JAG (Bruce Broughton & Steve Bramson)

Top Guns

Disques • Publié le 22/05/2010 par

J*A*GJ*A*G – JUDGE ADVOCATE GENERAL (1995-2005)
J*A*G
Compositeurs :
Bruce Broughton & Steve Bramson
Durée : 62:58 | 28 pistes
Éditeur : Intrada

 

4 Stars

Lorsqu’il lance J*A*G en septembre 1995 sur NBC (la série sera récupérée par CBS l’année suivante), le producteur Donald P. Bellisario (Magnum P.I. [Magnum], Quantum Leap [Code Quantum], Airwolf [Supercopter], NCIS…) confie aux bons soins du vétéran Bruce Broughton la musique du pilote, intitulé A New Life. Les deux hommes avaient auparavant collaboré en 1988 sur le film Last Rites (Crimes de Sang). J*A*G raconte les aventures d’un ex-pilote d’avion dans l’incapacité de continuer à voler suite aux séquelles d’un crash et dont la carrière prend un tout autre tournant lorsqu’il est affecté au service du Juge Avocat Général. Accompagné par une avocate militaire, il parcourt le monde, enquêtant partout où des crimes impliquent des membres de l’US Navy…

 

Broughton composera pour le thème principal une marche militaire énergique et mémorable qui, fait plutôt rare, restera intacte, sans aucune variation, pendant les dix saisons que durera la série. Invariablement, le générique s’ouvre sur un ornement à la caisse claire et la mélodie dynamique et dramatique est entonnée par les trompettes et les cors. Avec ce thème, Broughton réussit l’exploit de graver une véritable signature musicale. La fanfare de J*A*G deviendra d’ailleurs vite très populaire (il suffit de voir sur les sites d’hébergement de vidéo ses nombreuses interprétations de par le monde) au point de toujours apparaître, sous de multiples variations, dans tous les scores des épisodes des dix saisons, y compris ce pilote, notamment le superbe Harm & Kate Arrive et un entraînant To Hell And Back, Sir fort de son développement sur six minutes.

 

J*A*G

 

Broughton donne ici le meilleur de son style martial : il trouve matière à composer de belles envolées pour les scènes aériennes, mais sait aussi instaurer des ambiances mystérieuses, liées à l’enquête et aux scènes de suspens, notamment en ayant recours aux basses jouées par les cuivres et les cordes. On notera aussi le recours à de discrets effets synthétiques.

 

Pour le reste de la série, Broughton décide de passer la main et oriente le producteur sur le choix de Steve Bramson, un compositeur habitué au petit écran qui fut également orchestrateur de Laurence Rosenthal, notamment sur Peter The Great (Pierre le Grand) et Anastasia. Broughton connaît Bramson depuis qu’il l’a engagé pour travailler pour la série télé animée Tiny Toon Adventures (Les Tiny Toons), produite par Steven Spielberg. Au total, Bramson mettra en musique 217 des 227 épisodes que compte J*A*G, ce qui lui assurera du travail pendant une décennie, l’enregistrement se faisant chaque semaine avec un orchestre de 35 à 40 musiciens.

 

J*A*G

 

Figure donc en deuxième partie de cet album le score de Bramson pour Cowboys & Cossacks, avant-dernier épisode de la seconde saison, dont le choix apparaît à l’écoute comme une évidence. Dans cet épisode, un ancien officier sous-marinier soviétique décide de lancer une attaque contre son vieux rival américain. Bramson en profite pour sortir les accents patriotiques purement américains de la série et écrire à la manière des grands compositeurs russes. Tout à fait à propos, le pastiche fonctionne à merveille avec d’un côté les trombones dominant l’univers russe tandis que les trompettes restent associées aux américains. Il en résulte un score de haute tenue, comportant des mélodies slaves de toute beauté. Et l’on y note bien évidemment des occurrences du célèbre thème de Bruce Broughton, qui clôt également l’album.

 

Collaborer avec CBS pour arriver à la sortie de cet album a réclamé beaucoup d’argent et sept ans d’efforts à Intrada qui a fait le choix d’une édition illimitée. Si l’on espère que cette collaboration avec CBS pourra s’étendre à d’autres éditions, il n’y a hélas que peu d’espoir que d’autres volumes de J*A*G suivent, même s’il reste 225 épisodes à explorer ! Savourons-donc cet album pour ce qu’il est, le reflet de la quintessence d’un style martial orchestral insufflé par deux compositeurs talentueux au service de la première série télévisée officiellement reconnue par l’US Navy.

 

J*A*G

Olivier Soude

Olivier Soude

Contributeur (2008-2018)
Jamais la conscience du rôle de la musique pour l’écran n’aurait jailli si tôt sans les repiquages (avec les bruits ambiants de la pièce !) de génériques de dessins animés et de génériques de fin de (télé)films dès le début des années 80. A force d’écouter en boucle, forcément, l’intérêt grandit. En 1984, quand sort Indiana Jones And The Temple Of Doom, c’est le choc musical! La K7 de la bande originale du film constitue la toute première pièce de sa collection. Ceci explique sans doute pourquoi pour lui, aujourd’hui encore, l’œuvre de John Williams reste inégalée. Au début des années 90, à la faculté d’Amiens, sa rencontre avec d’autres mordus de béos enracine définitivement sa passion et sa curiosité pour cet art particulier. En 1996, au Barbican Center de Londres, après un concert, il échange quelques mots avec John Williams. Peu de temps avant de débuter la carrière d’enseignant à laquelle il se destine, en 1998, il commence à participer au fanzine Dreams To Dreams. Il s’entretient alors avec certains des compositeurs anglo-saxons qui le fascinent. Sa rencontre à Lunéville en 1999 avec Michael Kamen restera le point culminant des années passées en tant que rédacteur de Dreams Magazine.
Olivier Soude