Friday the 13th: Parts I-VI (Harry Manfredini)

Vendredi ou la vie (carrément) sauvage

La décade prodigieuse • Publié le 07/01/2019 par

Friday The 13th I-VI CoverFRIDAY THE 13TH: PARTS I-VI (1980-1986)
VENDREDI 13
Compositeur :
Harry Manfredini
Durée : 302:46 | 122 pistes
Éditeur : La-La Land Records (2012)

 

3 Stars

 

C’est l’histoire d’un mec… Admirable de pugnacité dans sa croisade contre les vapeurs opiacées et l’acte de chair commis avant le mariage, il pourfend au propre (surtout !) et au figuré les mœurs dissolues de la jeunesse américaine. Labeur titanesque s’il en est, qui cautionne amplement la longue lignée consanguine de ses exploits à l’écran ainsi qu’un bodycount demeuré, dans l’histoire craspec du slasher, sans aucun rival. Chacune des apparitions purificatrices du preux gaillard s’accompagne d’une singulière psalmodie, dont ses thuriféraires donnèrent vite une traduction phonétique qui restera fameuse pour l’éternité : « Ki… Ki… Ki… Ma… Ma… Ma…» Voici assurément la trouvaille majuscule de la carrière bien remplie, mais somme toute confidentielle, de Harry Manfredini. Grâce à elle, le compositeur, toujours d’attaque pour célébrer une énième résurrection du tueur au masque de hockey, fait bombance – et tant pis si le trop-plein gastrique menace au tournant ! Que Jason Voorhees s’avise de brandir sa machette ou tout autre instrument raisonnablement effilé, et son refrain chuchoté s’incruste aussitôt dans le réjouissant capharnaüm des synthés pilonnant et des cordes sciant. Il est donc plus que recommandé de parsemer l’écoute du coffret La-La Land de pauses salvatrices, meilleur moyen de conjurer une certaine monotonie à laquelle n’échappe que la mouture disco, plutôt gratinée, du thème de l’équarrisseur borné.

 

Jason a deux mots à te dire

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
  • The Vikings