Man On A Ledge (Henry Jackman)

Chroniques | Chroniques Express | Par Florent Groult | Publié le 21/02/2012   

man-on-a-ledge-cd-150x150MAN ON A LEDGE (2012)

DOS AU MUR

Compositeur :

Durée : 36:35 | 14 pistes

Éditeur : Summit Entertainment

★★½☆☆
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Claviériste ayant depuis le milieu des années 2000 rejoint les studios Remote Control, révélé avec son travail pour Monsters vs. Aliens (Monstres contre Aliens), gardera sans doute en mémoire cette année 2011 qui lui a apporté une jolie notoriété auprès des béophiles. Si ses partitions n’ont bien sûr pas forcément convaincu tout le monde, la rondeur orchestrale disneyenne de Winnie The Pooh (Winnie l’Ourson), les éléments percutants de X-Men : First Class (X-Men : le Commencement) et les espagnolades enjouées façon James Horner de Puss In Boots (Le Chat Potté) ont au minimum montré d’intéressantes dispositions à fournir des divertissements musicaux de qualité dont on ne peut que souhaiter qu’ils lui ouvrent bientôt des portes vers des projets nettement plus ambitieux.

 

Pour tout dire, il y avait peu de chances qu’un simple thriller tel que Man On A Ledge soit, compte tenu des inclinations artistiques actuelles, le sujet idéal pour s’émanciper davantage. Et c’est effectivement sans grande surprise que Jackman s’adonne à un style moderne qui n’est pas sans rappeler celui qu’adopterait un Harry Gregson-Williams en pareilles circonstances, pour ne citer que ce seul exemple. La courte exposition qui fixe le cadre principal (un hôtel) ne manque pourtant pas d’un certain attrait en laissant entrevoir un électro propre aux sonorités choisies et limpides, moteur de développements musicaux qu’on imaginerait alors volontiers implacables. Las… Passée cette courte séquence, Jackman ne fait bientôt qu’accumuler les poncifs d’un suspense formaté avec force crescendos, effets de saturation sonore, boucles de cordes frénétiques et notes tenues ici ou là pour tout argument mélodique, jusqu’à un climax final qui donne l’amère sensation qu’en plus de s’être contenté de fournir un matériau entendu maintes fois, tout ce petit monde s’est agité pour ne mener à rien.

 

Bien sûr, on fera remarquer que la partition remplit la plupart du temps son office à l’image, un rôle basique, froid mais indéniable : c’est l’essentiel diront certains, mais comment pour autant se satisfaire de ce qui a clairement plus l’allure d’un engagement a minima que d’une mécanique musicale parfaitement huilée ? Hors contexte par contre, point de salut : c’est l’ennui qui guette à chaque mesure tant l’ensemble manque de saveur. C’est dire si on espère retrouver le plus vite possible œuvrer sur des terrains autrement plus excitants.

 

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