Oblivion (M83)
Oblivion (M83)
Premier extrait du score, et j'aime beaucoup :
Re: Oblivion (M83)
M83?
Re: Oblivion (M83)
C'est un groupe de musique électronique françaisForrester a écrit :M83?

Re: Oblivion (M83)

I'm getting too old for this shit!

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Re: Oblivion (M83)
M83 et surtout Joseph Trapanese...
Tout comme Tron Legacy était Daft Punk et surtout Joseph Trapanese (et d'autres) !
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Re: Oblivion (M83)
d'ailleurs, sur la pochette, il est indiqué "Music By M83 - Score composed by Anthony Gonzalez and Joseph Trapanese". sachant qu'Anthony Gonzalez, c'est M83...
Interview du réalisateur à propos de la musique de son film : http://collider.com/m83-oblivion-song-soundtrack/
Interview du réalisateur à propos de la musique de son film : http://collider.com/m83-oblivion-song-soundtrack/
Re: Oblivion (M83)
Mon dieu.............. je ne sais pas quoi dire tellement les bras m'en tombent............... Encore et encore et encore et encore cette série éculée d"accords (et que je te mets un accord parfait en Do, et puis tiens je t'en mets un de Sol, c'est original hein ?..............) de base plaquée sans la moindre imagination........ AU SECOURS ! Messieurs les producteurs, pourriez-vous engager des gens qui ont fait plus de deux ans de claviers au conservatoire de Bourgandou-du-Brognieul ? Du fond du coeur, merci.........
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Re: Oblivion (M83)
Râle pas Sam, c'est de la musique de film, personne t'oblige à écouter ça les yeux fermés et le doigt sur la tempe salle Pleyel. A ce tarif là, vu la créativité maximale (il fallait au moins s'y mettre à deux pour accoucher d'une ligne mélodique aussi complexe, c'est sûr... ) du duo M83 + Jo Trapa c'était aussi vite fait de garder le temp track ( De Sunshine ? The Fountain ? Inception ? Tron Legacy ? Blade Runner ? ). Mais je suis sûr que ce machin fonctionnera très bien sur les images, et puis on est plutôt dans le travail sonore que musical, à ce stade là. Respire Sam, il y a le Oz de Elfman qui devrait te remonter le moral.
"Le cinéma, c'est comme l'amour, quand c'est bien fait, c'est merveilleux, quand c'est mal fait, c'est un petit peu merveilleux aussi." S.Donen
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Re: Oblivion (M83)
Oui heureusement qu’il reste encore quelques vrais compositeurs. Mais vu la tournure des choses ça risque d’être une espèce en voie de disparition.Pierrebrrr a écrit : il y a le Oz de Elfman qui devrait te remonter le moral.
- Pierrebrrr
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Re: Oblivion (M83)
Bien sûr que non Morty.
Regarde l'enthousiasme qu'ont suscités Desplat ou Giacchino récemment. Au contraire, je crois que, en partie par la foi de certains jeunes compositeurs, le symphonique grand format va revenir un moment dans la musique Hollywoodienne. Et puis l'éléctro orchestral façon M83 ou Dadt Punk, j'ai rien contre. Ce que je déteste, c'est l'eau tiède, et la soupe conscensuelle dont on nous tartine les oreilles les 3/4 du temps, dans le genre de films que je regarde le plus. Mais il y a toujours eu un académisme !
Regarde l'enthousiasme qu'ont suscités Desplat ou Giacchino récemment. Au contraire, je crois que, en partie par la foi de certains jeunes compositeurs, le symphonique grand format va revenir un moment dans la musique Hollywoodienne. Et puis l'éléctro orchestral façon M83 ou Dadt Punk, j'ai rien contre. Ce que je déteste, c'est l'eau tiède, et la soupe conscensuelle dont on nous tartine les oreilles les 3/4 du temps, dans le genre de films que je regarde le plus. Mais il y a toujours eu un académisme !
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Re: Oblivion (M83)
Wouaip... de la bonne grosse soupe indigeste. ![Mort [dead]](./images/smilies/icon_dead.gif)
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Re: Oblivion (M83)
Allez, pour vous faire bondir (oui, j'ai envie, c'est pour moi !) Ils composent des scores et ils montent aussi des murs en briques et se débrouillent bien dans le plaquo.Starfe a écrit :Score composed by Anthony Gonzalez and Joseph Trapanese".
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Re: Oblivion (M83)
Remarque que s'ils montent des murs comme ils font de la musique, t'es bon pour rapidement faire jouer la garantie décennale. 

Re: Oblivion (M83)
Ah non, pas toi mon Pierrot !....Pierrebrrr a écrit :Râle pas Sam, c'est de la musique de film, personne t'oblige à écouter ça les yeux fermés et le doigt sur la tempe salle Pleyel.


Oui, voilà, pas mieux. Enfin.... je mettrais un bémol pour INCEPTION tout de même parce qu'il y a une recherche, une idée directrice. Et je ne mets pas TRON LEGACY et BLADE RUNNER sur le même plan........ ça je ne peux pas faire.......Pierrebrrr a écrit : c'était aussi vite fait de garder le temp track ( De Sunshine ? The Fountain ? Inception ? Tron Legacy ? Blade Runner ? )

Oui, mais à ce train là, une nappe de cordes synthé tiré d'un piano numérique pas trop ancien fera très bien l'affaire aussi !..... Encore une fois, pour moi, c'est du sound design et pas de la musique au sens où moi je l'entends.Pierrebrrr a écrit :Mais je suis sûr que ce machin fonctionnera très bien sur les images

Ah ça oui ! Je l'attends de pied ferme celui-là, surtout après la description que tu en as faites dans le topic idoine !! Mes oreilles et mon coeur s'en réjouissent d'avance ! Pense-donc : moi qui suis un méga-fan de ce compositeur, le voir revenir aux plus belles heures de sa gloire féérique (du temps des EDWARD, DARKMAN, BATMAN RETURNS etc), c'est une véritable aubaine !!! Bon, ok, ça ne va sans doute pas être très original mais que ça va faire du bien...Pierrebrrr a écrit :Respire Sam, il y a le Oz de Elfman qui devrait te remonter le moral.
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Re: Oblivion (M83)
Bien sûr que non, pas moi. Je reformule: sans le support des images, si je dois juger la seule qualité "musicale" de l'extrait, je serais bien en peine d'en dire quelque chose. C'est juste générique, et on peut décrire, comme tu le fais, la construction musicale, très simple, de la chose. Mais avoir un avis...Ah non, pas toi mon Pierrot !.........
Moi non plus. C'est juste une liste objective de ce que Kosinsky a dû poser sur son film pour guider Trapanèse and co.Et je ne mets pas TRON LEGACY et BLADE RUNNER sur le même plan........
C'est une question que je me pose tout le temps. Je pense que l'écoute de musique de film sur disque est une forme de perversionSi on ne veut pas que ce qui est composé soit dispo en dehors des images, alors on n'a pas la prétention de sortir un cd ou de mp3 à télécharger...

Je suis bien d'accord. Mais ça ne veut pas dire que ça ne pourrais pas créer quelque chose de cinématographiquement formidable sur pellicule. Regarde ce que Lynch fait de Rammstein ou Strauss !Encore une fois, pour moi, c'est du sound design et pas de la musique au sens où moi je l'entends.![]()
Pour te dire la vérité, j'aime tellement la musique, que quand j'ai envie d'en écouter, ce n'est pas forcément de la musique de film que je vais mettre sur la platine.
La discussion récente au sujet des pratiques d'écoute en dehors de la musique de film m'a quand même un peu fait peur j'avoue. Trouver par exemple que c'est une domaine plus "créatif" que celui de la musique contemporaine ou classique, les bras m'en tombent, il n'y a pas plus académique que le monde de la musique de films ! Pour une audace (souvent chèrement payée) il faut se taper mille courbettes sans interêt ou goût du jour. Je crois qu'à force de s'envoyer dans les oreilles des kilomètres de nouveautés sans aucun interêt ni aucune qualité musicale, on finit par avoir le radar qui patauge un peu, voire le discernement en berne.
Tu vas adorer. Mais l'écoute n'est pas aussi directe ou facile qu'un Batman ou un Edward... Heureusement ! Même dans le registre du gros gâteau symphonique Elfman continue d'évoluer. Son écriture, qui repose moins sur des "thèmes" (ah, les sacro-saints thèmes...) qu'auparavant est sûrement moins grand public, mais extrêmement riche. En tous cas, Oz tient plus à l'estomac mélomane qu'un Alice par exemple. Mais réjouis-toi, c'est un régal !Ah ça oui ! Je l'attends de pied ferme celui-là, surtout après la description que tu en as faites dans le topic idoine !!
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Re: Oblivion (M83)
Je maintiens. Enfin, surtout avant les années 2000.Pierrebrrr a écrit :
La discussion récente au sujet des pratiques d'écoute en dehors de la musique de film m'a quand même un peu fait peur j'avoue. Trouver par exemple que c'est une domaine plus "créatif" que celui de la musique contemporaine ou classique, les bras m'en tombent, il n'y a pas plus académique que le monde de la musique de films ! Pour une audace (souvent chèrement payée) il faut se taper mille courbettes sans interêt ou goût du jour. Je crois qu'à force de s'envoyer dans les oreilles des kilomètres de nouveautés sans aucun interêt ni aucune qualité musicale, on finit par avoir le radar qui patauge un peu, voire le discernement en berne.
Et j'y ajoute le rock (au sens large).
- Pierrebrrr
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Re: Oblivion (M83)
Tu maintiens quoi ? Qu'avant les années 2000, la musique de film est le lieu de toutes les avant-gardes ? Ou qu'avant les années 2000 la musique de film est plus "créative" que la musique écrite ou la musique savante à la même époque ?
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Re: Oblivion (M83)
Deuxième option. Et ça reste un espace incroyablement créatif, tout simplement parce qu'il fait appel à tous les styles de musique.Pierrebrrr a écrit :Tu maintiens quoi ? Qu'avant les années 2000, la musique de film est le lieu de toutes les avant-gardes ? Ou qu'avant les années 2000 la musique de film est plus "créative" que la musique écrite ou la musique savante à la même époque ?
Re: Oblivion (M83)
Vous n'êtes pas exactement sur la même longueur d'onde: tu évoques la richesse des styles musicaux qui s'entrecroisent au sein du cinéma, et de façon très intéressante lorsque c'est exprimé par des compositeurs imaginatifs et talentueux alors que Pierre parle davantage d'avant-gardes, d'expérimentations purement musicales, partant du principe, je suppose, que le compositeur de musique de film n'a pas pour ambition ni pour fonction de révolutionner ni de faire évoluer l'art musical mais d'explorer tous les concepts esthétiques pré-existants au service de l'image, si toutefois l'opportunité filmique se présente à lui et aussi si le cinéaste n'a pas trop l'oreille frileuse ni sectaire, cela pouvant aller de la forme baroque à la musique spectrale, en passant par les révolutions debussyste et plus tard schoenbergienne, le dodécaphonisme, etc.... La musique de cinéma reste quand même, la plupart du temps, de forme très classique et peu évolutive - elle tourne de plus en plus en rond - ce qui n'est pas complètement, de ma part, un reproche mais une simple observation. Pour cette raison, j'ai aujourd'hui autant besoin de la musique contemporaine que de la musique de film, la première pour des idées musicales et expérimentales souvent plus développées et abouties que dans la musique appliquée et la seconde pour ses concessions lyriques et mélodiques qui manquent trop souvent dans la première.Wyatt Earp a écrit :Deuxième option. Et ça reste un espace incroyablement créatif, tout simplement parce qu'il fait appel à tous les styles de musique.Pierrebrrr a écrit :Tu maintiens quoi ? Qu'avant les années 2000, la musique de film est le lieu de toutes les avant-gardes ? Ou qu'avant les années 2000 la musique de film est plus "créative" que la musique écrite ou la musique savante à la même époque ?
