Ô joie ! L'occasion (funèbre) faisant le larron, Arte aurait pu s'encanailler en nous balançant en lieu et place d'hommage On n'est pas Sorti de l'Auberge, ou Arrête de Ramer, t'Attaques la Falaise !, chefs-d'oeuvre pétomanes dont feu Bernadette a dû se demander jusque sur son lit de mort comment diable elle s'était débrouillée pour échouer à leur générique. Au lieu de quoi, l'érudite chaîne nous propose ce soir La Maman et la Putain, film de Jean Eustache que je désirais voir depuis quelques lustres. S'ils pouvaient aussi en profiter pour diffuser le très convoité (par le vieux Van Cleef, donc) Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol, voici qui achèverait de me combler.
Re: Une belle fille comme moi
Publié : mar. 30 juil. 2013 00:57
par Chapichapo
Lee Van Cleef a écrit :Ô joie ! L'occasion (funèbre) faisant le larron, Arte aurait pu s'encanailler en nous balançant en lieu et place d'hommage On n'est pas Sorti de l'Auberge, ou Arrête de Ramer, t'Attaques la Falaise !, chefs-d'oeuvre pétomanes dont feu Bernadette a dû se demander jusque sur son lit de mort comment diable elle s'était débrouillée pour échouer à leur générique. Au lieu de quoi, l'érudite chaîne nous propose ce soir La Maman et la Putain, film de Jean Eustache que je désirais voir depuis quelques lustres. S'ils pouvaient aussi en profiter pour diffuser le très convoité (par le vieux Van Cleef, donc) Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol, voici qui achèverait de me combler.
Bien vu pour " Les bonnes femmes", c'est à mon goût le meilleur Chabrol avec " La femme infidèle".
Re: Une belle fille comme moi
Publié : jeu. 8 août 2013 21:50
par Lee Van Cleef
Ma résolution aurait peut-être flanché si j'avais su, avant de m'attaquer au bestiau, que sa durée culminait à la pharaonique hauteur de 3 heures 40. Fallait quand même se le coltiner, tout ça, et les premières phases d'approche, essentiellement marquées par la diction croulant sous les affèteries de Jean-Pierre Léaud et la mise en scène pour ainsi dire inexistante de Jean Eustache, n'incitaient pas à l'optimisme. Pourtant, d'une façon presque insensible, le charme nonchalant de La Maman et la Putain se révèle peu à peu. Un certain agacement point régulièrement face aux sophismes dont tous ces d'jeuns ont la bouche pleine, mais le parfum désenchanté qu'ils exhalent est le plus fort. Tant et si bien que le film, dans les moments où il se livre sans la moindre retenue, réussit à bouleverser... et même, bien plus souvent qu'on ne se l'imaginerait, à faire rire grassement ! Entre les répliques dont on jurerait qu'elle n'ont été écrites que pour enchanter tous les Misqua de la planète ("J'ai pas envie de baiser avec lui, il a une queue en forme de bec de théière") et les calembours tapant allègrement en-dessous de la ceinture, Eustache botte les fesses au rigorisme mortifère qui est, pour beaucoup, la seule définition possible de l'auteurisme français. Hey Grand Sachem, tu connais la différence entre la myxomatose et la blennorragie ? Non ? Bah tant pis pour toi, t'avais qu'à mater le film pour savoir.