning Back Home, morceau de jazz avec lequel Williams fait à l’évidence un clin d’œil à la musique de Dave Grusin (6). A noter que ce morceau figure en deux versions dans l’édition La-La Land, celle de l’album d’origine et celle du film, avec son intermède aux percussions.

 

On découvre ensuite l’un des thèmes majeurs du score, qui évoque l’enfance extraordinaire de Peter Pan et, au-delà, la nostalgie que grand-mère Wendy ressent à propos de sa propre jeunesse. Ce thème repose sur la mélodie de la chanson Childhood co-composée par Williams et Bricusse, qui était interprétée dans sa version d’origine par Julie Andrews mais dont l’enregistrement reste hélas inédit (7). Ce thème est constitué de deux notes, répétées deux fois, complétées ensuite par une courte phrase de cinq notes. Williams introduit ce thème, avec la flûte, pour la première fois lorsque Peter et sa famille sont accueillis par Wendy dans sa demeure londonienne, alors qu’elle descend l’escalier. Ce thème a la particularité de savoir se faire doux et un peu triste (Granny Wendy), mais il sait aussi souligner toute la vigueur de la jeunesse lorsque l’orchestre l’interprète avec panache. Childhood représente incontestablement l’une des plus lyriques et des plus émouvantes mélodies jamais composées par Williams. Si Wendy ne possède pas de thème propre distinct de celui de Childhood, son personnage est souvent associé à de très douces notes de célesta, accompagnées de la harpe et de cordes délicates, comme dans A Portrait Of Wendy.

 

Un second thème majeur est associé à Peter. Poignant, il est construit à partir d’une autre mélodie de chanson non-utilisée, Believe. C’est un thème chaleureux, constitué d’une phrase de sept notes suivi d’une seconde phrase de dix notes. Ce thème assez peu utilisé s’avère être très proche de celui composé l’année précédente pour la famille McCallister dans Home Alone. Williams l’utilise lorsque Peter se souvient de son passé et des émotions simples qui y sont rattachées. Par exemple, lorsqu’arrivé dans le repère des Garçons Perdus, après avoir été secouru par les sirènes, Peter embrasse d’un seul regard tout le Pays Imaginaire. Plus tard, l’une de ses plus émouvantes apparitions intervient dans Remembering Childhood, juste avant l’apparition de Childhood, au piano. Et on le retrouve dans l’Exit Music, qui devait faire partie à l’origine du générique de fin du film. En un peu plus d’une minute, Williams offre la plus belle présentation de ce thème, notamment grâce à l’utilisation du violoncelle. Quand aux scènes de déplacements aériens de Peter, elles sont accompagnées d’un thème virevoltant, exposé dans la seconde partie de Prologue et qui devient l’un des thèmes récurrents du score dès The Flight To Neverland. Par extension, ce thème est également celui du Pays imaginaire.

 

Crochet / Hook (Dustin Hoffmann) et Mouche / Smee (Bob Hoskins)

 

Crochet se voit attribuer un double thème. Le premier est apparu dès la seconde bande-annonce du film. En effet, alors que la première utilisait astucieusement comme musique temporaire The Witches Of Eastwick (Les Sorcières d’Eastwick), la seconde bénéficie d’une musique originale de Williams, improprement nommée Prologue. En une minute trente, Williams introduit deux thèmes majeurs du score : outre celui associé aux séquences d’envol entendu dans la seconde partie, Williams y expose d’abord une formidable fanfare à la Korngold, évoquant sans mal la piraterie. Le Capitaine Crochet est ainsi immédiatement associé à la flibusterie, et son équipage y sera d’ailleurs assimilé, notamment à l’arrivée de Peter dans le repaire des pirates et bien sûr lors de la bataille finale. Mais parce que le jeu de Dustin Hoffman en fait un personnage plus sournois que méchant, Williams lui associe aussi une marche malicieuse, très malléable, dont la phrase principale comporte neuf notes. Dans le film, le thème apparaît lorsque Banning vient refermer la fenêtre dans la chambre des enfants. Ce thème est largement développé dans Hook-Napped (qui compile les deux thèmes de Crochet) et dans Smee’s Plan, ou Williams l’associe à Monsieur Mouche.

