Rocky IV (Vince DiCola)

Fais-moi mal, Rocky, Rocky, Rocky

La décade prodigieuse • Publié le 14/03/2019 par

Rocky IVROCKY IV (1985)
ROCKY IV
Compositeur :
Vince DiCola
Durée : 31:55 | 15 pistes
Éditeur : Intrada (2010)

 

2.5 Stars

 

Doux Jésus, ces barres de rire ! Souvenez-vous, au mitan des (pas si) glorieuses eighties, Stallone marchait sur la tête. Ivre de pouvoir et de billets verts, la star s’évertuait impitoyablement à changer ses plus beaux personnages en « sacs à gnons » un rien bêtas. D’où pléthore de pots cassés, que les Russes payèrent chaque fois en leur qualité de rivaux honnis. Eparpillés d’un côté façon puzzle par un Rambo revanchard et les frappes atomiques de Jerry Goldsmith, dispersés, ventilés de l’autre par un Rocky se pavanant avec les étoiles de l’Amérique plein son short — et par les synthés accros à la gonflette de Vince DiCola, qui succède à Bill Conti en profanant tel le dernier des gredins son formidable héritage. Son truc à lui, ce serait plutôt les riffs rentre-dedans de Survivor, revenu enfiler les gants après le tube kolossal que fut Eye Of The Tiger. Le résultat, mixture m’as-tu-entendu où rock FM, pop eighties jusqu’à la racine des cheveux et morceaux de bravoure mastoc mijotent à grosses bulles, le dispute à l’ineffable propagande assénée par Sly avec la finesse d’un pachyderme. C’est nigaud, kitsch sans doute, gras à lard. La séduction mutante qui en émane on ne sait trop comment s’avère d’autant plus perverse. Pas moins diabolique qu’un sorcier vaudou, DiCola parvient même à farder en plaisir coupable le triple menton des moins seyants dont il affuble l’immortelle fanfare de l’Étalon italien.

  J'aime bien ton style ! C'est qui ton coiffeur ?

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
  • The Vikings