War Horse (John Williams)

Chroniques | Chroniques Express | Par Olivier Desbrosses | Publié le 22/02/2012   

war-horse-cd-150x150WAR HORSE (2011)

CHEVAL DE GUERRE

Compositeur :

Durée : 65:25 | 16 pistes

Éditeur : Sony

★★★★½
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Une nouvelle partition de pour un film de Steven Spielberg constitue toujours un évènement, et cette vingtième-huitième collaboration entre les deux hommes ne fait pas exception. De toute évidence, War Horse a puissamment inspiré le compositeur, comme le démontrent rapidement les multiples émotions ressenties lors d’une première écoute de cet album conçu, comme à l’habitude chez Williams, en tant qu’expérience musicale à part entière.

 

Une flûte solitaire, qui sera un instrument clé tout au long du disque, ouvre le bal avec une mélodie d’inspiration celtique qui n’est pas sans rappeler l’ouverture de Far And Away (Horizons Lointains). Puis l’orchestre prend le relais, introduisant successivement deux autres thèmes majeurs. Déjà, Williams tisse brillamment son canevas mélodique, et l’on retrouve avec plaisir le style inimitable du compositeur, les pleins et déliés d’une calligraphie élégante que l’on connait par cœur mais dont on ne se lasse jamais. La première partie de l’album enchaîne ainsi des pièces typiques du lyrisme propre à Williams, aux cordes somptueuses et aux cuivres étincelants, par le biais d’orchestrations toujours plus ciselées et d’un art du contrepoint sans égal. Après quelques passages plus légers construits autour d’une une petite marche ironique, la composition se partage entre une douceur champêtre à mi-chemin entre Jane Eyre et le Leaving Home de Superman, et un lyrisme énergique et vivifiant qui évoque en particulier sa partition pour The Cowboys (Les Cowboys).

 

Vitalité et joie de vivre laissent bientôt place à une mélancolie naissante. L’ombre de la Grande Guerre se profile et avec elle, désolation et dissonances, mais aussi quelques magnifiques épisodes guerriers pleins de bruit et de fureur, aux cordes virevoltantes, riches en percussions et en rafales cuivrées. Malgré une occasionnelle petite note d’espoir, le drame s’accentue jusqu’à son climax dans un crescendo parfaitement maîtrisé. En total contraste avec ce second acte, le voyage s’achève avec émotion sur une reprise du thème principal toute en retenue, aux cordes frémissantes, aux bois plaintifs et aux cors solennels, laissant ensuite une flûte puis un simple piano résonner de regret et de nostalgie, avant de déployer de nouveau tout l’orchestre dans le dernier élan élégiaque. Une version concert de huit minutes réunissant les principaux développements thématiques du score clôture l’écoute de la plus parfaite manière. Pas de révolution à attendre de cette partition très classique, juste une nouvelle pièce maîtresse dans l’œuvre de , le dernier grand compositeur hollywoodien qui, à quatre-vingt ans, prouve qu’il est encore et toujours au sommet de son art.

 

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