- Pierrebrrr
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Re: Oblivion (M83)
Oui, effectivement, on ne parle sans doute pas exactement de la même chose. Mais je ne vois pas comment on peut dire de la musique de film que c'est une genre "incroyablement créatif", alors qu'on n'y invente quasiment jamais rien, on ne fait qu'y reprendre des formes musicales inventées ailleurs. Et mélanger le tout, ça n'a rien de créatif. Oui, dans un score tu peux enchainer une bossa, un requiem, une valse et un mouvement symphonique. Je ne vois pas ce qu'il y a de créatif là-dedans, ça montre juste que le compositeur est cultivé et que son producteur a l'esprit ouvert. Franchement, c'est quoi un score musicalement créatif ? L'exemple le plus frappant, tout au long de sa carrière qui me vienne à l'esprit, c'est celui de Herrmann. Les Goblin aussi ont vraiment inventé un genre musical pour l'écran, de même que Morricone pour le western, et plus près de nous Goldenthal, qui a bien compris qu'il n'y aucune marge de création au cinéma.La créativité de la musique de film c'est 2% des scores. Pour le reste, depuis 120 ans, et pour 120 ans encore, on illustre les scènes tristes avec de la musique lente et violonneuse, et les scènes palpitantes par des morceaux rapides à la rythmique marquée. Dans le seul domaine ou la musique de film peut-être créative -celui du rapport à l'image- elle est dans la grande majorité des cas tout aussi conformiste.
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Re: Oblivion (M83)
Un score créatif c'est d'abord (selon moi) une composition dans laquelle le compositeur y met beaucoup de sa perception personnelle, pas forcément une musique révolutionnaire dans le sens historique du terme. Par exemple, Ennio Morricone utilise dans sa "Sinfonia per l'Attentato" pour le film d'Yves Boisset "L'Attentat", un procédé qui était à l'époque encore d'avant-garde. Cela ne signifie pas pourtant qu'il en eut la paternité mais là où on peut objectivement dire qu'il s'est montré audacieux et créatif, c'est dans la manière dont il se l'est accaparé et l'a réinventé, le mettant au service d'une alchimie musicale innovante et personnelle, de plus très efficace et original à l'image. Il saura aussi être créatif et précurseur sur le giallo, pas seulement celui de Dario Argento, plaçant au service de l'image le groupe d'improvisation "Nuova Consonanza". Maintenant, d'autres compositeurs furent très créatifs; Toru Takemitsu a tenté des expériences très ardues sur un genre de cinéma très particulier qui, certes, s'y prêtait volontiers (Kwaidan, La Femme des Sables...). Egisto Macchi s'est aussi montré créatif et innovant lorsque l'opportunité se présentait à lui, avant d'épouser les conventions du genre en mettant en musique La chute de Mussolini d'Alberto Negrin, film lui-même conventionnel et destiné à tous les publics ou enfin presque. Pierre Jansen n'a pas manqué non plus d'inventivité sur Le Boucher de Claude Chabrol, cela ne veut pas dire qu'il a révolutionné quoi que ce soit, mais il a insufflé à cette partition et à son rôle à l'image, une perception très personnelle. Mais de règle plus générale, je suis assez d'accord avec toi. Je tenais juste à y apporter une petite nuance, c'est-à-dire que l'on peut quand même être créatif sans rien inventer et être inventif sans rien créer.Pierrebrrr a écrit :c'est quoi un score musicalement créatif ?

