Dennis McCarthy aux portes de l’univers
Disques • Publié le 07/06/2009 par

 

STAR TREK: ENTERPRISE (2001)

STAR TREK : ENTERPRISE

Compositeur : Dennis McCarthy

Durée : 49:30 | 15 pistes

CD : Decca Records

Rating: ★★★☆☆

 

 

Pendant près de vingt ans, Dennis McCarthy a été aux commandes de la musique des différentes séries tirées de l’univers de Gene Roddenberry, et cette cinquième déclinaison ne fait pas exception à la règle. L’illustration musicale de Star Trek possède en effet une qualité particulière qui garantit une certaine cohérence entre les différentes déclinaisons de la saga. L’auteur de V est un vieux loup de l’espace pour qui la musique de télévision n’a plus de secrets : le nombre de ses expériences et sa brillante incursion au cinéma avec Star Trek Generations le prouvent, et son travail pour le pilote de Star Trek : Enterprise confirme son statut haut la main.

 

Même si l’on ne doit pas s’attendre aux éclats orchestraux qui émaillent le septième film de la franchise, la charte musicale de Star Trek est respectée et l’auditeur aura donc l’occasion de découvrir le thème relatif au personnage de Jonathan Archer, le capitaine du tout premier Enterprise. En sus de l’émotion que dégage le baptême du vaisseau mythique, le compositeur s’est appliqué à véhiculer dans New Enterprise la soif de découvertes qui meut le personnage interprété par Scott Bakula. Le thème principal est donc en forme d’hymne, très américain dans le ton sans pour autant être patriotique, et l’on s’attachera plus à l’histoire personnelle de Jonathan Archer qu’au drapeau étoilé qu’il n’arbore d’ailleurs pas : dans Star Trek : Enterprise, les humains ne travaillent que pour le service rendu et sont tous réunis au sein d’une même Fédération. L’utopie revendiquée par Star Trek appartient avant tout à ces hommes et c’est plutôt une volonté d’aller de l’avant qui transparaît à travers ce thème, qui prolonge d’ailleurs les mélodies mythiques de ses prédécesseurs. Pour le reste, les compositions de l’auteur de Stargate SG-1 soutiennent l’action et le suspense de façon efficace, bénéficiant d’orchestrations moins hétéroclites que dans Star Trek : The Next Generation (Star Trek : la Nouvelle Génération), qui se nourrissait encore beaucoup des films mis en musique par Jerry Goldsmith et James Horner, mais avec plus de puissance que dans Star Trek : Deep Space Nine, qui privilégiait la tension des intrigues politiques. La sensation de danger est souvent présente (Klingon Chase-Shotgunned, Klang-Napped et Phaser Fight) tandis que le reste du score alterne entre ambiance inquiétante (Morph-O-Mama / Suli-Nabbed) et action plus dramatique (The Rescue).

 

C’est de notoriété publique, la seule faute de goût dans tout cela est la chanson écrite par Diane Warren et interprétée par Russell Watson : Where My Heart Will Take Me reflète bien l’état d’esprit du capitaine Archer, mais ce générique en forme de ballade pop ne correspond pas du tout à cet esprit musical inhérent aux séries Star Trek, incarné habituellement par un thème à la fois fort, digne et réservé. Nous n’en tiendrons évidemment pas rigueur à Dennis McCarthy, qui avait pourtant composé pour ce même générique un Archer’s Theme bien plus satisfaisant.

01. Where My Heart Will Take Me (Album version) (Performed by Russell Watson) (4:09)
02. New Enterprise (1:40)
03. Klingon Chase-Shotgunned (2:05)
04. Enterprise First Flight (2:50)
05. Klang-Napped (2:10)
06. Morph-O-Mama / Suli-Nabbed (2:45)
07. Phaser Fight (5:53)
08. Breakthrough (2:01)
09. Grappled (4:09)
10. The Rescue (6:40)
11. Temporal Battle (8:05)
12. Blood Work (2:11)
13. New Horizons (1:26)
14. Archer’s Theme (1:24)
15. Where My Heart Will Take Me (TV version)
(Performed by Russell Watson) (1:28)


FICHE TECHNIQUE


Direction d’orchestre : Dennis McCarthy

Prise de son : Rick Winquest

Montage musique : Steve Rowe

Studio d’enregistrement : Stage M, Paramount Pictures Studios

 

 

Sebastien Faelens

Sebastien Faelens

Rédacteur
Cinéphile depuis sa plus tendre enfance, ce n’est qu’à ses dix-huit ans que Sébastien commence réellement à écouter la musique de film en dehors de son support. Effectivement, il s'écoulera de nombreuses années d’errements dans les vidéo-clubs de Beauvais à la recherche de films bien trop violents pour son âge, avant sa rencontre pendant ses études avec Vivien Lejeune, qui deviendra rapidement un ami et un premier guide passionné dans l’univers de la B.O. Puis c’est l’escalade : la rencontre avec Olivier Soudé, puis la participation aux magazines Dreams to Dreams et Cinéfonia finiront de rendre le jeune métalleux complètement accroc aux trames sonores, ce qui a longtemps conforté ses parents dans l’idée qu’il avait probablement des fréquentations peu recommandables malgré son apparente tranquillité. Mais le célèbre magazine périclite en 2006 et c’est après trois ans d’une retraite bien méritée qu’il reprend du service comme rédacteur puis secrétaire de rédaction d’UnderScores : les années ont passé mais la passion est restée intacte !
Sebastien Faelens