Dead Poets Society (Maurice Jarre)

Esprits Rebelles

Disques • Publié le 19/06/2019 par

Dead Poets SocietyDEAD POETS SOCIETY (1989)
LE CERCLE DES POÈTES DISPARUS
Compositeur :
Maurice Jarre
Durée : 16:25 | 4 pistes
Éditeur : Varèse Sarabande

 

3.5 Stars

 

« C’est dans ses rêves que l’homme trouve la liberté. »

 

En 1959, dans un collège aux principes ultra-conservateurs, sept adolescents voient leur vie transformée par les enseignements anticonformistes de leur professeur de littérature. La fable, lyrique et mélancolique, est un récit dans l’esprit des Disparus de Saint-Agil. Le score, foncièrement atmosphérique, discret, mouvant et émouvant, est un hymne à la poésie et à la créativité – une manière d’élégance morale de l’expression des sentiments. Quelques notes cristallines égrenées sur un bruissement ouaté suffisent à créer une ambiance vaporeuse. Les timbres fruités coulent comme les méandres d’une rivière au bord de laquelle passent des triolets de cordes synthétiques et des gazouillis de trilles. La densité sonore très compacte de la partition, son côté volatil, lui donne un aspect océanique où plonger à corps perdu. Il y a dans ce climat des humeurs, des frémissements, un enthousiasme qui jamais ne s’abandonne à un sentimentalisme facile. C’est une méditation où la musique respire de l’intérieur.

 

Dead Poets Society

 

L’inoubliable scène finale – où les étudiants montent tour à tour debout sur leur table de classe, afin de signifier leur fierté d’être libres et d’honorer le professeur qui vient d’être licencié, sans attenter à leur liberté et sans que le spectateur lui-même ne sente la situation jouée d’avance – accompagnée d’une mélodie poignante (pour harpe celtique, quatre harpes et orchestre) où vibre un son de cornemuses, résonne comme une des plus bouleversantes rencontres avec l’espoir. Le problème de Jarre était d’écrire une pièce musicale qui entraîne les personnages et les amène à agir. Le résultat est une sorte de marche à caractère hymnique qui, dans les salles où les exploitants ont la déplorable habitude de diffuser le son trop fort quel que soit le genre de film, devient par le simple effet d’un niveau sonore excessif, un véritable rouleau compresseur. Cet exemple montre combien le rôle de la musique comme force d’entraînement soulève des problèmes nouveaux à l’ère du son Dolby (la musique comme élément et non comme moyen). L’Hymne à la Joie, extrait de la Neuvième Symphonie de Beethoven, est utilisée par le réalisateur dans la scène sportive pour créer une émotion analogue. La bande musicale dans son ensemble est un hymne à la liberté retrouvée dont l’exultation ne peut pas ne pas vous faire frissonner de tout votre être. Carpe diem.

 

Dead Poets Society