Robinson Crusoe On Mars (Nathan Van Cleave)

Le promeneur du Champ de Mars

La décade prodigieuse • Publié le 04/01/2019 par

Robinson Crusoe On MarsROBINSON CRUSOE ON MARS (1964)
ROBINSON CRUSOË SUR MARS
Compositeur :
Nathan Van Cleave
Durée : 58:51 | 28 pistes
Éditeur : Film Score Monthly (2011)

 

4 Stars

 

En dépit du four cuisant qui sanctionna sa sortie dans les sublimes sixties, Robinson Crusoe On Mars ne se volatilisa jamais tout à fait des petites tablettes du cinéma. Le film du très capable Byron Haskin courut à nouveau sur les lèvres lorsque de fins observateurs réalisèrent, estomaqués, que Santo lui-même, foulant aux pieds ses vertueux principes, se rendait complice dans le rigolo Santo vs. la Invasion de los Marcianos d’un détournement d’affiche plutôt croquignolet. Plus près de nous, d’aucuns tressèrent des liens, fort légitimes par ailleurs, entre l’antique « robinsonnade » et The Martian, arguant de leur répugnance commune à se rouler dans une science-fiction flashy. La partition de Nathan Van Cleave (ou Van Cleave tout court pour les intimes), anti-spectaculaire malgré sa générosité de tous les instants, n’oppose aucun démenti. Oubliez les batailles spatiales qu’assourdissent des régiments de cuivres entre astronautes rescapés d’une pyjama party et Martiens caoutchouteux. Les pics supposés d’une aventure en plein dans les étoiles sont snobés avec superbe au profit des creux, ces temps injustement dit morts où un émerveillement terrible, gouttant du moindre pupitre de l’orchestre, a tout loisir de se lover. Van Cleave aurait voulu régler son compte à une décennie de soucoupes volantes kitsch, cracheuses de rayons de la mort et de thérémine crépitant, qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

 Robinson Crusoe On Mars

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse