El Zorro / Supersonic Man (Gino Peguri)

Deux loustics en bordée

La décade prodigieuse • Publié le 27/12/2018 par

El Zorro - Supersonic Man CoverEL ZORRO / SUPERSONIC MAN (1968 / 1979)
EL ZORRO / SUPERSONIC MAN
Compositeur :
Gino Peguri
Durée : 67:58 | 29 pistes
Éditeur : GDM (2009)

 

5 Stars

A quoi bon mentir au lecteur innocent ? Non, ce n’est pas pour El Zorro que le fourbe auteur de ces lignes recommande chaudement l’écoute du présent album. Le film n’est certes pas la plus aberrante déclinaison des exploits du sémillant hidalgo masqué contre la tyrannie, tant s’en faut, et la musique du faiseur tout-terrain Gino Peguri, quoique trop disciplinée pour oser s’aventurer à quelque excès de zèle, remplit son contrat avec ce qu’il n’est pas défendu de considérer comme un petit panache – une tonne de solos de trompette calliente, de guitare sèche pleurant au clair de lune les cœurs meurtris et de castagnettes saisies de bougeotte, donc. Mais tout ceci n’est que peccadille à l’aune du véritable morceau de bravoure de ce double programme. La justice, cette fois encore, porte un masque, mais complété d’un collant rouge et d’un rideau de douche pailleté. Supersonic Man est là ! Le voir zigzaguer parmi les étoiles au moyen de trucages rien moins qu’avant-gardistes constitue, en soi, une friandise impossible à bouder. La chanson disco dont il est flanqué achève avec superbe de nimber ce cousin ibère de Superman (qui?) d’un chic sans pareil. Le reste a beau faire assaut de plaisirs frelatés, entre un fac-similé pas si déshonorant du thème de John Williams et un gloubi-boulga électronique traduisant à la hussarde l’idée que se fait Peguri d’une technologie alien, cet hymne surplombé par une colossale boule à facette phagocyte tout. Méfiance ! Une fois qu’il aura fracturé les portes de votre encéphale, rien au monde ne pourra plus l’en déloger.

 

Supersonic Man

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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