La Noche de los Brujos (Fernando García Morcillo)

Mes Sorcières Bien-Aimées

La décade prodigieuse • Publié le 28/02/2019 par

La Noche de los BrujosLA NOCHE DE LOS BRUJOS / EL MONTE DE LAS BRUJAS (1974/1975)
THE NIGHT OF THE SORCERERS / THE WITCHES MOUNTAIN
Compositeur :
Fernando García Morcillo
Durée : 57:45 | 23 pistes
Éditeur : Quartet Records (2017)

 

3.5 Stars

 

C’était le soir d’Halloween, peu après que les ombres sournoises eurent délivré leur cargaison de silhouettes bossues et claudiquantes. Trick or treat! glapirent en chœur sur le perron de Quartet quelques mélomanes peinturlurés en revenants baveux. L’éditeur espagnol donna-t-il à ces zombies en goguette un sachet rempli de douceurs multicolores ? Il fit bien mieux en dégainant un brelan de disques horrifiques, tous en provenance de l’Espagne des 70’s bientôt soulagée du joug franquiste et avide de rassasier ses bas instincts trop longtemps corsetés. Les héros de cette fournée bariolée se nomment Alfonso Santisteban ou, dans le cas qui a notre attention, Fernando García Morcillo, des stakhanovistes du bis que l’histoire de la musique de film, gênée aux entournures, préféra garder claquemurés au fond d’une cave humide. Ô pusillanimité tragique ! Car ces braves savaient y faire. Il n’est qu’à se repaître de La Noche de los Brujos, fourre-tout ébouriffé dont les tams-tams tribaux pour night-club font jubilatoire ménage avec les fameux (et désopilants) ralentis du cinéaste Amando de Ossorio, ou l’électrique El Monte de las Brujas qui passe à la moulinette d’un lyrisme pop un dies irae impie, véritable hosanna à destination du Prince des Ténèbres et de son enfer soyeux, pour aussitôt réclamer une nouvelle lampée de ces délices ibériques si savoureusement old school. Trick, treat… and goddamn music !

  T'as vu ? Chui allé chez le dentiste !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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