Dexter (Season 6) (Daniel Licht & Rolfe Kent)

L’apocalypse selon Dexter

Disques • Publié le 19/11/2012 par

Dexter (Season 6)DEXTER (SEASON 6) (2011)
DEXTER
Compositeurs :
Daniel Licht & Rolfe Kent
Durée : 77:28 | 23 pistes
Éditeur : Milan Music

 

3.5 Stars

«Tonight’s the night» Dexter, la série qui vous fait aimer bien malgré vous les tueurs psychopathes (du moins celui-là), se poursuit pour une sixième saison et voit son héros déviant confronté à d’autres tueurs encore plus cinglés que lui. Ces nouveaux ennemis sont très pieux – pieux à lier dirait-on – et Dexter Morgan sera amené à fréquenter un repenti également croyant, ces rencontres l’amenant à s’interroger sur son rapport à Dieu. Mais cet homme-là est loin d’être un ange…

 

La série bénéficie d’une signature musicale très forte, à commencer par le thème écrit et interprété par Rolfe Kent (le générique reste d’ailleurs inchangé depuis 2006). Révélateur des ambiguïtés du rat de laboratoire, notamment par l’utilisation d’instruments qui évoquent plus les marécages du bayou que la cité de Miami, il s’en dégage une chaleur moite et malsaine, non sans quelque malice. Daniel Licht, qui signe les scores de la série depuis le début, est garant du contenu dramatique au sein des épisodes et y apporte quand c’est nécessaire une touche nettement plus noire par le biais de plusieurs thèmes abordant les différentes facettes du personnage. A commencer par le célèbre Blood Theme relatif au Dark Passenger / Passager Noir de Dexter, qui trouve un développement intéressant dans Blood Theme Variations : le piano et le violoncelle, très graves, soutiennent une mélodie aux cordes aigües et insidieuses. «Tonight’s the night» Le prédateur nocturne voit son thème décliné sur un rythme pop avec des réminiscences de voix féminines, l’atmosphère générale s’imprégnant de la noirceur émanant de cette entité qui pousse au meurtre.

 

Dexter

 

Par l’emploi des cordes et des chœurs féminins, Angels And Demons amène une dimension sacrée avant de devenir joueuse et macabre avec les clochettes, les cordes pincées et les touches de clavecin, pour enfin plonger dans des ténèbres où les cordes sont étirées et louvoyantes. Entre Coral Island / The Whore Of Babylon, qui passe des trois notes au piano pour la version enjouée du thème du Passager Noir – un «chasseur de jour» en somme – à un tableau apocalyptique aux sonorités païennes, et d’autres moments comme Can’t Be Saved où une embardée de percussions débouche sur une scène non moins inquiétante, les changements de ton baladent l’auditeur d’une vision cauchemardesque à une autre mais ne perturbent pas Dexter outre mesure. Même après les violents coups d’éclats qui semblent annoncer le Jugement Dernier dans Booby Trap, il trouvera dans l’histoire un certain réconfort avec le thème de la Mort dans Floating, ou une occasion d’expérimenter la foi parmi les chœurs de Baptized By Sam

 

Après un suspense effrayant, le climax Travis To Church conclue les expériences de Dexter par les trois notes du thème du Passager Noir, de manière aussi soudaine qu’inattendue. Dexter Morgan, cet homme aux émotions inhibées, a vu jusqu’ici un tas d’horreurs (et en a provoquées quelques-unes) sans que rien ne le touche vraiment. Daniel Licht est en quelque sorte le rapporteur de cet état de fait : le score, après avoir nourri de multiples suspenses et péripéties, sous-entend enfin par les dernières notes suspendues que la vie de Dexter va peut-être changer.

 

Dexter

Sebastien Faelens

Sebastien Faelens

Rédacteur
Cinéphile depuis sa plus tendre enfance, ce n’est qu’à ses dix-huit ans que Sébastien commence réellement à écouter la musique de film en dehors de son support. Effectivement, il s'écoulera de nombreuses années d’errements dans les vidéo-clubs de Beauvais à la recherche de films bien trop violents pour son âge, avant sa rencontre pendant ses études avec Vivien Lejeune, qui deviendra rapidement un ami et un premier guide passionné dans l’univers de la B.O. Puis c’est l’escalade : la rencontre avec Olivier Soudé, puis la participation aux magazines Dreams to Dreams et Cinéfonia finiront de rendre le jeune métalleux complètement accroc aux trames sonores, ce qui a longtemps conforté ses parents dans l’idée qu’il avait probablement des fréquentations peu recommandables malgré son apparente tranquillité. Mais le célèbre magazine périclite en 2006 et c’est après trois ans d’une retraite bien méritée qu’il reprend du service comme rédacteur puis secrétaire de rédaction d’UnderScores : les années ont passé mais la passion est restée intacte !
Sebastien Faelens