Yor, The Hunter From The Future (John Scott / G. & M. De Angelis)

Les Zinzins de l'Espace

La décade prodigieuse • Publié le 15/03/2019 par

Yor, The Hunter From The FutureYOR, THE HUNTER FROM THE FUTURE / IL MONDO DI YOR (1983)
YOR, LE CHASSEUR DU FUTUR
Compositeurs :
John Scott / Guido & Maurizio De Angelis
Durée : 72:24 | 29 pistes
Éditeur : BSX Records

 

4 Stars

 

Des Conan emmitouflant de peaux de léopard lustrées des bellâtres tout sourire et des sirènes effarouchées, il y en eut foule. Des Star Wars s’évertuant à travestir quelques lambeaux de polystyrène en formidables vaisseaux spatiaux, on les vit faire florès. Mais le merveilleux Yor demeure seul dans sa catégorie, qui préside, avec une inconscience digne de flatteries, à la fusion de deux genres qu’un gouffre séparait a priori. Le résultat, situé qui plus est dans les décombres fumants d’une Cinecittà malade de son propre opportunisme, dépasse l’entendement. Comment diable John Scott s’y fourvoya-t-il ? Un an avant son magnum opus Greystoke, il donnait libre cours à tout son bagout « elgarien » en une tentative désespérée de sauver des eaux l’aberration futuristico-tertiaire. Les producteurs ne raffolèrent guère de ce suprême dévouement, qu’ils jugeaient, non sans quelque perverse raison, en porte-à-faux avec les imbitables pitreries déferlant à l’écran. Exit Scott, à l’exception d’une poignée de morceaux survivants, et place à la redoutable fratrie De Angelis, zélée à poisser le film de trémulations disco instantanément ringardes. Au milieu du carnage, semblable à du Tangerine Dream perclus de coliques, émerge néanmoins fièrement le tube Yor’s World, que les connaisseurs dotés d’un palais robuste aiment à brailler à tue-tête sous la douche. « C’est souverain contre les idées noires », avouent-ils, l’air pas même coupable.

  Yor, le seul barbare capable de se battre en apnée hors de l'eau

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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