The Island At The Top Of The World (Maurice Jarre)

Maurice Jarre chez l'oncle Walt

Disques • Publié le 07/03/2012 par

The Island At The Top Of The WorldTHE ISLAND AT THE TOP OF THE WORLD (1974)
L’ÎLE SUR LE TOIT DU MONDE
Compositeur :
Maurice Jarre
Durée : 47:44 | 20 pistes
Éditeur : Intrada

 

3 Stars

The Island At The Top Of The World, c’est d’abord un improbable voyage au cœur de l’Arctique pour quatre aventuriers à la recherche d’un fils perdu (et recueilli par un peuple viking, mais oui !), adaptation d’un roman signé du britannique Donald Gordon Payne sous le pseudonyme de Ian Cameron. Pour Maurice Jarre, ce n’est ni plus ni moins qu’une simple et ponctuelle incursion dans l’univers merveilleux des productions de l’oncle Walt. Si la contribution apparaît donc tout à fait anecdotique aujourd’hui dans une filmographie alors déjà fort bien fournie, elle n’en demeure pas moins un solide soutien aux images mises en boîte par Robert Stevenson.

 

A les revoir aujourd’hui, celles-ci accusent d’ailleurs le poids des ans et pourtant – allez savoir pourquoi – il émane encore de ce récit suranné et bon enfant, assorti d’effets visuels désuets, un doux parfum d’antan qui rend la séance bien sympathique. Si elle s’en sort avec de plus grands honneurs, la musique ne contredit en rien cette impression générale : on se surprend par exemple à penser que le thème principal enlevé et éclatant, présenté en ouverture, aurait fort bien convenu au générique de quelque série TV d’aventure de l’époque ou même plus ancienne. La partition orchestrale toute entière obéit ainsi aux conventions de son temps, et si elle accompagne l’action de manière sans doute trop superficielle par moment, elle s’avère être elle-même tout à fait animée et réjouissante.

 

The Island At The Top Of The World

 

Le ton utilisé y est largement pluriel, particulièrement au cours d’une première partie tour à tour sautillante, dramatique et mystérieuse, où le compositeur se permet des effets humoristiques savoureux, entre rapides citations de la Marseillaise lorsqu’il est question du patriotisme du truculent inventeur français et cloches résonnant au sein de l’orchestre alors qu’à l’écran des hommes se balancent aux filins d’un dirigeable tels des sonneurs de Notre Dame… Comme à l’habitude, Maurice Jarre varie les timbres au gré de développements mélodiques caractéristiques (on retiendra la valse soulignant l’exaltation du vol) et d’orchestrations colorées permettant en toutes occasions de mettre en avant le jeu d’instruments solistes divers (piano, clarinette, flûte ou cymbalum). La suite paraîtra en comparaison sans doute plus conventionnelle, les percussions s’imposant sans surprise alors que se succèdent à l’écran les scènes de cérémonies, de conseils et de poursuites au pays viking.

 

En fin de compte, si l’on pourra bel et bien la juger relativement mineure, non sans une certaine sévérité il est vrai, cette partition reste typique de son auteur et, rien qu’à ce titre, méritait bien une (re)découverte sur support CD. En effet, pendant longtemps ne subsistaient pour l’apprécier (hormis le film lui-même bien entendu) qu’un vieux LP à la bande-son parasitée de dialogues et, pour les plus chanceux, une piste isolée sur un lointain LaserDisc. Intrada répare aujourd’hui cette lacune en offrant un confort d’écoute jusqu’ici inédit : alors, prêts à vous embarquer pour cette aventure ?

 

The Island At The Top Of The World

Florent Groult

Florent Groult

Rédacteur en chef adjoint
Né en 1974, originaire de Normandie, Florent Groult grandit au contact de la musique classique et, par trois coups de baguette (le King Kong de 1933, Forbidden Planet et Jaws) assénées au travers d'un écran TV, est touché assez tôt par la magie du cinéma. Il était sans doute inévitable que les deux finissent un jour ou l'autre par se conjuguer en une seule et même passion. Ce sera chose faite en 1993, à l'occasion de la sortie française du Dracula de Francis Ford Coppola. Fasciné dès lors par l’interaction entre musique et image qui lui révèle des horizons infinis de découvertes, il rejoint d'abord les membres de l’association caennaise CinéScores, contribuant modestement à leur fanzine et leur émission de radio sur une antenne locale (1994-1999), avant de participer à la création de l'association Colonne Sonore / L'Ecran Musical (1999-2002). En 2008, il co-fonde avec Olivier Desbrosses- UnderScores : le Magazine de la Musique de Film pour lequel il occupe depuis le poste de rédacteur en chef adjoint. En 2011, il contribue à l'ouvrage collectif intitulé John Williams : Un Alchimiste Musical (Editions L'Harmattan) et signe ses premières notes de livret pour le label spécialisé Music Box Records. Il devient par ailleurs cette même année membre de l'International Film Music Critics Association (IFMCA). La passion plus que jamais vivace, l'aventure continue aujourd'hui...
Florent Groult