Flesh For Frankenstein / Blood For Dracula (Claudio Gizzi)

Créatures Féroces

La décade prodigieuse • Publié le 04/02/2019 par

Flesh For FrankensteinFLESH FOR FRANKENSTEIN / BLOOD FOR DRACULA (1973 / 1974)
CHAIR POUR FRANKENSTEIN / DU SANG POUR DRACULA
Compositeur :
Claudio Gizzi
Durée : 120:13 | 65 pistes
Éditeur : DigitMovies (2011)

 

4 Stars

 

Avec tant de roublardise désinvolte pour donner l’impulsion première, c’eût été douce utopie que de s’attendre à autre chose qu’une paire de films scrofuleux. Si le nom d’Andy Warhol provoqua autour du projet moult frissons d’excitation, d’aucuns blêmirent tout de même à l’idée qu’il pût poser sa caméra sur un trépied pour filmer Dracula roupillant douze heures d’affilée dans son cercueil. Au lieu de quoi, c’est Paul Morrissey, acolyte inexpugnable du grand chambellan du pop’ art et réalisateur d’une trilogie violemment arty, qui partit officieusement à l’assaut de deux des plus fameuses rock stars du bestiaire fantastique. Il n’avait à leur encontre que des giclées de vitriol, cause d’un certain émoi chez Antonio Margheriti, valeur plus que sûre de Cinecittà qu’on avait dépêchée à tout hasard sur le tournage. Mémorable à l’image, ce choc des contraires fait long feu sous la baguette du rare Claudio Gizzi. A l’hallali vouée à désacraliser de Morrissey, il préfère sans ambages les beaux restes gothiques de Margheriti, qu’il niche dans le capiton de splendides mélodies : l’une, flamboyante jusqu’à l’excès pour le baron dément, l’autre, triste comme une aube livide pour le comte trahi par ses victimes à la cuisse légère. Entre ces deux beautés, le compositeur se fait classiquement grinçant à l’approche inéluctable du drame, puis violemment expressif, romantique même, lorsque le sang éclabousse les murs et les chairs nues de sa rouge poésie.

  Frankenstein et son assistant jouent au jeu des 7 erreurs

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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