Patrick59 a écrit : ↑mar. 31 mars 2026 19:43
Diamonds are forever, c'est effectivement du Roger Moore avant l'heure, après le désastre financier du Bond sérieux de Lazenby collant de près aux romans. Ce qui entraîne une absurdité dans la continuité des films.
Dans "On ne vit que deux fois" en 1967, Bond (Sean Connery) et Blofeld (Donald Pleasence) se rencontrent dans le volcan au Japon. En 1969, dans le Lazenby, à Piz Gloria en Suisse, ils ne se reconnaissent pas
Le Bond des romans est dur et pas du tout fun. Or, ce qui a fait le Bondomania, c'est le 3e Bond en 1964 "Goldfinger" avec les gadgets, les filles, bref tout ce que reproches dans ton message. Tu juges James Bond à l'aune du politiquement correct d'aujourd'hui. Le Bond de Sean Connery et de Roger Moore, c'est une autre époque.
C'est comme ceux que qui jugent Tintin raciste, sans tenir compte du contexte de l'époque.
Je les ai tous vu les films (et au moins deux fois chacun), pas besoin de me les résumer
Et bien sûr que Tintin au Congo est raciste. On peut très bien juger quelque chose de vieillot et de daté tout en appréciant le reste. Y a des gags excellents dans Tintin au Congo (bon après ça reste un des Tintins les plus faibles, mais c'est le cas de la plupart des Tintin du début).
J'ai lu tout James Bond par Fleming (à part une seule nouvelle il me semble, James Bond à New York si je me rappelle bien). Et oui, y a des trucs très daté (me remettrais-je un jour de l'hétérosexualisation horrible de Pussy Galore dans la nouvelle de Goldfinger (pire que dans le film) ? Rien n'est moins sûr). Mais à nouveau, ça ne m'empêche pas de les aimer pour pleins d'autres raisons (On her Majesty Secret Service au tragique excellent, The Man With the Golden Gun, très différent du film et très réussi, You Only Live Twice, plongé dans le Japon et sa culture, avec des scènes de combat très sympas, The Spy Who Loved Me, exclusif au livre, au suspense excellemment mené et évidemment le summum, Casino Royale, à la noirceur profonde.)
Et pareil pour les films. Comme je l'ai dit, j'aime beaucoup, chez Moore et Connery The Spy Who Loved Me, Goldfinger, Thunderball, From Russia With Love et je passe toujours un très bon moment devant On Her Majesty Secret Service, Live and Let Die, Moonraker, Octopussy et A View to a Kill. Et je les apprécie en tant que film, pas en tant que plaisir coupable. Ne nous y trompons, contrairement à certains, j'ai un vrai amour pour le personnage de Bond et son univers littéraire et filmique, autant sur le fond que sur le plan formel. Y a des scènes d'action exceptionnelles, des acteurs charismatiques, des gadgets déjantés de partout, des enjeux géopolitiques toujours intéressants à replacer en contexte, des répliques qui fusent, des méchants délicieusement diaboliques. Dans le cinéma de genre d'espionnage, je trouve que c'est ce qu'on a fait de mieux avec M:I et Jason Bourne depuis longtemps.
Mais il est bon également d'avoir un regard actuel sur le sujet. Le mélange des deux n'est pas incompatible.
Et mes critiques allaient quand même plus loin que le simple regard actuel. (Si vous pouviez ne pas me réduire à ça, ça m'arrangerait).