 

Les pirates bénéficient par ailleurs de leur propre thème, construit sur Low Below, une autre chanson abandonnée. L’une des meilleures occurrences de ce thème des pirates a lieu au début du film, dans Wendy Tells Peter The Truth, lorsqu’un chœur de pirates psalmodie la mélodie reposant sur douze notes. Ce traitement du thème n’est pas sans rappeler les voix lugubres de The Emperor dans Return Of The Jedi (Le Retour du Jedi). Plus tard, un développement orchestral de Low Below apparaît à la fin de Smee’s Plan. Autre chanson rescapée, la mélodie de When You’re Alone n’est pas seulement associée à l’optimisme de Maggie, la fille aînée de Peter qui l’interprète. Elle constitue un autre thème majeur, souvent repris tout du long du score, pour souligner les liens familiaux. On l’entend pour la première fois alors que Banning confie sa montre à son fils (The Watch).

 

Après sa première altercation avec le Capitaine Crochet, Peter rencontre brièvement les sirènes du Pays imaginaire pour lesquelles Williams associe des voix féminines éthérées à de doux tintements (8). Peu après, Peter rencontre les Garçons Perdus pour lesquels Williams propose plusieurs thèmes : Lost Boy Chase, scherzo de huit notes évoluant autour d’un motif de sept notes, qui reviendra dans The Ultimate War et au début de Farewell Neverland, et le thème du banquet (The Banquet et The Never-Feast) qui repose sur une formidable marche, pleine d’entrain, qui souligne l’insouciance des Garçons Perdus. Williams compose également un motif pour Rufio, le chef des Garçons Perdus, motif qui rappelle le son produit par une locomotive, soulignant l’adresse de Rufio au skate-board. Ce thème fut coupé car son développement ne cadrait plus avec la scène où il devait apparaître. La plupart des scènes du milieu de Hook ont en effet été amputées ou entièrement retournées (9). From Mermaids To Lost Boys contient cependant le motif de Rufio.

 

Peter Pan (Robin Williams) et les Garçons Perdus

 

La troisième chanson du film, Pick’Em Up!, accompagne l’entraînement intensif au vol de Banning pour redevenir Pan. Outre sa faible musicalité, ses orchestrations simples et ses onomatopées expliquent sans doute le choix de ne pas l’avoir incluse dans la réédition. Toutefois, cette ornementation musicale se retrouve en partie dans Pan Is Challenged, qui ramène vers sa fin l’orchestre symphonique. Parmi les autres motifs, on retiendra le lyrique You Are The Pan, les merveilleuses voix féminines accompagnant le retour des enfants dans leur lit dans Farewell Neverland et la musique de la scène d’adieu entre Clochette et Peter. Signalons enfin le motif du temps, pour lequel Williams a recours à toutes sortes de carillons, au xylophone et à des percussions évoquant admirablement les pendules et autre mécanismes chronométriques qui font tant horreur au chef pirate et qui participent à sa perte, la Capitaine basculant sur l’horloge du saurien avant que le crocodile ne l’engloutisse définitivement dans une ultime reprise solennelle du thème de Crochet.

 

L’ivresse provoquée par cette profusion de thèmes et motifs ne doit pas occulter l’extraordinaire science du compositeur pour les placer au bon moment, les varier, les associer puis les ajuster à l’image, pour le plus grand émerveillement des spectateurs. Rarement dans sa carrière, le compositeur n’aura eu la possibilité de mêler aussi spectaculairement ses thèmes, mobilisant parfois quelques bribes de l’un avec un autre. La séquence de la caverne, dans laquelle Peter se remémore sa petite enfance, son sauvetage par Clochette puis ses aventures avec Wendy laissent pantois quant au degré de maîtrise musicale et d’exactitude dans le rapport à l’image. Dès que Banning entre dans la caverne, Williams cite d’abord le thème de Clochette, avant qu’on ne la voie, puisque la petite fée apparaît ensuite, revêtue de sa plus belle robe. En explorant la caverne tout en discutant avec Clochette, les souvenirs de l’enfance rejaillissent enfin, après une belle exposition du thème de Peter, Childhood est délicatement développé, soulignant les émotions simples de l’enfance. Lorsque Peter comprend enfin ce qu’est sa pensée heureuse, Williams cite alors la mélodie de When You’re Alone, car ce sont ses enfants qui nourrissent cette pensée. Si Banning est entré dans la caverne, c’est Pan qui en sort : le Pays imaginaire a retrouvé sa divinité primitive, qui achève sa résurrection par un ballet aérien pleinement maîtrisé au milieu des Garçons Perdus émerveillés (citations des mélodies de Believe et de Childhood). Dans le morceau suivant, You Are The Pan, des chœurs célestes célèbrent d’ailleurs le retour de Pan tandis que les enfants se regroupent autour de lui. Pour la présentation de ce passage, Williams a choisi de reprendre le montage de l’album d’origine, qui associe The Face Of Pan, un motif lyrique qui intervient bien plus tôt dans le film, après le banquet avec les Garçons Perdus.

 

The Ultimate War

 

The Ultimate War, énorme séquence couverte de musique, est enfin présentée ici dans son intégralité, merveilleusement séquencée en trois longues pistes. Pendant 18 minutes d’une richesse inouïe, Williams dépasse le processus habituel du scoring. Avec tout le matériel thématique composé pour le sujet, Williams profite du temps imparti pour développer sa musique comme un véritable ballet, aux combats à l’épée très gracieux et évoquant la danse. Cette longue séquence lui permet en effet d’exposer sa plénitude thématique et de prendre le temps d’enchaîner les développements, notamment dans les marches qui laissent les bois s’exprimer d’une manière ironique et qui confèrent aux cuivres un aspect comique, pour ne pas dire pompeux voire grotesque. Après que Crochet ait été vaincu, et que Maggie et Jack aient rejoint leur lit, Peter reprend conscience au pied de la statue de Pan qui orne Kensington Garden à Londres. C’est la scène d’adieu entre Peter et Clochette, très intimiste, et pour laquelle Williams a recours aux flûtes, parce que la statue de Pan en joue, bien sûr, mais aussi parce qu’avec les flûtes, Williams peut travailler sur la texture, émouvoir et faire sourire en même temps. Clochette repart au Pays imaginaire et Peter s’en va retrouver sa famille.

 

Dès sa sortie, et aujourd’hui encore, le film de Spielberg est vertement critiqué. La génération qui a grandi avec le cinéma de Spielberg s’est entichée d’E.T. et a vibré chaque fois que claquait le fouet du plus célèbre des archéologues. Ce public, venu chercher un grand film d’aventure, héroïque et spectaculaire, ne comprend pas le propos principal du film, fortement handicapé par une direction artistique trop chargée. Déjà, avec Empire Of The Sun, Spielberg avait emprunté un autre chemin. Il entre ici pleinement dans un nouvel âge : son Hook, plus qu’un film sur l’enfance, est un film sur la paternité. En se remémorant son enfance, Spielberg / Banning finit par se reconnaître et s’accepter. Et cette acceptation lui permet enfin d’endosser son rôle de père qu’il fuyait jusque-là. Banning, entouré de sa femme et de ses enfants, a d’ailleurs cette réplique finale :

Grand-mère Wendy : Voilà, tes aventures sont terminées.

Peter Banning : Oh non, vivre… Vivre va être une bien plus grande aventure !

