Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede Scorebob le Sam 12 Sep 2020 08:36

volumineuse biographie mais y a t-il une Ă©tude de ses BO ?,



NON! On y cause surtout de sa passion pour le tricot et le point de croix :lol:
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede revpop le Sam 12 Sep 2020 09:28

Scorebob a Ă©crit:On y cause surtout de sa passion pour le tricot et le point de croix

Je l'offrirai donc à ma grand-mère ! ;)
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede Scorebob le Sam 12 Sep 2020 10:07

Un des commentaires sur la bio Française de Morricone:


DĂ©couverte d'un homme discret
Commenté en France le 1 septembre 2020

Peu d'informations sur sa vie privée. Sa vie professionnelle est passée en revue, et pas mal de considérations sur la technique musicale, ce qui, pour moi est un peu ardu ! Mais cet homme est sympathique, fort sympa !


https://www.amazon.fr/gp/product/284049 ... YYT9&psc=1
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede PatrickB le Sam 12 Sep 2020 13:52

revpop a écrit:Je remercie Christophe Olivo de m'avoir fait parvenir le spécial Morricone du fanzine Leitmotiv (le fameux Opus 21). Quel travail de la part du pape du Bis, Christophe Lemaire ! plus de 200 chroniques de BO avec toujours la même plume alerte et acérée ! un trésor de lecture !
De plus, pour l'année 1979, Christophe a mis en évidence, comme moi, une BO incomprise, suspecte et mésestimée par le clan des spécialistes qui a pour nom Dedicato al mare Egeo; Il est, par exemple, très lyrique sur les bouleversants soli de violons qui parsèment ce score !

En dehors de ce fanzine et de Maestro du site chimai existe t-il d'autres revues de passionnés d'Ennio ?
En élargissant quelque peu le spectre, existe t-il cette fois-ci des livres (en français si possible) qui seraient considérés comme une bible pour ces mêmes aficionados ?
N'en ayant lu aucun pour ma part. Par contre je pense plus particulièrement à Ma musique, ma vie chez Séguier, volumineuse biographie mais y a t-il une étude de ses BO ?, Ennio Morricone Perspective d'une oeuvre chez l'Harmattan, et Ennio Morricone. Biographie de Anne Lhassa, Jean Lhassa.
Avez-vous des avis avisés sur ce sujet ?


Avant la revue/fanzine Maestro, il y avait MSV, fanzine papier nb en format A5, en anglais, des années 80 à 2012. Evidemment beaucoup d'infos instructives. Maestro a pris la suite en 2013.

Le livre de Lhassa est très correct, et se lit très agréablement. Il aborde beaucoup de thèmes, livre à avoir, même s'il s'arrête évidemment à 1990.
On en a un peu parlé ici, son livre d'entretiens "Ma musique, ma vie" est excellent, une mine d'informations, une entrée en profondeur dans son univers, ses relations et son approche des metteurs en scène et techniciens, et la façon de concevoir et de réaliser son métier/passion. Et oui, il y a qq études de certaines BO, qui sont les passages les plus ardus, on s'en doute. Le livre est suffisamment dense et épais pour trouver ce qu'on attend.
Et pour une fois qu'un tel livre a été traduit en français, pas d'hésitation ! Il est au moins aussi important que le Legrand/Lerouge.
Il y a les livres avec ou de Miceli (avec Morricone), ou de Tornatore, ou le récent "Reflections on the music of EM - Fame & Legacy" de Sciannameo, mais ils sont en italien, et parfois en anglais pour un Miceli (Composing for the cinema) ou le Sciannameo.

Je suis beaucoup moins enthousiaste sur "Perspective d'une oeuvre", qui me parait rapide, baclé, simpliste ou simplificateur, malgré des efforts méritoires ça et là. Il passe rapidement de films en films ou de genres en genres.
PatrickB
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Nouveau messagede revpop le Dim 13 Sep 2020 12:49

Merci PatrickB pour toutes ces infos !
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede revpop le Dim 13 Sep 2020 12:55

Pour l'année 1980 j'ai encensé dix Bandes originales comprenant vingt-deux titres fabuleux :

Quatre titres de La Banquière

Trois titres de Il bandito dagli occhi azzurri, Si salvi chi vuole

Deux titres de Uomini e no, Professione figlio, La Dame aux camélias, Un sacco bello, Stark System

Un titre de Il pianeta d’acqua, The Island

Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1980 d'Ennio Morricone

Comme une aurore fulgurante, 1980 s'ouvre sur l'un des plus beaux thèmes d' Ennio échappé de la Banquière. J'ai choisi de commencer par le duo piano/violon, nu et magique, où l'archet foudroie la mélodie soutenue par les notes au bord des larmes du piano, le visage de Romy nous apparait là tel un mirage, puis, en enchainant, survient l'escadron des cordes qui, sur l'incontournable "Dedica", emporte tout dans la haute stratosphère .
Après il faut savoir redescendre, mais Ennio, le magicien, sait faire pour rester dans l'excellence : une partition piano jazz soulevée par des cordes hollywoodiennes ou brisée par un éclat de stridences expressionnistes (Il bandito dagli occhi azzurri), une marche au tempo spartiate suivie d'un morceau jazz-rock gorgé de lave brûlante (Si salvi chi vuole), une déferlante de sons et de rythmes de plus de sept minutes combinant le pointillisme de Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto et les rugissements de Un uomo da rispettare (Uomini e no); on entend la désespérance des cordes sur une plage de sable vénitienne de la belle époque (Professione figlio), un concerto de gouttes de piano glissant sur la peau diaphane de la dame aux camélias, le sifflement divin qui dodeline les têtes et attire les rayons du soleil (Un sacco bello) etc etc ...

L'année 81 : je mise tout sur le score Les Fesses à l'air du surdoué d'Andrew Bergman. Pas vous ?
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Nouveau messagede revpop le Mer 16 Sep 2020 12:55

Pour l'année 1981 j'ai encensé six Bandes originales comprenant seize titres fabuleux :

Quatre titres de Espion, lève-toi

Trois titres de Le Professionnel, La Disubbidienza, La tragedia di un uomo ridiculo

Deux titres de Butterfly

Un titre de Occhio alla penna

Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1981 d'Ennio Morricone


1981, à l'arrivée en France des rouges socialistes au pouvoir, Ennio perd ses repères, sa boulimie devient anorexique, sa légendaire qualité se lézarde tel un mur, il ne sait plus mixer le son d'une batterie qui ressemble de plus en plus au doum doum d' une marche éléphantesque, même Christophe Lemaire, le pape de la série B, perd ses repères en désignant On m'appelle Malabar comme étant son meilleur score de l'année.
Toutefois il faut savoir reprendre ses esprits et relativiser car même perdu Ennio nous sort de son cerveau enfumé encore quelques chefs-d'oeuvre.
De plus la production française est ici à l'honneur, comme cela est le fait depuis plusieurs années, certains diront, francophobes, que ce fut le début de la décadence. Sur la plus haute marche nous trouvons Espion, lève-toi, BO aussi stressante, libérant une angoisse primale, que travaillée comme un bijoutier, mais également le Professionnel avec ses incontournables "Le Retour" et surtout "Le Vent, le Cri", avec lequel nous sommes littéralement noyés de variations, ayant, moi, choisi de faire suivre deux variations (la III et la XIII) sans une once de batterie éléphantesque et faisant languir l'auditeur en retardant le plus possible l'arrivée de ses sacrés et satanés violons.
Mais il y a aussi des mélodies impossibles, venues d'ailleurs, des ambiances divines à vous foutre la chair de poule : la suite "Barbara" dans La Tragédie d'un homme ridicule en sera l'acmée !

J'ai la désagréable impression que l'année suivante va nous faire frisonner d'effroi, brrr....
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede Forrester le Mer 16 Sep 2020 16:55

Je viens très peu sur ce topic alors désolé si l'info est déjà passée.
Frantic, version FSM a fait l'objet d'une ressortie cette année?
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Nouveau messagede Scorebob le Mer 16 Sep 2020 17:11

FSM ne ressort plus rien , le label n'est plus actif question cds et son edition finale fut La Horde Sauvage , par contre Frantic est toujours dispo sur SAE au prix normal.


https://www1.screenarchives.com/title_d ... 7/FRANTIC/
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Nouveau messagede Forrester le Mer 16 Sep 2020 18:50

Scorebob a Ă©crit:FSM ne ressort plus rien , le label n'est plus actif question cds


Oui je savais, mais il me semblait que le titre était épuisé, d'où mon interrogation.
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede Gizmo le Jeu 17 Sep 2020 11:42

revpop a écrit:, même Christophe Lemaire, le pape de la série B, perd ses repères en désignant On m'appelle Malabar comme étant son meilleur score de l'année.


juste pour te signaler que le Christophe Lemaire qui écrivait dans leitmotiv, le bien nommé opus 21 sur Ennio, n'est pas le même qui officie dans Mad Movie entres autres.
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede revpop le Jeu 17 Sep 2020 12:36

Gizmo a écrit:juste pour te signaler que le Christophe Lemaire qui écrivait dans leitmotiv, le bien nommé opus 21 sur Ennio, n'est pas le même qui officie dans Mad Movie entres autres.


Merci de rectifier cette erreur ! j'avais cru que c'Ă©tait la plume de Mad Movies et de Rock & Folk !
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Nouveau messagede revpop le Mar 22 Sep 2020 12:57

Pour l'année 1982 j'ai encensé sept Bandes originales comprenant dix-neuf titres fabuleux :

Cinq titres de Marco Polo

Trois titres de White Dog, Extrasensorial

Deux titres de Le Ruffian, A Time to Die, The Scarlet and the Black, The Thing


Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1982 d'Ennio Morricone


L'année 1982 est marquée au fer rouge par Marco Polo, série TV de la RAI de huit épisodes : la rencontre de Venise et de la muraille de Chine dans un score où l'aventure de la soie est galvanisée par des orchestrations luxuriantes, une mélancolie secrète qui s'égrène tout le long du voyage, des thèmes contemplatifs qui font flamboyer les Orients.
Mais cette année est aussi hantée par d'autres paysages, ceux intérieurs comme White Dog ou Extrasensorial dans lesquels la musique la plus sublime valse avec les pulsions de mort les plus horribles, ceux nostalgiques comme Le Ruffian, une ode aux contrées sauvages peuplées de mirages, et pour finir par des paysages horrifiques faits de glace et d'inconnu où la chose vous glace de son regard !

L'année suivante aura t-elle droit à d'aussi beaux paysages imaginaires ?
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede revpop le Jeu 24 Sep 2020 22:54

Pour l'année 1983 j'ai encensé six Bandes originales comprenant quatorze titres fabuleux :

Quatre titres de Copkiller, Les Voleurs de la nuit

Deux titres de Le Marginal, Sahara

Un titre de Nana, La Chiave


Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1983 d'Ennio Morricone


Après l'ambiance exotique "Rêve dans le pavillon rouge" de la BO Marco Polo, cette année est traversée par une suite de symphonies pour cités violentes, où des thèmes sombres, crépusculaires, sont propulsés par des basses monstrueuses, des chocs de batterie tels des coups de tonnerre, des synthés d'outre-tombe et des cordes stridentes qui cisaillent le ciel d'orage. Ce chaos envahit l'atmosphère sulfureuse et se déverse dans les rues de la ville, pleine d'ombres et de fureurs, avec Ennio Morricone comme chef d'orchestre (Copkiller, Les Voleurs de la nuit, Le Marginal).
Vous trouverez aussi un calque de David Bowie période Heroes plus vrai que jamais ("Forecast") pour illustrer une certaine idée de décadence fin de siècle. Heureusement Ennio, c'est son secret, nous a concocté quelques havres de paix, quelques oasis de sensualité, aussi délicieux que romantiques.
(Pour compléter, Ennio a même commis un de ses plus mauvais scores, le nanar Hundra ! grosse machine hollywoodienne pleine de cuivres pétaradants et de choeurs mélodramatiques !)

Chut ! silence, mes amis, la porte se ferme doucement sur l'antre sombre du Maestro oĂą seule une lampe Ă©claire, Ă  peine, la partition sur laquelle le mot America figure en lettres toutes tremblantes. Chut ! On tourne ...
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Nouveau messagede revpop le Sam 26 Sep 2020 10:36

Pour l'année 1984 j'ai encensé une UNIQUE Bande originale comprenant huit titres fabuleux :

Huit titres de Once Upon a Time in America


Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1984 d'Ennio Morricone


Il est illusoire de croire que les miracles peuvent se multiplier Ă  l'infini, le miracle est de soi unique et singulier. Once Upon A Time In America en est un, et un GRAND.
1984, à l'époque du Big Brother de George Orwell, livre lu pour un futur appelé enfer, deux romains, pratiquement du même âge, décide de plonger en apnée vers un passé qui rappelle la naissance d'une Nation, l'émergence d'un nouvel Eldorado, mais qui porte en lui aussi les graines de violence que dénoncera plus tard l'écrivain. Tout en racontant des amitiés humaines qui se veulent indissolubles, indéfectibles.
Une multitude d'images de ce chef d'oeuvre est gravée dans nos mémoires comme le fumoir d'opium, Deborah dansant, la gare lugubre de New York, le téléphone sonnant le glas...
Mais que dire de la musique ? Ennio s'est surpassé en composant de nombreux thèmes : Poverty, Deborah, Cockeye, Friendship, Amapola où le souffle d'une flûte de pan est comme le souffle du coeur, où les cordes possèdent ici des accents divinement mahlériens, où les cuivres fêtent là les fins de partie, et la voix céleste d'Edda Dell'Orso élève la mélodie de Deborah au dessus des plaintes des violons et fait un pas de deux sur des notes de clavecin ... Inoubliable !
Comment expliquer cette osmose entre les deux créateurs romains ?

C'est comme si pouvaient se fondre et se loger
Tous les rĂŞves de films dans les yeux de Leone
Toutes les musiques au coeur de Morricone.
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Nouveau messagede Dadid le Sam 26 Sep 2020 10:57

Oui, d'accord, chef-d’œuvre, inutile d'en rajouter : Morricone n'a pas composé Amapola ! ;) Par contre sa manière de citer cette vieille mélodie en écho dans un des morceaux, j'adore.
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Nouveau messagede revpop le Sam 26 Sep 2020 11:05

Dadid a écrit:Morricone n'a pas composé Amapola !


Tu as tout à fait raison, ce morceau a été composé par José María Lacalle García (ou Joseph M. Lacalle) en 1920 !
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Nouveau messagede Dadid le Sam 26 Sep 2020 11:31

ça ne va pas rajeunir notre vieux Lee de lire ça... :mrgreen:
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Nouveau messagede PatrickB le Lun 28 Sep 2020 14:04

Chef d'oeuvre absolu, indissociable du film, qui avec ses caractéristiques si uniques, hors normes, a permis à la musique d'être à son niveau.
Musique plus riche que l'album, beaucoup d'inédits très intéressants...

Elle aurait naturellement mérité l'Oscar haut la main, mais il en a été absent tout simplement parce que la production (ou le distributeur) a simplement oublié de l'enregistrer à cette compétition !
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede Lee Van Cleef le Lun 28 Sep 2020 15:15

Je ne parle que pour ma squelettique personne, soit précisé en passant, mais le départ sans tambour ni trompette du très auguste Janus a laissé en plein sur l'arcade sourcilière d'UnderScores une vilaine balafre, de ces stigmates hideux qu'aucun baume ne paraît en mesure de résorber un jour... A tout le moins, ainsi étaient les noires ruminations gonflant mon esprit avant que le Révéré Pop ne jaillisse dont ne sait quelles brumes miroitantes de chaleur, le cigarillo vissé à ses lèvres cerclées d'une barbe dure. Non point laconique, comme on aurait pu le penser de prime abord, mais sous le joug d'une merveilleuse logorrhée, ce thuriféraire déclaré de feu Janus fait depuis lors des pieds, des mains et des ailes membraneuses dans l'espoir d'être reconnu pour un digne héritier. En ce qui me concerne, l'élève n'a pas le moindrement à rougir du maître. Que son écritoire laquée épande longtemps encore ces adorables textes luisants de ferveur !
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Nouveau messagede revpop le Lun 28 Sep 2020 17:14

Effectivement, Lee, je dédicace à l'ami Janus cette playlist (en work in progress) sans sel sériel ni musique atonale mais 100% matières grasses et sucreries.
Notre Janus perdu de vue ! mais pourquoi donc ? Je laisse notre barde Shakespeare nous répondre dans son sonnet 33 :

"Vu Janus tel un matin radieux caresser
Les cimes des montagnes de son oeil souverain,
De son visage d'or baiser les prairies vertes,
Dorer les cours d'eau pâles par divine alchimie,

Mais permettre bientôt aux plus viles nuées
De trainer leur laideur sur sa céleste face,
Du monde abandonné détournant son visage
Pour fuir, caché, vers l'ouest avec cette disgrâce.
"

(traduction légèrement modifiée de Robert Ellrodt)
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Nouveau messagede revpop le Lun 28 Sep 2020 21:04

Qui sont ces "viles nuées" ? les jeunes compositeurs d'aujourd'hui ?
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede Lee Van Cleef le Lun 28 Sep 2020 21:44

revpop a écrit:Qui sont ces "viles nuées" ? les jeunes compositeurs d'aujourd'hui ?


Oui, à n'en pas douter, ces nuées de blancs-becs assez fats pour se convaincre eux-mêmes que leur musique est la plus grande invention terrestre depuis le fil à couper le beurre et les gogues publiques. Mais il se trouve également de ces sinistres personnages parmi des compositeurs un chouïa moins jeunes, n'allez surtout pas croire, gentlemen !
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede Starfe le Lun 28 Sep 2020 21:56

Lee Van Cleef a Ă©crit:Mais il se trouve Ă©galement de ces sinistres personnages parmi des compositeurs un chouĂŻa moins jeunes, n'allez surtout pas croire, gentlemen !

Préviens quand tu mets ce genre de lien. Je me sens tout sale maintenant. :? :|
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Ennio Morricone: génial stakhanoviste.

Nouveau messagede revpop le Mer 30 Sep 2020 12:47

Pour l'année 1985 j'ai encensé six Bandes originales comprenant treize titres fabuleux :

Quatre titres de La Piovra 2

Deux titres de Il pentito, La gabbia, Via mala, Red Sonja

Un titre de La Cage aux folles 3


Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1985 d'Ennio Morricone


Ennio Morricone rentre chez lui, secoue son manteau trempé, sa casquette en tweed et les pose négligemment dans le vestibule. Il chemine à travers les longs couloirs de son appartement romain jusqu'à une porte qu'il ouvre de sa clé, car elle toujours fermée. Elle donne sur une grande pièce sombre et presque nue où se trouvent un tréteau sur lequel maintes partitions sont posées, un piano droit dans un coin, une méridienne pour se reposer. Et un téléphone qui, justement, sonna. Christophe Lemaire, alors jeune étudiant, venait le féliciter pour son admirable travail sur le film de Leone.
- "Merci, merci beaucoup, mais vois-tu, je suis las, vidé, surtout que Sergio vient de m'annoncer que les américains, toujours aussi irresponsables, voulaient charcuter son film, tant d'efforts pour en arriver là, tout ça pour ça"
- "Ce n'est pas possible, ils n'ont pas le droit de ..."
- "L'argent donne tous les droits, vois-tu, c'est pourquoi je veux faire une pause, me replonger ..."
- "Bonne idée, les plages de Rimini sont belles et calmes hors la saison touristique, peut-être même que Fellini sera présent et ..."
- "Non et non ! c'est pas çà, décidément personne ne veut m'écouter, je disais que je veux me replonger au plus profond de moi-même, être seul avec moi-même, tu comprends ?"

Christophe Lemaire écrivit, vingt ans plus tard, que l'année suivante à son coup de téléphone commencèrent les années mystiques d'Ennio Morricone.

Ennio, fatigué, reprit toutes ses partitions en fouillis qui juchaient sur son tréteau de travail.
Repiqua quelques idées, de Once Upon A Time In America il reprit "Unused theme" pour Il pentito, du Professionnel le thème "Le Retour" pour La gabbia.
Se demanda pourquoi il avait signé avec Richard Fleisher pour ce qu'il pensait être un gros nanar (Red Sonja), comprenez-moi comment écrire un thème comme "Cockeye" pour les muscles d'Arnold, et encore plus désolant, comment se surpasser pour les yeux bovins de Brigitte Nielsen alors que la gracile Elisabeth McGovern en avait de si beaux ?
Se fit la réflexion que La Poivra serait une superbe série sur la mafia, et que de toutes les façons la mafia le motivait toujours, lui donnait plus que des ailes.
"En tout cas quelle année triste" se disait-il quand il sortit d'un gros tas une partition toute froissée, "Ah zut j'ai oublié que je devais me coltiner le troisième épisode de [i]La cage aux folles ![/i]". Sans bien comprendre ce qui lui arrivait, sa pensée muta ailleurs : il se souvint de ce vers de Rilke "Pomme à la rondeur pleine et poire, banane, groseille..." et il se mit soudain à improviser sur papier quelques notes aussi chatoyantes que chantantes ("Ask Me #2").
En pensant au grand écart qu'il venait de faire, associé Rilke et La cage aux folles, Ennio sourit.
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