Fred Bongusto (1935-2019)

Le chanteur et compositeur italien s’est éteint à Rome le 8 novembre

Portraits • Publié le 08/11/2019 par

Avec la disparition de Fred Bongusto à Rome ce vendredi 8 novembre 2019 à l’âge de 84 ans, l’Italie perd avant tout l’un de ses chanteurs les plus populaires, un crooner dans l’esprit de Frank Sinatra qui a connu de grandes années de gloire durant les décennies 1960 et 70. Mais comme souvent, le cinéma n’aura dans le même intervalle jamais été bien loin. Né le 1er avril 1935 à Campobasso, Alfredo Antonio Carlo Buongusto a ainsi non seulement offert quelques chansons au grand écran, dont en particulier O ‘Cielo Ce Manna Sti Ccose pour le Matrimonio all’Italiana (Mariage à l’Italienne) de Vittorio De Sica, mais il a aussi eu le bon goût de composer un certain nombre de partitions entre la fin des années 60 et 1990, souvent en compagnie de son arrangeur José Mascolo. Il collaborera notamment avec Alberto Lattuada pour Venga a Prendere il Caffè… da noi (Venez donc Prendre le Café chez nous), Bianco Rosso e… (Une Bonne Planque), Le Farò da Padre, Oh Serafina! et La Cicala et, avec Salvatore Samperi, pour Malizia (Malicia), Peccato Veniale (Péché Véniel), Fotografando Patrizia (Les Plaisirs Interdits) et Malizia 2mila (Malicia 2000).

 

Il signe deux musiques pour Dino Risi, Il Tigre (L’Homme à la Ferrari) en 1967 et Sesso e Volentieri (Les Derniers Monstres) en 1982 ainsi que pour Romolo Guerrieri pour Un Detective (Exécutions) en 1969 et Il Divorzio en 1970. Citons également Contestazione Generale (Contestation Générale) de Luigi Zampa, Il Furto è l’Anima del Commercio!?… (La Grosse Combine) de Bruno Corbucci, Conviene far Bene l’Amore (En 2000, il conviendra de bien faire l’amour) de Pasquale Festa Campanile ainsi qu’une adaptation en format mini-série du roman de Guy de Maupassant, Bel Ami. Enfin, on ajoutera volontiers à ces titres Nonostante le Apparenze… e Purchè la Nazione non lo Sappia… all’Onorevole Piacciono le Donne (Obsédé Malgré Lui), titre original interminable derrière lequel se cache une comédie politique et érotique qui a valu notoirement à son réalisateur Lucio Fulci les foudres de la censure italienne en 1972.

 

Fred Bongusto Photo 01

Florent Groult

Florent Groult

Rédacteur en chef adjoint
Né en 1974, originaire de Normandie, Florent Groult grandit au contact de la musique classique et, par trois coups de baguette (le King Kong de 1933, Forbidden Planet et Jaws) assénées au travers d'un écran TV, est touché assez tôt par la magie du cinéma. Il était sans doute inévitable que les deux finissent un jour ou l'autre par se conjuguer en une seule et même passion. Ce sera chose faite en 1993, à l'occasion de la sortie française du Dracula de Francis Ford Coppola. Fasciné dès lors par l’interaction entre musique et image qui lui révèle des horizons infinis de découvertes, il rejoint d'abord les membres de l’association caennaise CinéScores, contribuant modestement à leur fanzine et leur émission de radio sur une antenne locale (1994-1999), avant de participer à la création de l'association Colonne Sonore / L'Ecran Musical (1999-2002). En 2008, il co-fonde avec Olivier Desbrosses- UnderScores : le Magazine de la Musique de Film pour lequel il occupe depuis le poste de rédacteur en chef adjoint. En 2011, il contribue à l'ouvrage collectif intitulé John Williams : Un Alchimiste Musical (Editions L'Harmattan) et signe ses premières notes de livret pour le label spécialisé Music Box Records. Il devient par ailleurs cette même année membre de l'International Film Music Critics Association (IFMCA). La passion plus que jamais vivace, l'aventure continue aujourd'hui...
Florent Groult