Jaws: The Revenge (Michael Small)

(Very) Big Fish

La décade prodigieuse • Publié le 06/02/2019 par

Jaws: The RevengeJAWS: THE REVENGE (1987)
LES DENTS DE LA MER 4: LA REVANCHE
Compositeur :
Michael Small
Durée : 49:58 | 34 pistes
Éditeur : Intrada (2015)

 

3.5 Stars

 

Les descendants de Bruce, le carcharodon carcharias au sourire charmeur de Jaws, ont de toute évidence la dent dure. Exemple parfait, le benjamin, aiguillonné par son serment de venger ses aînés tous massacrés par la famille Brody, taille la route jusqu’en mer des Caraïbes où les proies qui l’obnubilent coulent des jours heureux. Fin du fin, un lien psychique semble se nouer entre le squale et la veuve du glorieux éradicateur de requin, occasionnant d’inénarrables scènes oniriques et autres flashbacks dont la matière première provient, en tout bien tout honneur évidemment, du film de Spielberg. Pour cette incursion aux airs de fugue impulsive dans le cinéma d’horreur, Michael Small, petit prince hélas jamais vraiment adoubé du thriller seventies, rêvait sans doute à moins adipeux que cette ixième suite qui expédie droit par le fond une saga déjà moribonde. Mais cadeau empoisonné ou non, il mit tout en œuvre pour tenir cet esquif vermoulu le plus loin possible des récifs du ridicule. D’aucuns, dardant une langue de vipère, dénoncèrent un succès mitigé, dans la mesure où le tout nouveau motif du squale véhément, par ses caverneux gaz électroniques, peut évoquer autant le péril mortel caché sous les eaux turquoise qu’une brutale crise d’hémorroïdes tourmentant notre mangeur d’hommes. Small voulait-il apporter ainsi un embryon de réponse au badaboum final, dont les historiens du 7ème Art et autres fiers accros au nanar s’escriment en vain depuis trente ans à mettre à nu les secrets ?

  Giligili !!!

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse