Werewolves On Wheels (Don Gere)

Sons Of Anarchy

La décade prodigieuse • Publié le 18/02/2019 par

Wherewolves On WheelsWEREWOLVES ON WHEELS (1971)
WEREWOLVES ON WHEELS
Compositeur :
Don Gere
Durée : 37:09 | 17 pistes
Éditeur : Finders Keepers Records (2011)

 

3 Stars

 

Ce serait un tort de penser que la fameuse Méthode, tenue au sein de l’Actors Studio pour parole d’Évangile, ne circonscrit son influence qu’aux scènes de théâtre et aux plateaux de cinéma. Prenez par exemple Don Gere, modeste parolier de la pop-folk des sixties que les jeux du hasard et la vague déferlante de la bikesploitation, concomitante aux Wild Angels et bien entendu à Easy Rider, firent s’encanailler avec des loups-garous à califourchon sur de ronronnantes Harley. Il se raconte que le candide, kamikaze tel un Robert De Niro de la double-croche, s’imprégna des us et coutumes des indomptables Hells Angels en s’adonnant à une consommation effrénée de substances hallucinogènes et d’herbe-qui-fait-rire. Un peu de sa country fétiche émerge dans ce qu’il parvint à coucher ensuite sur le papier à musique, mais le psychédélisme ricanant, secondé par une petite cohorte de percussions aux résonances inquiètes, domine de plusieurs têtes les débats. Les adorateurs encapuchonnés de Satan, coupables d’une épidémie de lycanthropie qui décime les nobles chevaliers de la route, sont bien sûr les heureux bénéficiaires de ces vapeurs un rien mystiques. Eux, et le film également, trop tire-au-flanc pour se donner la peine d’honorer toutes les promesses de son titre succulent. Vous désirez du crin sauvage saillant d’entre les coutures du cuir, des balades motorisées vers le soleil couchant et des effeuillages païens sous l’œil torve d’un serpent ? Le prog rock opiacé de Don Gere régale à satiété.

 On est trop serrés là, je vous avais bien dit qu'on aurait dû faire ça en CinemaScope !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse