Missing In Action (Jay Chattaway)

Perdus de recherche

La décade prodigieuse • Publié le 31/12/2018 par

Missing In ActionMISSING IN ACTION (1984)
PORTÉS DISPARUS
Compositeur :
Jay Chattaway
Durée : 73:01 | 19 pistes
Éditeur : Intrada (2008)

 

2 Stars

 

Quel Blitzkrieg ce fut ! Au programme, moustaches palpitantes et chemise échancrée sur un torse à poils drus. En quelques mois frénétiques, Intrada gratifia moult « Cannoneries » désargentées de copieuses intégrales, qui exhibaient leurs pistes inédites comme autant de cartouchières bringuebalant contre la poitrine de virils action men. Après tout, s’il ne fallait désigner qu’un seul vainqueur parmi les apôtres aux mâchoires crispées de la Rambomania qui incendia les années 80, ce serait sans nul doute Chuck Norris. L’animal avait bien mérité un aussi flamboyant hommage mélomane, dont les disques successifs se volatilisèrent chaque fois au bout de quelques jours seulement. Absurde, vous récrierez-vous ? C’était un autre temps, une ère consumériste (il fallait tout avoir) où le béophile européen, inquiet à l’idée qu’un rival pût dérober à son nez et à sa barbe quelque Graal crucial, guettait jusqu’à une heure indue des extraits dont même les plus crachotants acquéraient, au creux des cerveaux embrumés par la fatigue, l’enchanteresse séduction de la mélopée des sirènes. Jay Chattaway peut dire merci : pour attiser les convoitises, son petit orchestre, imbibé de synthés so eighties en guise de créatine, besogneux mais guère étincelant face au tempo de mitraillette des punchlines éructées par le all american hero Chuck, avait grand besoin d’un coup de pouce du destin.

 

Missing In Action

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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