The Golden Age Of Danish Pornography (Alex Puddu)

Hommes, Femmes : Mode d'Emploi

La décade prodigieuse • Publié le 12/03/2019 par

The Golden Age Of Danish PornographyTHE GOLDEN AGE OF DANISH PORNOGRAPHY (1970-1974)
Compositeur : Alex Puddu
Durée : 57:04 | 14 pistes
Éditeur : Schema Easy Series (2012)

 

3.5 Stars

 

Dans un épisode de la série animée Family Guy, le petit monde du cinéma X, une fois n’est pas coutume tout endimanché, se réunit aux Adult Movie Awards pour distribuer une poignée de statuettes phalliques. Sans surprise, les nominés pour la meilleure musique sont de gentils bricolos armés en tout et pour tout d’un synclavier antédiluvien… quand soudain, apparaît John Williams à la tête du London Symphony Orchestra ! Rires gras parmi les béophiles postés devant leur écran. Moue dépitée sur la figure des compositeurs passés petits maîtres des galipettes athlétiques, qui ne pourront jamais que rêver de pareil luxe. Aux antipodes de ce cafard tenace, Alex Puddu se révèle, lui, un homme heureux ! Grâce à son ami Jan Schmidt, récipiendaire fortuné de courts métrages réalisés dans les années 70 par le père fondateur du hardcore danois Freddy Weiss, voilà qu’il se retrouve, quarante ans après les faits, à lutiner les beats disco-funk d’antan pour suppléer des pistes sonores endommagées. L’inspiration, joyeusement débridée, vibrante d’un tonus groovy préservant l’hommage attendu des traquenards de la muséification, répond présente de bout en bout, l’instrumentarium pour lui donner l’étincelle de vie itou. Une pointe de sitar pour les jeux de séduction, même embryonnaires, un saxophone en sueur ou une guitare électrique qui s’emballe pour haranguer les coups de reins : l’immarcescible recette de l’amour vrai !

  Votre femme ronfle ? Une seule solution : le coup de trique !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
  • The Vikings