Au-delà des débats qui entourent encore aujourd’hui le film et sa portée dans l’univers spielbergien, la musique de John Williams est un des aspects qui aura le moins souffert des critiques, bien qu’elle ait pu paraître à certains outrancière ou trop chargée. C’est avec le temps et l’évolution de l’œuvre du compositeur que le score de Hook a achevé d’acquérir son statut amplement mérité de chef-d’œuvre, tant par sa richesse thématique longuement mûrie que parce qu’il évoque merveilleusement tous les aspects de son sujet.

 

Smee, Hook et Peter Pan

 

(1) « Je me suis toujours senti comme Peter Pan… Ça a vraiment été très dur pour moi de grandir… Je suis victime du syndrome Peter Pan. » (Steven Spielberg dans une interview parue dans Time Magazine en 1985).

(2) Bricusse est par ailleurs le co-auteur des musiques et chansons d’un musical inspiré de Peter Pan, avec Mia Farrow dans le rôle de Pan. Diffusé une seul fois à la télévision anglaise et deux fois à la télévision américaine en 1976, cet ancien programme n’a rien à voir avec les musiques de Williams pour Hook.

(3) Pour diverses raisons, liées notamment à l’implication de Williams et de Spielberg quant au contenu du double CD, les bandes de ces chansons toujours détenues par Bricusse restent inédites.

(4) Entretien avec Steven Spielberg paru sur le site Cinescape en 2002 : « J’avais neuf chansons. J’en ai mises en boîte deux et les ai coupées à la demande de John, qui les a vu montées et a été celui qui a dit « Ce n’est pas le bon calibre pour une comédie musicale. » Alors nous avons abandonné neuf mois de travail et je m’en suis tenu à raconter l‘histoire du Capitaine Hook ».

(5) On ne peut toutefois pas parler d’intégrale, car Williams a souhaité voir modifié en plusieurs endroits le contenu du programme, en conservant des pistes de l’album original par exemple. Et à l’oreille, bien qu’honorable, la source musicale de la séquence de The Ultimate War est inférieure à celle du reste de l’album, sans que l’on sache pourquoi.

(6) Un réenregistrement de Childhood interprété par Demi Fragale existe, disponible sur Youtube.

(7) Dave Grusin – Mountain Dance (1980).

(8) Williams semble ici se référer à l’impressionnisme français, notamment Debussy.

(9) Selon John Takis, universitaire et grand connaisseur de Hook, dans l’émission de radio Movie Magic du 24/03/12.

 

 

Bibliographie


  • An Awfully Big Adventure: The Music Of Hook par John Takis, in Film Score Monthly Volume 7, Issue 3 (2000).
  • Entretien avec John Williams par Didier Leprêtre, in Dreams Magazine n°16 (1999).

 

Steven Spielberg dirige Robin Williams sur le tournage de Hook

Olivier Soude

Olivier Soude

Contributeur (2008-2018)
Jamais la conscience du rôle de la musique pour l’écran n’aurait jailli si tôt sans les repiquages (avec les bruits ambiants de la pièce !) de génériques de dessins animés et de génériques de fin de (télé)films dès le début des années 80. A force d’écouter en boucle, forcément, l’intérêt grandit. En 1984, quand sort Indiana Jones And The Temple Of Doom, c’est le choc musical! La K7 de la bande originale du film constitue la toute première pièce de sa collection. Ceci explique sans doute pourquoi pour lui, aujourd’hui encore, l’œuvre de John Williams reste inégalée. Au début des années 90, à la faculté d’Amiens, sa rencontre avec d’autres mordus de béos enracine définitivement sa passion et sa curiosité pour cet art particulier. En 1996, au Barbican Center de Londres, après un concert, il échange quelques mots avec John Williams. Peu de temps avant de débuter la carrière d’enseignant à laquelle il se destine, en 1998, il commence à participer au fanzine Dreams To Dreams. Il s’entretient alors avec certains des compositeurs anglo-saxons qui le fascinent. Sa rencontre à Lunéville en 1999 avec Michael Kamen restera le point culminant des années passées en tant que rédacteur de Dreams Magazine.
Olivier Soude