Re: Oblivion (M83)
Justement, mélanger ce n'est pas ça du tout. Au contraire mélanger véritablement, c'est mêler toutes ces esthétiques en un seul et même morceau pour obtenir une alchimie nouvelle et singulière ! Fusionner parfaitement ces esthétiques, ces rythmes, ces harmonies et ces orchestrations dans un tout cohérent indissocié. Pas un syncrétisme de surface, non, tout l'inverse précisément: une véritable fusion où les ingrédients se retrouvent entremêlés sans plus qu'on puisse bien les distinguer les uns des autres.Pierrebrrr a écrit : Et mélanger le tout, ça n'a rien de créatif. Oui, dans un score tu peux enchainer une bossa, un requiem, une valse et un mouvement symphonique.
Des gens comme Takemitsu, Schifrin ou Sarde (entre autres *) ont fait ça tout le long de leur carrière, récidivant à d'innombrables reprises, avec des résultats prodigieux et iconoclastes dans leurs grands jours (il n'y a qu'à prêter l'oreille à une partition telle que Coup de Torchon pour s'en persuader).
Dans le domaine de la très haute musique populaire c'est le lot de compositeurs tels que Gismonti, Lobo, A.Barnabé, Colombier, Scott Walker, Vannier, Valle, Ogermann, Deodato ainsi que d'autres géants d'avoir su donner au syncrétisme véritable ses lettres de noblesse.
En vérité la musique savante pure et dure, elle-même, fonctionne beaucoup sur le syncrétisme. Les grandes innovations qui parcourent l'histoire de la musique relèvent bien souvent de l'initiative de certains groupes d'individus visionnaires d'avoir récupéré des rythmes, des modes (un mode au sens harmonique, entendons-nous bien) etc, issus de folklores régionaux, ou de traditions anciennes, et d'avoir formalisé tout ça, afin d'intégrer ces apports à ce que ces compositeurs de l'écrit connaissaient déjà, ce dont ils étaient déjà familiers (voir même en réaction à ce qu'ils connaissaient), ceci au gré d'aménagements techniciens, de réappropriation personnelle et autres astuces en tous genres afin que tout tienne debout. L'invention qu'est-ce donc sinon cette "initiative", cette vision qui tend vers un objectif désiré. Personne ne part de rien, ce qui compte c'est d'orienter toute cette matière brut, tous ces ingrédients, dans le sens du résultat que l'on souhaite obtenir, avec caractère.
(Les folklores régionaux récupérant eux même leurs usages esthétiques de traditions plus anciennes encore, sur le temps long, etc,...).
Il en va de même de l'invention en musique que de l'invention de nos machines (mécaniques, numériques): mettre en lien des connaissances et ingrédients divers, qui n'ont parfois pas de liens évidents entre eux, au service d'une vision, d'un projet.
* À la vérité, on constate que même chez un Williams, ses grands morceaux d'action symphoniques notamment -ceux dans lesquels s'entrecroisent souvent des modulations virtuoses par ailleurs- se confondent avec génie à la pulsion jazz (voir même la pulsion rock !),... et la fusion avec ces pulsions à priori étrangères à la musique symphonique traditionnelle est si bien opérée dans le langage de Williams, que tout coule de source et qu'on y fait même plus attention: cette fusion passe inaperçue tant il sait l'exécuter avec naturel et transparence ! C'est un peu pareil chez Legrand d'ailleurs.
- Pierrebrrr
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Re: Oblivion (M83)
Mais je suis bien d'accord avec tout ce que vous dites, messieurs Taboulez et Janus. La vision de la création explorée sous son versant musical par Taboulez est applicable à tous les domaines, et pose la question- encore débattue sous des formes diverses du genre "l'art contemporain, c'est de l'art ?"- de la création. Dans ma reflexion je me place plutôt du côté historique de la question (parce que pour le reste, je pense qu'on en créer jamais ex-nihilo, et que le génie rélève effectivement souvent d'une confluence d'esthétiques à priori parfois antinomique, et d'un sens de la rebellion vis à vis des règles établies. Chez tous les grand musiciens, et la musique de film n'y échappe pas, il y a une audace formelle qui se traduit effectivement par une fusion d'école musicales parfois très distantes (à vos listes on pourrait en ajouter plein d'autres: j'aurai bien envie de citer Bacalov, Kilàr, Komeda, Rota etc...
