Sundown: The Vampire In Retreat (Richard Stone)

Les Mystères de l'Ouest

La décade prodigieuse • Publié le 13/03/2019 par

Sundown: The Vampire In RetreatSUNDOWN: THE VAMPIRE IN RETREAT (1989)
SUNDOWN: LA GUERRE DES VAMPIRES
Compositeur :
Richard Stone
Durée : 50:16 | 18 pistes
Éditeur : BSX Records (2013)

 

4 Stars

 

Il y a des choses à dire sur Anthony Hickox. Par-delà l’image très ordinaire de l’artisan rompu aux ingrates besognes, il donne l’impression, sous un certain éclairage, de s’être lancé dans le cinéma comme on entre en religion. Son sentiment peut-être angoissant d’être arrivé trop tard dans un environnement s’étiolant à grande vitesse (l’industrie florissante de l’horreur et du fantastique durant les 80’s) donne le la à tous ses premiers films, qui tentent en vain de prolonger la cocagne. Ce baroud d’honneur, voyons-le ainsi, est également celui de Richard Stone, loin de se douter que Sundown le précipiterait au milieu des cartoons de la Warner, ses toutes dernières passes d’armes avant sa mort prématurée. Aucune tristesse crépusculaire, néanmoins, ne sourd de sa partition pour le western aux incisives effilées de Hickox. Non, il y pétarade une énergie de tous les diables, un désir fougueux de tirer son Stetson aux nobles patriarches : Morricone et sa trompette emphatique sont un peu plus que de vulgaires ectoplasmes du passé, et Elmer Bernstein s’en revient faire sonner ses éperons, via un thème aussi batailleur que celui de The Comancheros. Mais, si elle a trouvé son fer de lance dans le vieil Ouest chevauchant à bride abattue, la musique n’oublie pas pour autant de gratifier les suceurs de sang de belles rasades gothiques et de faire s’emballer avec passion les cœurs embués d’amour.

  Non, elle n'est pas là-bas, elle est là, juste à ta gauche !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse