When A Stranger Calls (Dana Kaproff)

Raccrochez, c'est une horreur

La décade prodigieuse • Publié le 14/01/2019 par

When A Stranger CallsWHEN A STRANGER CALLS (1979)
TERREUR SUR LA LIGNE
Compositeur :
Dana Kaproff
Durée : 46:13 | 17 pistes
Éditeur : Kritzerland

 

4 Stars

 

Le téléphone pleure… mais il susurre aussi des promesses de baisers livides et d’étreintes venimeuses. Avec le segment de I Tre Volti della Paura où Michèle Mercier transpire d’abondance en griffant le combiné, voici sans doute l’influence séminale de Scream et de ses coups de fil saturés de halètements rauques. Toutefois, si le hit foudroyant de Wes Craven propulsa du jour au lendemain un certain Marco Beltrami sur orbite, When A Stranger Calls fut bien loin d’apporter au débutant prometteur Dana Kaproff la même fortune. « Les voies du succès sont impénétrables », n’eut plus qu’à philosopher le compositeur qui, toute désillusion bue, s’achemina vers l’anonymat de la petite lucarne. On ne peut que rêver de la tournure qu’aurait prise sa carrière au cinéma, en arguant tout de même de quelques éloquentes pièces à conviction. Et au premier chef, le présent score, suffocante machine à suspense qui accable d’un souverain dédain les facilités besogneuses égrenées par tous les Père-la-frousse du milieu. Ici, la peur emprunte cent chemins de traverse, plus tortueux les uns que les autres, et les bouches (de l’héroïne au supplice, du spectateur, de l’auditeur) s’emplissent peu à peu d’un âcre goût de fer. Alors, Dana Kaproff, roi de l’angoisse ? Sur son front, parions que la très convoitée couronne eût sombrement étincelé de toutes ses pierreries.

 

When A Stranger Calls

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
  • The Vikings