Mais si la musique de film n'a été le lieu que de fusions habiles, parfois virtuoses, jamais n'y est né une musique- savante ou populaire- identifiable pour l'histoire de l'art "de l'extérieur"- je ne voudrais pas caricaturer: je ne dis pas que la musique de film n'est pas, même musicalement- créative au sens où longtemps Taboulez. Mais cette création là, elle est observable dans tous les domaines. Par contre, dans la musique de film, il me semble qu'on a jamais rien inventé musicalement. On a toujours pris ailleurs. Le cinéma a mis des dizaines d'années à se détacher des formes picturales qu'il emprunte ailleurs. Peut-être que la musique de film est un art encore trop jeune. Je pense surtout qu'elle est fondamentalement "bridée" par sa fonction. Je suis toujours convaincu que l'inventivité de la musique de film en tant que telle (pas en tant que musique) n'est possible que dans le rapport que la musique entretient avec l'image. ET même, devrait-on ajouter, dans le rapport qu'elle entretient à la bande-son: ce qui est un sacrilège pour beaucoup de béophiles devrait être la norme: pourquoi n'écoute-t-on pas les bande-sons des films, puisque ce sont aussi avec ces éléments (bruitages et dialogues) que la musique a été pensée ?
Je ne fais pas le procès de la musique de film: j'en écoute quand même pas mal ...
mais ce n'est certainement pas pour sa folle créativité musicale, au contraire. Je ne vais pas non plus voir un blockbuster hollywoodien pour me retrouver face à un objet cinématographique radical. Et il faut bien reconnaitre que l'immense majorité des consommateurs de musique de film en CD n'achète pas ce qui relève de la musique de film la plus osée, voir les difficultés, bien souvent, à écouler du North ou du Fielding. La qualité fondamentale de la musique de film, pour moi, c'est d'être une musique avant tout narrative. Peut-être qu'on a le même rapport à ça que les amateurs d'opéras au XIXeme l'avaient avec leurs compositeurs favoris. La musique de film, c'est un peu de la musique figurative.
Mais si la musique de film n'a été le lieu que de fusions habiles, parfois virtuoses, jamais n'y est né une musique- savante ou populaire- identifiable pour l'histoire de l'art "de l'extérieur"- je ne voudrais pas caricaturer: je ne dis pas que la musique de film n'est pas, même musicalement- créative au sens où longtemps Taboulez. Mais cette création là, elle est observable dans tous les domaines. Par contre, dans la musique de film, il me semble qu'on a jamais rien inventé musicalement. On a toujours pris ailleurs. Le cinéma a mis des dizaines d'années à se détacher des formes picturales qu'il emprunte ailleurs. Peut-être que la musique de film est un art encore trop jeune. Je pense surtout qu'elle est fondamentalement "bridée" par sa fonction. Je suis toujours convaincu que l'inventivité de la musique de film en tant que telle (pas en tant que musique) n'est possible que dans le rapport que la musique entretient avec l'image. ET même, devrait-on ajouter, dans le rapport qu'elle entretient à la bande-son: ce qui est un sacrilège pour beaucoup de béophiles devrait être la norme: pourquoi n'écoute-t-on pas les bande-sons des films, puisque ce sont aussi avec ces éléments (bruitages et dialogues) que la musique a été pensée ?
Je ne fais pas le procès de la musique de film: j'en écoute quand même pas mal ...

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Re: Oblivion (M83)
Ne soyons pas de mauvaise foi tout de même et ne cherchons pas à jouer sur les mots. "Créatif" ou "inventif", c'est la même chose, création et invention c'est identique.Pierrebrrr a écrit :Je ne voudrais pas caricaturer: je ne dis pas que la musique de film n'est pas, même musicalement- créative au sens où l'entend Taboulez. Mais cette création là, elle est observable dans tous les domaines. Par contre, dans la musique de film, il me semble qu'on a jamais rien inventé musicalement.
Ce que tu cherches à exprimer sans doute, c'est plutôt que les inventions (puissantes) dont savent faire preuve les meilleurs compositeurs de cinéma ne font pas école systématiquement, et même pourrait-on dire jamais.
Mais "faire école" et "inventer" sont deux notions bien distinctes et qui ne s'impliquent ni ne se discréditent l'une-l'autre. Elles méritent d'être dissociées et de ne pas induire l'amalgame.
Le rap ou la techno, pour piocher des exemples aux confins du médiocre et de la caricature, ont fini par "faire école", pourtant l'invention, la créativité musicale conséquente (harmonie, rythme, orchestration) y sont parfaitement absentes: il y a davantage d'invention musicale, de puissance créatrice dans une seule BO iconoclaste de Lalo Schifrin que dans le corpus rap-techno tout entier réuni.
À vrai dire, lorsque l'on se penche sur les caractéristiques immuables de ces esthétiques, la seule conclusion manifeste est qu'il s'agit là de "créations" artificielles : il n'y a strictement rien de neuf là dedans, ni l'harmonie souvent purement et simplement inexistante par ailleurs (c'est à dire qu'il n'est pas rare qu'on y trouve des notes simples et même plus vraiment d'accords !), ni le rythme qui relève de la pulsation régulière basique, ni l'orchestration (sauf peut-être à considérer le travail de sample, et encore en étant généreux, car ça non plus ça ne date pas d'hier: Pierre Boulez et Stockhausen le faisaient déjà en 1950, et d'autres avant eux !) ni même le mélange des trois éléments sus-cités,... strictement rien qui n'ait pas été inventé il y a longtemps déjà,...
Tout du moins elles restent des créations artificielles pour l'heure, jusqu'à ce que des compositeurs plus sérieux et conséquents décident un jour "c'est beau de rêver" de se pencher sur ces médiums là (pourquoi ne pas chercher à composer un rap impressionniste usant d'accords modals séduisant et alambiqués ? Ça aurait tout de même plus de gueule !).
Dans un tout autre genre, c'est de l'inverse dont il est question: les quelques initiatives du milieu savant concernant les applications (selon moi immenses et toujours inexploitées) de la micro-tonalité étendue et conséquente (c'est à dire pas gadget), n'ont pas encore "fait école", et pourtant le sujet reste sur la table depuis un bon siècle désormais !
Le disco lui, ou le hard rock, le rap et la techno ont fait école. Que faut-il en conclure selon toi ? Où se trouvent les opportunités puissamment créatrices ? (Tu me diras, pourquoi pas dans un hard rock ou une techno intégrant les concepts de la micro tonalité, ce à quoi je répondrais bonne idée !)
Ce que j'entends par là, c'est qu'une oeuvre puissamment créatrice (et le milieu de la musique de film en compte d'innombrables) ne fera pas nécessairement école, tandis qu'une tendance médiocre (sur le plan de l'invention notamment) pourra quant-à elle se retrouver exploitée jusqu'à la corde et, par voie de conséquence, par défaut donc, "faire école".
En réalité lorsqu'une BO puissamment inventive et originale paraît, il n'appartient qu'à d'autres compositeurs de prendre le relai et se faire les continuateurs de cette esthétique. S'il ne se trouve personne pour être à l'initiative de cette continuation, et bien tant pis, ça n'en retire pour autant rien du génie créatif et de la prodigieuse invention esthétique dont sut témoigner la BO en question.